Réouverture des frontières aux vaccinés: les opérateurs rodriguais ont hâte d’y être malgré l’appréhension

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Vendredi, le Conseil exécutif réuni sous la présidence du chef commissaire par intérim, Nicolson Lisette, a pris note du protocole approuvé pour les vols à destination et en provenance de Rodrigues. Selon le compte rendu de la dernière réunion du Conseil exécutif, le protocole conçu est en deux phases. 

La première, qui est en place depuis la mi-août et qui durera jusqu’au 30 septembre, comprend une quarantaine de 14 jours à Maurice applicable à tous les passagers souhaitant se rendre à Rodrigues. Concernant les natifs de l’île autonome, bloqués à Maurice depuis mars, il est fait mention de trois vols de rapatriement supplémentaires jusqu’au 30 septembre. 

En ce qui concerne la deuxième phase, le Conseil exécutif fait état de la reprise des vols commerciaux à compter du 1er octobre «sous réserve d’atteindre l’immunité collective d’ici la fin septembre». Toutefois, il est précisé que, hormis les mineurs, seuls les passagers vaccinés seront autorisés à voyager de et vers Rodrigues. 

La nouvelle de la réouverture des frontières a apporté une bouffée d’oxygène aux opérateurs touristiques et autres entrepreneurs de l’île authentique. Ceux-ci ont hâte d’y être. 

«La situation est assez inquiétante car depuis mars, les activités soit tournent au ralenti, soit sont au point mort. On attend depuis de connaître les modalités de la réouverture», explique Lordana Meunier, secrétaire de l’Association du tourisme réunie (ATR) que nous avons jointe au téléphone, hier. Car, même si des membres de l’ATR, entre autres opérateurs, ont déjà commencé à mettre la main à la pâte pour les préparatifs, ils attendent toujours les lignes directrices de l’exécutif. 

D’ici là, Lordana Meunier rappelle que Rodrigues a été préservée du Covid-19 jusqu’à présent. «Une réouverture des frontières comprend des risques et nous savons bien qu’il n’y a pas de risque zéro. Aux futurs visiteurs, je leur demanderai de suivre les directives et respecter les précautions sanitaires. Rodrigues est une petite île et si des cas sont enregistrés, la propagation se fera très vite, d’autant que nous sommes limités en matière de services médicaux.» 

Françoise Baptiste, entrepreneuse et directrice de l’hôtel La Belle Rodriguaise, n’a, de son côté, pas chômé tout ce temps. «On s’occupe du jardin, de la remise à niveau et on accueille la clientèle locale à un tarif très réduit. Ce qui ne suffit pas pour subvenir aux divers coûts», soutientelle. Celle-ci se dit tout de même soulagée que l’Assemblée régionale absorbe, entre-temps, des membres du personnel de son établissement de 14 chambres pour des travaux de nettoyage et d’embellissement. 

Baptiste Françoise ajoute qu’elle attend avec impatience la réouverture des frontières et affirme avoir déjà commencé à enregistrer des réservations. «Chez nous, tous les employés sont vaccinés et formés au protocole sanitaire à respecter. On attend. On restera vigilant certainement mais on ne peut pas rester tout le temps dans l’isolement. Le monde bouge et on ne peut rester statique. Je n’ai pas de crainte. Il ne devrait pas y avoir de souci. L’Assemblée et la Santé doivent suivre la mouvance et pouvoir prendre en charge la situation si jamais il y a un cas.» 

Par ailleurs, il est à noter que Rodrigues s’y est prise depuis un moment en matière de sensibilisation de la population pour la vaccination contre le Covid-19. Toujours selon Lordana Meunier, beaucoup sont partis faire leur vaccin. «Nous avons toutefois noté une réticence du côté des employés.» 

À ce même registre, selon le compte rendu du dernier Conseil exécutif sur la campagne de vaccination contre le Covid-19 à Rodrigues, il ressort qu’au 19 août, la première dose avait été administrée à 16 812 personnes contre 14 259 pour la deuxième dose. En outre, un lot de 3 500 vaccins unidose Janssen, de Johnson & Johnson, a été reçu en fin de semaine dernière. 

Quant aux employés du tourisme, secteur directement affecté par l’arrêt des vols commerciaux vers Rodrigues, le Conseil exécutif a approuvé une nouvelle extension du programme de subsistance touristique (TALS) jusqu’au 10 septembre en tant que soutien au secteur touristique de Rodrigues, compte tenu de la situation actuelle du Covid-19 à Maurice.

Le chef commissaire rentre à Rodrigues

Serge Clair a fini sa convalescence. Le chef commissaire de Rodrigues est actuellement en quarantaine afin de prendre le vol d’Air Maurtius prévu pour le 28 août. Cependant, il ne reprendra pas le travail tout de suite. Dans son entourage, on indique qu’il observera une période d’isolement de sept jours avant de retrouver son bureau de Port-Mathurin. Le chef commissaire de Rodrigues avait été évacué par le Dornier le 5 juillet dernier après un malaise et un coup de fatigue ressenti quelques jours plus tôt. Il avait été admis à l’hôpital de Queen Elizabeth à Rodrigues, avant d’être transféré à l’hôpital Jeetoo où il avait subi une intervention chirurgicale. En son absence, Nicholson Lisette a assuré l’intérim au poste de chef commissaire. Plusieurs gros dossiers attendent Serge Clair à son arrivée. Il doit d’abord préparer Rodrigues à accueillir les touristes en octobre et le gouvernement régional doit s’assurer également qu’un maximum de Rodriguais aient complété leur vaccination.

L’immunité collective atteinte d’ici la mi-septembre

Après le cas du nourrisson d’abord testé positif au Covid-19 après son arrivée à Maurice à bord du Dornier mais qui était négatif au final, les autorités de la santé rodriguaises ont redoublé de rigueur. Pour l’heure, aucun cas positif n’a été répertorié dans l’île et les autorités espèrent que cette situation demeurera inchangée. 

Le commissaire à la Santé, Simon Pierre Roussety, confie que les Rodriguais ont compris le sens de la vaccination à la suite à ce «noncas» recensé. «Il est vrai que mercredi dernier, il y a eu un peu de panique ici. Mais heureusement, c’était plus de peur que de mal car l’enfant n’était pas positif. À Rodrigues, nous essayons de contrôler la situation. Certes, pas à 100 % mais au moins à 90 %. Mais les Rodriguais ont compris qu’il fallait se faire vacciner.» 

Délocaliser et aller à la rencontre des habitants pour qu’ils soient vaccinés. C’est le nouveau cheval de bataille de la commission. «Au rythme où se fait la vaccination, je pense que l’on atteindra l’immunité collective d’ici la mi-septembre. On voit qu’à Maurice, il y a plus de 100 cas de personnes positives au Covid-19 par jour, et nous ne voulons pas que cela arrive chez nous, car nous n’avons pas autant de places au sein de l’hôpital de Mont Lubin pour mettre des personnes en isolement.» 

Hormis le vaccin, les Rodriguais suivent également les mêmes consignes qu’à Maurice avec le port du masque obligatoire. «Certains ne le portent pas correctement. Mais nous allons parler aux policiers afin qu’ils fassent respecter la loi.» En tout cas, l’accès sur l’île ne sera autorisé qu’aux voyageurs vaccinés. «Nous attendons les touristes mauriciens car ainsi, on pourra relancer l’économie.» Par ailleurs, Simon Pierre Roussety espère qu’il y aura 17 000 à 18 000 vaccinés d’ici la fin de la semaine. «Nous avons obtenu 3 500 doses de Johnson & Johnson. Nous allons les donner aux Frontliners, aux enseignants, aux policiers, à ceux qui travaillent au port et à l’aéroport. Justement, ce week-end, nous pensons vacciner les enseignants afin qu’ils soient prêts pour la rentrée du 13 septembre.» 

Jusqu’au 30 septembre, tout passager voulant aller à Rodrigues doit effectuer une quarantaine préalable à Maurice. Trois vols supplémentaires sont aussi prévus jusqu’à cette date.

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