Vaccination obligatoire: donner raison aux plaignants serait «dévastateur», affirme le Dr Jagutpal

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«La cour n’a pas la juridiction d’entretenir la demande des plaignants qui ont présenté une motion de stay of application.» Leur donner gain de cause «aura des conséquences dévastatrices et irréparables» à la santé publique. C’est en résumé la réplique du Dr Kailesh Jagutpal en Cour suprême, hier, face à la contestation de la vaccination obligatoire. 

Neuf plaignants, en l’occurrence Denis Franco Thierry Jean, Diane Hardy, Thérèse Lincoln, Sayed Ameer Ahmed Seid Ally, Shamtia Joynatsing-Ramprogus, Francois Miguel Amaury De Brugada Vila, Anne-Marie Adrienne Odile James, et Hervé Stephene Hardy, époux de Diane Hardy, de même que Jean Bruneau Laurette – la plupart des enseignants – ont demandé au chef juge, Asraf Caunhye, de geler les regulations du Covid-19 émises par le gouvernement, en attendant que leur plainte relative à leurs droits constitutionnels soit écoutée. Ils ont demandé par le biais de leur avocat, Me Sanjeev Teeluckdharry, d’être autorisés à accéder à leur lieu de travail dans les établissements scolaires et de pouvoir déposer et récupérer leurs enfants et petits-enfants. 

Or, le ministre de la Santé, le Dr Kailesh Jagutpal, a, dans son affidavit déposé hier, tenu à citer tout d’abord un extrait d’un article publié sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé. «L’article intitulé Vaccine efficacy, effectiveness and protection démontre clairement les bienfaits de la vaccination étant donné que ceux qui se sont fait vacciner jusqu’à présent n’ont pas fait l’objet de maladies graves ou ne sont pas décédés. Au contraire, le vaccin est une protection contre le Covid-19 et a sauvé des milliers de vies, quoi que, une fois vacciné, des mesures de protection devront toujours être observées», dit-il dans son affidavit. 

Public à risque 

Pour lui, les neuf plaignants n’ont pas réussi à démontrer en quoi la politique du ministère a été un échec complet jusqu’ici. «Ce sont des propos de nature vague, qui ne sont pas vrais également», poursuit-il. Dans un autre volet, le Dr Jagutpal a maintenu que le système de santé publique doit être protégé en priorité. Le cas échéant, la vie du public est à risque. 

Quant à la question de la vaccination obligatoire pour avoir accès à des institutions spécifiques (institutions scolaires et centres de santé), le défendeur persiste et signe : les mesures imposées sont nécessaires pour la protection de la santé publique. Il va plus loin en révélant que jusqu’au 20 juillet, «615 915 personnes, représentant 49,2 % de la population, ont reçu leur première dose de vaccin et 496 919, représentant 39,7 % de la population, ont eu leur deuxième dose. Le nombre de cas positifs est de 2 497 et ceux qui ont été vaccinés n’ont présenté aucun symptôme sévère d’infection. D’ailleurs, deux des 1 182 personnes qui n’ont pas été vaccinées ont développé des symptômes graves». Aucun décès n’a été enregistré parmi les vaccinés, insiste-t-il. 

Le ministre de la Santé est, par ailleurs, d’avis qu’il «ils n’ont pas de ‘locus’ pour parler au nom des autres... L’argumentation de ces plaignants (…) n’est étayée par aucune preuve scientifique ou médicale». 

Pour toutes ces raisons, le Dr Jagutpal, son ministère et l’État demandent à la Cour suprême de rejeter l’application des neuf plaignants. Les parties concernées seront informées quand l’affaire sera prise sur le fond par voie circulaire.

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