Procès Rs 418 millions: Me Trilochun doit dire s’il citera en justice les héritiers de feu SAJ

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«The case should be struck out in as much as this is an action in personam (NdlR : action dirigée vers une personne en particulier où celle-ci doit recevoir une assignation et une plainte afin de permettre à la cour d’avoir la juridiction pour juger l’affaire et le juge- ment s’appliquera à la personne).» Telle est la position d’Ammanah Ragavoodoo, qu’elle a signifiée jeudi à la Cour suprême. Cette avouée, qui représente les intérêts de feu sir Anerood Jugnauth (SAJ) dans le cadre du procès en réclamation de Rs 417 641 688 intenté par l’avocat Kailash Trilochun pour préjudices, affirme que, vu que son client est décédé le 3 juin, le procès doit être rayé et n’est pas transmissible aux héritiers.

Cette affaire tourne autour de la demande de Me Kailash Trilochun, qui pour- suit conjointement SAJ et l’État après avoir, dit-il, été le Legal Advisor de l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) de mars 2015 à mars 2016. Il dit avoir subi des préjudices après les déclarations de SAJ à son encontre après sa révocation. Me Kaviraj Bokhoree, représentant les intérêts de l’avocat, a indiqué à la cour, jeudi, qu’il communiquera la position de son client le 7 septembre, pour dire s’il va objecter à la motion de Me Ragavoodoo en mettant en cause les héritiers de SAJ, comme le veut la procédure au civil lorsqu’une personne est décédée.

Pour rappel, Me Kailash Trilochun avait cité dans la plainte que SAJ l’aurait traité de «Bebet» et «Batiara» et raconte que jusqu’en septembre 2016, son cabinet tournait à plein régime, avec des juniors et des clerks à son service. Or, il a dû cesser toute activité à la suite de la conférence de presse de SAJ. Kailash Trilochun affirme qu’à cette occasion, l’ancien Premier ministre aurait non seulement menti sur les circonstances entourant ses honoraires dans l’affaire Emtel, mais aussi qu’il s’est senti insulté lorsqu’il a été traité de «bebet» et de «batiara». Il a donné la définition des deux mots. Depuis, il affirme que ses confrères du barreau insinuent à chaque fois qu’il a bénéficié d’une «reward».

L’avocat revient aussi sur sa nomination comme conseil légal de l’ICTA et sur l’affaire Emtel. Lorsque ses services ont été retenus pour représenter l’ICTA face à la compagnie de téléphonie mobile en cour et qu’il a pris connaissance du dossier, il a demandé des honoraires de 400 $ l’heure. «Après avoir calculé le nombre d’heures qu’il aurait fallu passer sur cette affaire, le montant s’est élevé à plus de Rs 24 millions», peut-on lire dans le document.

Par la suite, il a revu la somme à la baisse, en demandant Rs 12 millions pour l’affaire et deux appels anticipés. «Cette décision a été prise en toute bonne foi et en tant que patriote malgré le fait que le plaignant allait encourir des pertes financières.» Cependant, lorsqu’il a soumis son devis à l’ICTA, il a été révoqué le même jour.

Il dit avoir ensuite été attaqué à plusieurs reprises par SAJ et sa réputation en a souffert. Il a rouvert son cabinet en juillet 2018 mais jusqu’à présent, il n’a pas encore eu un seul client payant. Il avance que depuis les commentaires de SAJ, qui aurait, sous-entendu qu’il n’avait pas d’éthique, il fait l’objet de regards malveillants et de commentaires du type «…thief, are you going to return Rs 19 millions?»

Pour rappel, SAJ avait affirmé qu’il n’était pas d’accord sur le paiement à l’heure, ni pour la somme de Rs 12 millions. À la fin, Kailash Trilochun avait touché Rs 19 millions.

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