Regis Holdings: pluie de communiqués mais les questions perdurent

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Regis Holdings, domiciliée à Maurice, détient le portfolio financier de toutes les activités du groupe comme ici au Mozambique.© Le site officiel de Regis Holdings

Regis Holdings, domiciliée à Maurice, détient le portfolio financier de toutes les activités du groupe comme ici au Mozambique.© Le site officiel de Regis Holdings

La Stock Exchange of Mauritius (SEM) a répondu à «l’express» dans un long communiqué lundi, jour de parution de notre article «Regis Holdings, cotation suspecte et nouvelle saga financière». Mais au rythme où vont les choses – mise au point de la FSC, communiqué de la SEM et mise en demeure de Regis – l’affaire prend vraiment une tournure de «saga». Pendant ce temps, des questions légitimes perdurent…

Rarement aura-t-on vu un tel branle-bas après un article de l’express. Même la Financial Services Commission (FSC), d’habitude si prude, a émis un communiqué alors que l’express ne l’a ni accusé, ni sollicité (voir hors-texte). Qu’y a-t-il donc de si sensible autour d’une holding offshore, listée à la Bourse de Maurice, et autour de laquelle un journaliste maltais a commencé à soulever des questions ?

Dans l’article de lundi dernier, l’express avait expliqué que la SEM avait accepté de lister Regis Holdings et que celle-ci pourrait être potentiellement litigieuse car un de ses actionnaires, Olivier Bernard était no 2 d’une filiale de Sonangol, compagnie angolaise largement utilisée pour des actes de corruption et de malversations, selon une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation. Ce à quoi Sunil Benimadhu, le Chief Executive Officer de la SEM, avait répondu qu’une firme britannique a bien donné une «clean report» au sujet des actionnaires de Regis Holdings. La SEM l’a répété dans son communiqué émis lundi.

Dans ce même communiqué, par contre, en voulant balayer l’accusation selon laquelle Regis Holdings n’a pas vendu une seule action pendant son passage en bourse (mars 2019 à mai 2021), la SEM prétend que Regis Holdings a bien vendu 10 000 actions (alors qu’elle est entrée en bourse avec 73 millions d’actions), au premier jour de sa cotation. Or, Regis Holdings a bien trade 10 000 actions, mais ce n’était que le 9 octobre. Ce qui fait dire à un des lanceurs d’alerte sur cette affaire que «cela montre à quel point la SEM fait aveuglément confiance à Regis Holdings. C’est celle-ci qui avait prétendu dans ses listing particulars qu’elle allait trade 10 000 shares on its first day of listing. La SEM reprend mot à mot un document de Regis Holdings et se trompe de date».

Ce qui est sûr, c’est que cette vente d’actions n’a eu aucune incidence sur la structure actionnariale. Car en avril 2021, quand Regis Holdings s’est lancée dans un merger avec une compagnie maltaise (d’où la raison de l’enquête de notre confrère), les bénéficiaires ultimes derrière tous les trusts qui étaient actionnaires de Regis au moment de sa cotation, étaient les mêmes au moment de son de-listing : David O’Connor et Olivier Bernard. Voilà ce que la SEM a qualifié de «trading» dans son communiqué.

Autre point de discorde : les comptes. Le journaliste maltais avait allégué que Regis Holdings n’avait pas respecté les règles pour la publication de ses comptes audités. La SEM (dans notre article de lundi dernier, puis dans son communiqué) maintient que c’est faux. Ce qui est sûr, c’est qu’au 31 mars 2021, les comptes audités de Regis Holdings pour l’année 2020 n’avaient pas été remis à la SEM. Et le 30 avril, cette même SEM avait même émis un communiqué pour annoncer qu’un délai est accordé à Regis Holding pour qu’elle publie ses comptes avant le 10 juin.

Des comptes que Regis Holdings n’aura jamais soumis à la SEM finalement, puisqu’elle va se retirer de la bourse sept jours plus tard, soit le 7 mai. Le journaliste maltais a pu finalement mettre la main sur ces comptes et l’express les vérifie actuellement car certaines sources affirment qu’elles contiendraient des anomalies.

Du côté des protagonistes pendant ce temps, on maintient que toute cette affaire n’a absolument rien d’anormal ou de choquant. Nous avons rencontré le Listing Sponsor (la compagnie qui fait le pont entre la Holding et la bourse) et il abonde dans ce sens. Regis Holdings, elle, a fait servir un papier timbré à l’express hier et dans lequel elle cite et se réfugie derrière les communiqués de la Stock Exchange et de la FSC pour dire que les allégations sont fausses, malicieuses et mensongères.

La FSC est morveuse

Qui se sent morveux se mouche, dit l’expression française, pour décrire celui qui se manifeste pour plaider non coupable de choses que l’on blâme en général. Alors que notre article de lundi dernier ne l’accusait nullement de quoi que ce soit, la FSC a publié un communiqué pour affirmer que Regis Holdings est parfaitement en règle auprès d’elle et que les comptes ont bien été audités.

Un sursaut qui fait sourciller car la FSC quand elle est sollicitée se contente toujours de réponses sommaires, du style «nous avons pris connaissance des allégations et nous enquêtons et agirons si besoin est».

Quand la FSC réagit sans qu’on ne l’ait sollicitée, c’est suffisamment rare pour être applaudi.

Indéniable

Malgré tous les soubresauts des uns et des autres, il y a deux faits indéniables : i) La SEM a bien donné l’autorisation à Regis Holdings de soumettre ses comptes après le 10 juin (ce que RH n’aura finalement pas fait). ii) La SEM a accordé une exemption du chapitre 6 des «listing rules» à RH, en invoquant le chapitre 18 de ces mêmes «listing rules», pour lui permettre d’être présente en bourse sans s’engager à offrir la possibilité au public d’acheter ces actions.

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