Oppositions plurielles et dispersées

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L’opposition s’agite beaucoup mais produit peu d’effets, que ce soit au Parlement où elle est écrasée par un Speaker tyrannique, ou à leurs conférences de presse hebdomadaires qui ressemblent à une messe lancinante. Elle n’arrive pas à se solidariser et avance en rangs trop dispersés pour contrecarrer le Speaker et l’action gouvernementale.

Depuis leur défaite électorale de 2019, les trois principaux partis – le PTr, le PMSD et le MMM – n’arrivent pas à trouver leurs marques, tant les intérêts des uns et des autres divergent face à un MSM et son empire financier qui achètent tout sur leur passage (et ce n’est pas Collendavelloo, Obeegadoo et Ganoo qui nous diront le contraire) ; d’ailleurs peu leur chaut si la dernière stratégie qui consiste à pousser la GRA à prendre la place du bicentenaire MTC dans l’organisation des courses risque de nous coûter cher, surtout à un moment où le GAFI nous a à l’œil par rapport au blanchiment d’argent.

Mais revenons à l’opposition. Si à un moment, le PMSD, le MMM et le PTr avaient pu mettre leurs différends de côté, en plaçant le consensuel Arvin Boolell comme chef de l’opposition, la démission de Nando Bodha du MSM, en février dernier, comme ministre et secrétaire général du MSM, est venue semer la zizanie et affaiblir l’opposition. À tel point que certains disaient que Bodha était, peut-être, le cheval de Troie du Sun Trust pour casser les forces réunies de l’opposition, galvanisées entre-temps par la fougue de Roshi Bhadain parmi de jeunes esprits révolutionnaires, sur les réseaux sociaux.

Conscient qu’il n’a pas de «bargaining power» en tant que «single-man-party», et que Paul Bérenger ne va jamais le préférer à sa fille Joanna (comme dauphin), Bodha a décidé donc de lancer, cette semaine, son propre parti politique (comme si la presse n’avait pas suffisamment de conférences de presse à couvrir !).

L’ambition de Bodha : rassembler l’opposition, bien que celle-ci s’en porterait mieux sans lui. Cela va prendre du temps pour que le public oublie que Bodha n’est plus un orange pur sucre, qui a cautionné tellement de décisions du MSM (boycott de la presse, nomination du speaker Phokeer, le détournement des institutions comme la FSC et l’ICAC et des milliards de la Banque centrale, etc.) S’il a cru Bérenger qu’il est premier ministrable, l’opinion, elle, n’est pas de cet avis. À charge pour Bodha de prouver le contraire.

Personne n’est dupe. Face à Pravind Jugnauth, il faudra trouver le bonVaish. Au sein du PTr, le message est clair : Bodha ne compte pas et Ramgoolam ne va pas «step down». Le PTr n’est pas partisan d’un partage à l’israélienne ou à la mauricienne. «Tout ou rien», disent les rouges. Au fond d’eux, ils souhaitent, aux prochaines législatives, une lutte à trois. 1) Le MSM et ses ex-militants ; 2) le MMM avec Bodha et probablement Bhadain ; et 3) le PTr, qui pense toujours pouvoir compter sur le soutien des Bleus, car entre les Duval et Bérenger, il y a une longue histoire de haine, qu’on peut difficilement masquer, même si on porte des masques chaque samedi, face à la presse.

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