South African Boers, welcome to Mauritius…

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L’Economic Development Board (EDB), les autres institutions économiques et financières du pays de même que la classe politique dirigeante suivent sans doute avec beaucoup d’intérêt la profonde agitation qui ébranle littéralement la société sud-africaine actuellement. On pourrait même déceler un petit sourire satisfait chez ceux qui tentent désespérément d’accueillir des fonds de l’étranger et des clients pour les villas de luxe. Car depuis la fin du régime d’apartheid, l’émigration des Sud- Africains vers d’autres cieux a été définitivement enclenchée avec de plus en plus de privilégiés de l’ancien système mais aussi d’autres citoyens s’installant ailleurs, y compris à Maurice. 

La présence des natifs de l’Afrique du Sud sur le territoire mauricien se fait de plus en plus sentir, en particulier à Rivière-Noire mais aussi à Grand-Baie. On dénombre parmi ces immigrés un très fort pourcentage des Boers, c’est-àdire les descendants des colons hollandais mais peu d’«Anglos» – des Sud-Africains d’origine britannique – et d’Indiens. Les non-Boers privilégient l’Australie, le Canada et les États-Unis. Par contre, des Noirs sud-africains tout comme des jeunes d’autres pays d’Afrique s’installent eux aussi peu à peu à Maurice, soit comme étudiants, soit comme des travailleurs clandestins. D’ailleurs, il est facile de constater sur des sites de construction de plus en plus de maçons venus du continent et de Madagascar. 

Pour avoir été de toujours une société extravertie et ouverte à plusieurs vagues d’immigration, Maurice devrait offrir autant d’opportunités que possible à des étrangers car leur apport en value-added au développement économique de Maurice est inestimable. Notre héritage britannique d’accueil et de fair-play nous aiderait dans une grande mesure à amortir toute nouvelle vague et la gérer par la suite. Quand on constate l’acharnement avec lequel des immigrants partent de la terre ferme d’Europe pour traverser la Manche et fouler le sol britannique, la leçon qu’on en retient, c’est que ces étrangers croient pouvoir mieux vivre au Royaume-Uni, qui n’est pourtant pas le pays le plus riche d’Europe. 

Les Boers privilégient Maurice en raison de plusieurs facteurs. Tout d’abord, ils peuvent s’offrir un style de vie des plus privilégiés, avec des employés de maison, des chauffeurs, des jardiniers et des gardiens. Un train de vie semblable n’est pas possible aux États-Unis, au Canada et dans les autres pays riches. De plus, le climat de Maurice est plaisant. Sans parler de sa mer et de ses plages. 

Aussi, en raison de l’extrême complexe d’infériorité que la grande majorité des Mauriciens éprouvent envers des personnes d’origine européenne, les Boers ne rencontrent absolument aucune hostilité sur la place publique. Le système financier mauricien est extrêmement libéral et il leur est facile de faire bouger des fonds dans la plus grande discrétion. Autre avantage : le Boer peut se rendre en Afrique du Sud pour s’occuper de ses affaires et retourner à Maurice à tout moment donné. Entre les deux pays, c’est un vol de cinq heures. 

Si le gouvernement est tout heureux de les accueillir, surtout avec la présente vague de violence en Afrique du Sud, il faudrait aussi se pencher sur leur poids démographique dans les différentes circonscriptions du pays. Contrairement aux Bangladeshis, on ne voit pas le MSM les véhiculer en autobus le jour des élections pour qu’ils votent dans certaines circonscriptions. À ce stade, on ne sait même pas si, en profitant de leur présence sur le territoire et leur statut de citoyens d’un pays du Commonwealth qu’est l’Afrique du Sud, ils partiront vers les différentes écoles primaires du pays pour se faire enregistrer comme électeurs. 

Si jamais les Boers décident de prendre part au vote, alors il faudrait gérer leur impact sur quelques circonscriptions du pays. Le district de Rivière-Noire reste leur havre chéri, mais cette région est-elle capable d’en accueillir des nouveaux et en grand nombre ? En principe, le littoral du Nord, de Balaclava à Poste-Lafayette, pourrait aussi intéresser les Sud-Africains. S’ils exercent leur droit de vote à l’avenir, disons lors des élections de 2029 et 2034, il faudrait alors abandonner nos calculs communalo-castéistes classiques et changer radicalement de paradigme dans les circonscriptions n°s14, 5, 6 et 7.

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