Cas de Covid-19 en hausse: la faute à qui ?

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À Maurice, malgré les annonces empreintes d’optimisme des dirigeants, les cas de Sars-Cov2, also known as (aka) le coronavirus, ne cessent de grimper.

À Maurice, malgré les annonces empreintes d’optimisme des dirigeants, les cas de Sars-Cov2, also known as (aka) le coronavirus, ne cessent de grimper.

La guerre. Non, on ne parlera pas des incidents entre honorables dans la «lunch room» du Parlement, mais celle que le monde mène contre le Sars-Cov2, also known as (aka) le coronavirus. À Maurice, malgré les annonces empreintes d’optimisme des dirigeants, les cas ne cessent de grimper et dès lors, les «gouvernma pa bon» commencent à se faire entendre. Est-ce vraiment la faute du ministère de la Santé ? De la population ? Du virus lui-même ? Explications…

Minister pa bon…

«Comment se fait-il que le virus, qui avait ‘disparu’ du Sud et de l’Est du pays, a refait surface ?» fait valoir d’emblée le Dr Vasantrao Gujadhur, ancien directeur des services de santé. Il fait référence aux cas de Rose-Belle. Le virus circule.

Mais pas qu’au Sud. À ce jour, il y a peu de régions du pays qui ne comptent pas un cas. Le Covid ne peut pas circuler seul, ce sont les humains qui le transmettent. Dès lors, le ministère doit changer de stratégie, selon lui.

Ok mais qu’est-ce qui cloche ? Tout d’abord, le mass testing est montré du doigt. À Bon-Accueil, par exemple, il y avait un tel exercice. Tout le monde était négatif. Puis, les cas sont apparus. «Est-ce qu’après le mass testing, on demande aux gens de rester chez eux jusqu’à l’obtention des résultats ? Si ce n’est pas le cas, quel est l’intérêt ?» s’interroge le médecin.

Puis, même après les résultats, il faut effectuer un suivi car une personne infectée peut se révéler positive plusieurs jours après l’infection. De toute façon, estime le Dr Gujadhur, le mass testing doit être organisé lorsque des dizaines de cas sont recensés dans une région, pas après deux ou trois cas, comme cela se fait actuellement.

Puis, il y a le contact tracing. Cet exercice, qui a été crucial dans l’élimination de la première vague, ne se fait plus de la même manière, dit l’ancien directeur des services de santé. L’année dernière, chaque patient infecté était longuement interrogé.

Le «genre» de contact qu’il avait eu avec chaque personne durant les jours précédents était analysé et selon des facteurs comme la proximité et le temps passé avec les autres, notamment, la personne était appelée pour un dépistage et placée en quarantaine. «Est-ce que la même chose est faite aujourd’hui ? Ou eski sé zis bann dimounn ki pasian kontaminé-la donn zot nom ki al an karantenn?»

Qui plus est, la manière dont les cas sont annoncés est aussi sujette à confusion selon le Dr Gujadhur. «L’annonce fait mention de quelques régions, de cas en quarantaine, des clusters… Au final, les gens ne comprennent pas grand-chose. Ou ils se disent qu’en fin de compte, il y a peu de cas au sein de la communauté. Il faut trouver le moyen d’annoncer le nombre de cas, tout en faisant comprendre que la situation est grave. Pa akoz pena ka dan ou rezion ki bizin pa pran prekosion». Surtout les «Cocovid».

Dimounn pa bon

S’il y a bien un point sur lequel tout le monde est d’accord, c’est qu’il y a un relâchement au niveau des précautions sanitaires. Amende de Rs 500 000 ou pas, depuis le début du déconfinement partiel, le public fait de moins en moins attention aux gestes barrières. «Gran dialog, se pena distanciation dan bis», poursuit le Dr Gujadhur. Mais toujours est-il que les gens ne portent pas de masque ou ne les portent pas correctement. Des rassemblements ont toujours lieu, la distanciation physique est pratiquement inexistante.

Or, les preuves que le respect des gestes barrières aide à limiter à la propagation sont nombreuses. «Les masques, correctement utilisés, peuvent procurer jusqu’à 100 % de protection» affirme la Dr Catherine Gaud.

Au-delà des études publiées, des enquêtes sur le terrain ont confirmé ce niveau de protection. Par exemple, deux coiffeurs infectés avec des symptômes aux États-Unis, qui ont interagi avec des clients pendant 15 minutes environ n’ont pas transmis le virus. Les malades et les clients portaient tous le masque.

En Thaïlande, une autre enquête sur le contact tracing avait démontré que ceux qui avaient porté leur masque en permanence avaient 70 % moins de chances d’attraper le virus. Les exemples sont nombreux.

Les gestes barrières ne s’arrêtent pas au masque. La distanciation sociale et l’utilisation du sanitizer sont aussi préconisées.

Travay pa bon…

Wastewater Management Authority, Winner’s, Princes Tuna, hôpitaux, pour ne citer qu’eux. Des centaines de cas ont été recensés sur des lieux de travail. Ici, le Dr Gujadhur estime que la responsabilité de l’employeur et de l’employé est engagée. Pour faire face à «the new normal», c’est tout le système qui doit changer.

Tout d’abord, le Dr Gujadhur pense qu’il faut que l’employeur s’assure de la sécurité des employés. Distribuer des masques qui doivent être remplacés toutes les quatre heures, mettre du sanitizer à la disposition des travailleurs, procéder à la désinfection des locaux régulièrement. Mais pas que.

Un des moyens pour limiter la circulation du virus est une bonne aération. Les espaces doivent être réaménagés et, dans certains cas, des barrières installées entre les personnes présentes sur place. «Mais est-ce que tout cela est respecté ? Et est-ce que les ministères concernés procèdent à des vérifications régulières pour s’assurer que ces règles sont respectées ?» Si les consignes sont respectées à la lettre, le nombre d’infections sur le lieu du travail devrait chuter.

Un cas particulier reste les dortoirs. Un cas d’école, selon la Dr Gaud. «La situation est comparable aux familles, où il y a la proximité et les masques, par exemple, ne sont pas portés en permanence à l’intérieur», avance-t-elle. Précisément ce que déplore le Dr Gujadhur. «On ne peut pas ne pas avoir un protocole pour ce type de cas précis. Il y a des Occupational Health and Safety Officers pour cela.»

Mais il n’y a pas que les employeurs. Les employés sont tout aussi responsables. Ou irresponsables, dans bien de cas. «Les réunions entre amis pendant le déjeuner, par exemple, ne doivent plus avoir lieu. La situation est urgente, et on doit s’adapter», rappelle l’ancien directeur.

Ou encore, les membres du personnel qui se baladent de bureau en bureau ou de salle en salle, d’autres qui continuent à «zwé kart» alors qu’ils travaillent avec des personnes à risque. «Quand je parle de changement pour s’adapter, c’est tout le système de travail partout qui doit évoluer.»

41 patients positifs hospitalisés sur les 391 cas actifs

À ce dimanche 20 juin vers 11 heures, le pays comptait 391 cas actifs, c’est-à-dire que ces personnes ont été testées positives et qu’elles ne sont pas encore guéries. Pour rappel, on estime qu’un patient est ‘guéri’ lorsque les résultats de ses deux tests PCR – réalisés sur deux jours consécutifs – sont négatifs. C’est la norme imposée par l’Organisation mondiale de la santé et qui est respectée à Maurice.

Des 391 patients contaminés, 41 sont admis à l’hôpital ENT. Les autres sont dans des hôtels convertis en centres de traitement. Aucun des patients n’est sous assistance respiratoire et très peu présentent des symptômes.

«Mais ce sont soit des personnes âgées ou qui souffrent d’autres pathologies. Comme l’hôpital est équipé, c’est plus sûr de les avoir sur place», explique une source au sein du ministère de la Santé.

Les autres, qui sont en bonne santé et asymptomatiques, sont dans des centres. «Ils sont quand même accompagnés par le personnel médical.»

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