75 % des travailleurs vaccinés: la contamination «pas anormale»

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Selon la Dr Catherine Gaud, tous les travailleurs bangladais et la moitié des employés mauriciens de l’usine Princes Tuna sont vaccinés. Cette semaine, 40 cas ont été détectés dans un dortoir à l’Amitié. Le dortoir a été décrété zone rouge et les analyses PCR pour savoir si d’autres employés ont été contaminés sont en cours. «Cependant, malgré la vaccination, la contamination n’est pas anormale», dit la Dr Gaud. 

Depuis que la campagne de vaccination a débuté, il a été précisé qu’aucun vaccin contre le Covid-19 ne protège à 100 %. L’efficacité varie de vaccin en vaccin. Ce qui a été prouvé, en revanche, c’est la protection totale contre les formes graves de la maladie. D’ailleurs, précise l’immunologue, aucun employé contaminé ne présente des symptômes. 

Selon le porte-parole de l’usine, les employés ont reçu le Covaxin et l’AstraZeneca. Les études concernant l’AstraZeneca ont démontré qu’il est efficace à 76 % deux semaines après la deuxième dose. Quant au Covaxin, son efficacité a été de 78 %, pendant les études cliniques, 14 jours après la seconde dose. Pour en revenir à Princes Tuna, le porte-parole a fait savoir que la vaccination pour la seconde dose a débuté le 25 mai, soit il y a deux semaines. 

Connaître la charge virale 

Que veulent dire les chiffres ? «Tout d’abord, il faut savoir que la vaccination ne protège pas contre l’infection. Cependant, elle réduit la transmission de 30 % à 60 %», rappelle la Dr Gaud, ajoutant qu’aucun des travailleurs ne présente de symptômes. Quant à Houriiyah Tegally, doctorante en bio-informatiques, elle avance qu’il est important de considérer la date de vaccination. «L’efficacité de ces deux vaccins est vraiment optimale 14 jours après la deuxième dose. Là, selon les dates annoncées, il semble que ces employés ont été infectés dans la période entre les deux doses, ou peu après l’administration de la deuxième.» 

De plus, l’efficacité de tous les vaccins contre la contamination aurait été revue à la baisse avec l’apparition des variants. Celui qui circule à Maurice, le B 1.1.318, a des mutations qui, sur d’autres virus, l’aident à échapper au système immunitaire. «Il serait intéressant désormais de connaître la charge virale des personnes vaccinées infectées pour savoir comment le corps répond au vaccin.» 

«Le dortoir est un endroit propice à la propagation», fustige de son côté le Dr Vasantrao Gujadhur. Selon lui, le cas est comparable au «Diamond Princess» et si rien n’est fait, les cas de contamination ne feront qu’augmenter. Il rappelle que depuis le début de la pandémie, toutes les agences de santé recommandent la distanciation sociale et la ventilation. «Or, souvent les dortoirs sont fermés, les espaces communs comme les toilettes et les salles de bains sont partagés. Il est clair que le virus va se propager.»

L’autre question qu’il se pose est pourquoi ces employés n’ont pas le même traitement que tout le monde. «S’ils sont des cas contacts, pourquoi ne sont-ils pas envoyés en quarantaine ? Là, passeront-ils directement du dortoir zone rouge aux centres de traitement ?» L’autre question qu’il se pose est sanitaire. Les dortoirs transformés en zone rouge sont comme des centres de quarantaine. «Le personnel médical est-il sur place ? Leurs repas sontils assurés ?» Les réponses du ministère de la Santé sont attendues.

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