Hommage à SAJ: Ils n’ont pas toujours été politiquement corrects

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Le Parlement s’est réuni en séance spéciale, hier, pour rendre hommage à feu sir Anerood Jugnauth (SAJ). Ceux qui ont eu droit à la parole ont déclamé de vibrants témoignages. Mais certains de ces orateurs, à une période de leur vie politique, n’ont pas eu que des mots sages pour SAJ.

Le Parlement a rendu hommage à SAJ hier. Seulement huit élus ont eu l’occasion de prendre la parole. La tradition que le Premier ministre et le leader de l’opposition soient les seuls membres de l’hémicycle à pouvoir s’exprimer lors de ce moment solennel, mais le bureau du speaker a fait exception. Outre Pravind Jugnauth, le chef du gouvernement et également le fils du défunt, Paul Bérenger, Xavier-Luc Duval, Arvin Boolell, Steven Obeegadoo, Ivan Collendavelloo et un député de l’Organisation du Peuple de Rodriguais (OPR) sont revenus sur le parcours de l’ancien Premier ministre et ancien président de la République. Hormis Pravind Jugnauth et le député de l’OPR, les autres intervenants ont aussi été des adversaires de SAJ à un moment de leur carrière. Nous revenons sur quelques moments tendus entre l’ancien Premier ministre et quelques intervenants qui ont salué son travail au Parlement hier.

Paul Bérenger, le leader du MMM

«Sir Anerood Jugnauth n’a plus d’autorité (…) Maurice n’a plus de Premier ministre (…) De la lâcheté (…) J’ai honte… Je prends note du comportement de sir Anerood Jugnauth. C’est de la lâcheté.» C’était le 20 août 2016 alors qu’il parlait du projet Heritage City et la somme de Rs 19 millions payée à Kailash Trilochun.

«Il faut respecter les institutions et la Constitution. Les événements d’hier démontrent que le pays va très mal et c’est SAJ qui tire les ficelles.» Lors d’une conférence de presse le 17 juillet 2015, le leader du MMM commentait le bras de fer entre la Commission anticorruption et le Directeur des poursuites publiques.

«Enn ferfout sir Anerood Jugnauth pa ti konpran lékonomi. Mwa kinn fer travay-la, apré linn vann nou. Linn trair nou. Ant 2000 é 2005, nou kinn fer travay-la.» C’était lors d’un meeting à Chemin-Grenier en octobre 2019.

 Ivan Collendavelloo, leader du Muvman Liberater

«Apré 1983, finn éna énn nouvel klas dé politisien à la tête du pays et zot finn diriz lil Moris avek enn sel filozofi é avek enn sel prinsip: séki ‘‘moralité napa ranpli vant…’’ é kan mo finn rann mwa kont ki mo finn fer enn érer politik, mo pa finn get divan deryer, a drwat ou a gos é mo finn prézant mo démision. Mo finn réalizé ki mo finn bizin fer li par lwayoté é par dévwar anver bann militan parski MMM finn touzour montré mwa ki enn militan li pa amaré ar enn post minis ou enn post dépité é ki éna enn zafer ki apel moralité politik.» Cette déclaration a été faite par Ivan Collendavelloo lors d’un meeting le 1er avril 1989, sa première sortie publique après sa démission du Parlement. SAJ, le Premier ministre d’alors, avait déclaré au Parlement que le député du MMM avait signé un document pour que Sol Kerzner, le patron de la chaîne hôtelière sud-africaine Sun International, ait un passeport mauricien.

«Le Premier ministre vient de mettre un prix sur la démocratie.» C’était à la sortie d’un comité central du MMM le 7 avril 1989.

Xavier-Luc Duval, le leader du PMSD

«You are a liar.» Xavier-Luc Duval avait répondu en ces termes à SAJ, qui lui avait dit «Shut your bloody mouth… you are a liar.» C’était au Parlement le 31 juillet 2019.

«Tout a l’air d’un coup monté. Nous sommes surpris que cela intervienne 15 jours après l’élection partielle de La Caverne-Phoenix où le PMSD avait réclamé des actions contre les abus. Mon père voyait venir de loin la dictature. Cette démarche ne peut qu’inspirer la crainte chez des gens de bonne foi.» Le leader du PMSD avait fait cette déclaration dans l’express du 24 juin 1989 après l’arrestation de sir Gaëtan Duval. Le pays était dirigé par SAJ.

Steven Obeegadoo, de la Platefortme militante

«Ou lé Jugnauth ankor ou bien ou finn asé ar li ?» C’était le 29 novembre 1995 lors d’un meeting à Solferino. Membre du MMM à l’époque, Steven Obeegadoo avait donné cinq raisons pour ne pas voter SAJ. Il estimait, notamment, que le Premier ministre d’alors représentait un «danger» pour l’unité nationale.

Alan Ganoo, leader du Mouvement patriotique mauricien

«C’est une preuve de l’instabilité chronique et de la division qui règne au Parlement depuis plusieurs mois.» Alan Ganoo commentait le mini-remanient ministériel entrepris par SAJ le 15 mars 2016.

«Apré Jugnauth dir ou ki péna cash pou asté zégwi dan lopital. Éna zégwi servi 5-6 fwa, li fer dominer ar nou, li fer dominer ar juge Ahnee, ar juge Pillay, li blok paspor dé zournalist alor ki trafikan ladrog pé al l’Inde.» Cette déclaration avait été faite lors d’un meeting de l’alliance PTRMMM à Surinam le 11 décembre 1995.

Arvin Boolell, chef de file du PTr

«SAJ a un agenda clair. Consolider son clan et sauver son fils à tout prix. Anerood Jugnauth a créé une psychose en faisant croire que la majorité allait tomber. SAJ est un mythe. Souvenez-vous entre 2000 et 2005. Il a été Premier ministre pendant trois ans, la situation était catastrophique.» Réponses d’Arvin Boolell lors d’un entretien à l’express du samedi 12 avril 2012.

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