[Fil Rouge] SAJ est décédé

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Ce samedi 5 juin, SAJ fera le voyage vers sa dernière demeure. Le convoi mortuaire a quitté son domicile à La Caverne et l’emmènera aux lieux qui ont marqué sa vie et sa carrière. SAJ sera incinéré au Jardin de Pamplemousses. Suivez cette journée en live dans notre fil rouge. 

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Le dernier trajet de SAJ: retour sur les adieux chargés d’émotions

 
 

C’est peu avant 10 heures que Sir Anerood Jugnauth a quitté son domicile à La Caverne, Vacoas, sous les yeux de Lady Sarojini, affligée par la perte de son époux. De façon symbolique, le cortège funéraire a traversé les lieux qui ont façonné la vie et la carrière riche de SAJ, tels que la State House, le Sun Trust, l’Hôtel du Gouvernement, le Gandhi Square à Rivière-du-Rempart, entre autres. Proches, amis, collègues et sympathisants ont bordé les rues tout au long du trajet pour rendre hommage, à leur manière, à un monument de l’histoire du pays.

Décès de SAJ: la logistique derrière des funérailles d'Etat

Environ 500 policiers ont été mobilisés pour le bon déroulement des funérailles de Sir Anerood Jugnauth. L'organisation a été assurée par le bureau du Premier ministre, le secrétaire au Cabinet, le commissaire de police Khemraj Servansing et le commandant de la SMF Anil Kumar Dip.

Lire la suite de l'article: Décès de SAJ: la logistique derrière des funérailles d'Etat

Le Parlement sera rappelé le mercredi 9 juin à 18 heures afin de rendre hommage à Sir Anerood Jugnauth

C’est le Speaker de l’Assemblée nationale qui a donné cette autorisation selon un communiqué émis ce samedi 5 juin. Les travaux étaient ajournés au vendredi 11 juin pour la présentation du budget.

 

À Piton Rivière-du-Rempart: son chef agent accablé

 

Au no 7, Piton Rivière-du-Rempart, fief de celui que bon nombre prénommait affectueusement Rambo, beaucoup de familles pleurent la disparition de SAJ. Parmi eux, celle de son chef agent Chand Bhogun.

Pour la famille Bhogun, à Rivière-du-Rempart, le ‘départ’ de SAJ n’est pas que celui d’un homme d’Etat. C’est un membre de la famille qui n’est plus. «Depi linn alé, letan mem pe ploré», ne cesse-ton de murmurer là-bas.

La demeure de cette famille a été le quartier général de SAJ depuis 1983 et ce, lors de toutes les campagnes électorales depuis que celui-ci est candidat dans la circonscription no. 7. Piton-Rivière-du-Rempart.

Lire la suite de l'article: À Piton Rivière-du-Rempart: son chef agent accablé

 

La fin des funérailles

 
 

La dépouille de SAJ a été incinérée. Les proches de l’ancien président, dont Pravind Jugnauth, quittent le jardin de Pamplemousses.

Jardin de Pamplemousses: les funérailles en intimité

Pamplemousses : le jardin s'apprête à accueillir SAJ

La dépouille de SAJ arrivera au jardin botanique de Pamplemousses, sa dernière demeure, dans quelques minutes. La cérémonie funéraire s'y tiendra en toute intimité.

Au n°7: les habitants disent merci à SAJ

C'est dans cette circonscription (autrefois n°14) que SAJ avait été élu pour la première fois en 1963. Les habitants du n°7 étaient résolus à le remercier pour la dernière fois lorsque le cortège funéraire est passé.

 

Les sympathisants de SAJ au Jardin de Pamplemousses

L’accès au jardin est restreint. Cela n’empêche pas les Mauriciens de tout bord de se rendre aux alentours du Jardin de Pamplemousses pour dire un dernier au revoir à SAJ.

SAJ: adieux en musique

Armé de sa cornemuse, Kishan a rendu un hommage musical à SAJ lors du passage du convoi à Mapou.

Jardin de Pamplemousses: les derniers préparatifs

Le jardin botanique, qui sera la dernière demeure de SAJ, a été fermé au public car les rites funéraires se feront dans l’intimité. Pour l’instant, peu de personnes sont aux abords du jardin.

Dernière virée de SAJ dans son fief

La circonscription n°7 (Piton – Rivière-du-Rempart) a été le fief de SAJ pendant pratiquement toute sa carrière politique. Aujourd’hui, il fera une dernière virée dans cette région. Le convoi passera par Poudre d’Or Hamlet puis Cottage avant de se diriger vers le lieu de la crémation à Pamplemousses.

Pluie de fleurs pour SAJ lors du passage du convoi à Calebasses

Le convoi mortuaire est passé par le rond-point de Mapou une première fois. Les mauriciens venus saluer le passage du convoi de SAJ sont restés sur place pour lui dire un ultime adieu et le saluer lors du 2e passage du convoi dans quelques minutes.

 

Décès de SAJ: la foule déjà présente à Calebasses

Le convoi de SAJ passera par Calebasses pour se rendre dans son fief – la circonscription n°7 – avant d’aller au Jardin de Pamplemouses. La foule est déjà présente sur la route, avec leurs fleurs, pour l’accueillir une dernière fois.

Le convoi arrive dans la capitale

A Port-Louis, le convoi mortuaire de SAJ entrera à la Place d’Armes. Par la suite, il se rendra au Sun Trust, la Cour suprême, à la rue Labourdonnais, Pope Henessy et l’Hôtel du Gouvernement, avant d’emprunter l’autoroute M2 et passer devant l’Aapravasi Ghat. La foule a répondu présente pour ce dernier voyage de l’ancien Premier ministre.

Caméra embarquée: quelques mètres derrière le convoi

Le convoi mortuaire de SAJ a quitté sa demeure de La Caverne. Le trajet passera par -Paillote-Mon Désir-Solférino-Bassin (rond-point)- Palma-La Louise-St Jean-l’autoroute M1. Ensuite la Cybercité, MSIRI, Réduit, et la State House. À Port- Louis, le convoi mortuaire passera devant le Sun Trust, la Cour suprême, à la rue Labourdonnais, Pope Henessy et l’Hôtel du Gouvernement, avant d’emprunter l’autoroute M2. Et de passer devant l’Aapravasi Ghat, puis Jin Fei et Terre-Rouge. Direction Mapou, Amitié, le Gandhi Square à Rivière-du-Rempart. Le convoi passera par le bypass road vers Poudre d’Or Hamlet, puis Cottage avant de reprendre l’autoroute M2. Et de rallier le Sir Seewoosagur Ramgoolam Botanical Garden, Pamplemousses. Suivez le cortège en live.

Au Sun Trust: le MSM dit adieu à son fondateur

En tant que père fondateur du Mouvement Socialiste Militant, Sir Anerood Jugnauth a droit à un hommage spécial au siège du parti, le bâtiment du Sun Trust. Des membres du MSM ainsi que des partisans n’ont pas manqué le rendez-vous.

Joe Lesjongard: «Sun Trust ce enn plas inkontournab pou SAJ»

Il a connu des moments de gloire et des moments tristes au Sun Trust. C’est de que le ministre des Services publics, Joe Lesjongard, a déclaré devant le QG du MSM ce matin. Selon lui, c’est un monument qui s’en est allé.

SAJ reçu pour la dernière fois au Château de Réduit

Pendant neuf ans, Sir Anerood Jugnauth a occupé le poste de Président de la République et il a, ainsi, été le locataire de la State House, à Réduit. Symboliquement, le cortège funéraire est passé devant l’ancienne résidence officielle de SAJ avant de se diriger vers la capitale.

 

Ebène s’apprête à accueillir SAJ une dernière fois

Le convoi mortuaire de SAJ passera à Ebène dans quelques instants. Membres du gouvernement et Mauriciens de tous bords sont déjà sur place pour un dernier hommage.

Des ministres en stand-by à Ébène

 
 

Le cortège funéraire de SAJ passera par la cybercité, une des réalisations du gouvernement MSM-MMM entre 2000 et 2005. Deepak Balgobin et le Dr Kailesh Jagutpal, ainsi que d'autres membred du gouvernement, sont déjà sur place.

La Caverne, Vacoas: les sympathisants disent adieu à SAJ

Sir Anerood Jugnauth a quitté son domicile à La Caverne, Vacoas, peu avant 10h30. Une foule de sympathisants bordait les rues de l’endroit et des fleurs ont même été déposées sur le véhicule funéraire au moment où il passait.

 

Un portrait géant de SAJ installé devant le Sun Trust

Pour lui rendre hommage, les activistes du parti soleil ont installé un portrait géant de SAJ devant le Sun Trust. D’autres déposent des gerbes et bouquets devant le portrait.

Caméra embarquée: quelques mètres derrière le convoi

Le convoi mortuaire de SAJ a quitté sa demeure de La Caverne. Le trajet passera par -Paillote-Mon Désir-Solférino-Bassin (rond-point)- Palma-La Louise-St Jean-l’autoroute M1. Ensuite la Cybercité, MSIRI, Réduit, et la State House. À Port- Louis, le convoi mortuaire passera devant le Sun Trust, la Cour suprême, à la rue Labourdonnais, Pope Henessy et l’Hôtel du Gouvernement, avant d’emprunter l’autoroute M2. Et de passer devant l’Aapravasi Ghat, puis Jin Fei et Terre-Rouge. Direction Mapou, Amitié, le Gandhi Square à Rivière-du-Rempart. Le convoi passera par le bypass road vers Poudre d’Or Hamlet, puis Cottage avant de reprendre l’autoroute M2. Et de rallier le Sir Seewoosagur Ramgoolam Botanical Garden, Pamplemousses.  Suivez le cortège en live.

Sheela Curpen : «Mo ti konn SAJ 40 an de cela… »

Sheela Curpen a tenu à être en première ligne devant le Sun Trust lorsque le convoi mortuaire de SAJ passera. Sur place, cette responsable de secrétariat raconte ses débuts et comment elle a commencé à travailler avec SAJ il y a quatre décennies déjà…

Funérailles de SAJ: Lady Sarojini accablée

Elle a passé plus de 63 ans de sa vie avec Sir Anerood Jugnauth. Vêtue d’un sari, c’est une lady Sarojini anéantie qui a fait ses adieux à son époux, ce samedi 5 juin à La Caverne, Vacoas. Elle était réconfortée par Rita Venkatasawmy.

 

Réduit se met à l’orange

Pour son dernier voyage, SAJ passera à Réduit, plus précisément devant la State House, qui était sa résidence officielle pendant qu’il était Président de la république. Les activistes du MSM sont déjà sur le terrain pour orner les lieux d’oriflammes et banderoles orange.

Des Mauriciens tout au long du parcours du cortège funéraire

Ils sont nombreux à vouloir faire un dernier adieu à Sir Anerood Jugnauth. Ils sont répartis tout au long du parcours du cortège funéraire. Madame Boodram a même fait le trajet de Triolet et ell n’a pu retenir ses larmes en évoquant SAJ.

 

Funérailles de SAJ: les préparatifs quasi-bouclés

C’est ici, au jardin botanique de Pamplemousses, qu’auront lieu des derniers rites funéraires de Sir Anerood Jugnauth. Les derniers préparatifs sur place sont en passe d’être bouclées.

 

[En direct] Suivez le dernier trajet de SAJ

La procession accompagnant le cercueil de Sir Anerood Jugnauth est partie, ce samedi 5 juin, de son domicile, à La Caverne Vacoas. Limitée à 10 personnes à cause des restrictions sanitaires, les funérailles auront lieu au jardin botanique de Pamplemousses.

Les sympathisants du MSM déjà au Sun Trust

Le convoi mortuaire de SAJ passera aux endroits qui ont marqué sa vie. Le Sun Trust, QG du MSM, en fait évidemment partie. Dès ce matin, les sympathisants du MSM ont fait le déplacement pour pouvoir lui rendre un dernier hommage. Le bâtiment a été orné de banderoles a l'effigie de SAJ.

Funérailles: SAJ voisin de SSR au jardin de Pamplemousses

On entend le vrombissement des tondeuses bien avant de les voir. Pas une feuille ne doit traîner, pas un brin d’herbe ne doit être plus haut que les autres. C’était l’effervescence hier, à la mi-journée au jardin botanique de Pamplemousses. Cet après-midi, s’y tiendront les funérailles de sir Anerood Jugnauth (SAJ), ancien président de la République et ancien Premier ministre décédé le jeudi 3 juin à 91 ans. 

Lire la suite de l'article: Funérailles: SAJ voisin de SSR au jardin de Pamplemousses

Banderole à l’effigie de SAJ au Sun Trust

Il est le père fondateur du Mouvement Socialiste Militant et ce samedi 5 juin, il passera une dernière fois devant le siège du parti, le bâtiment du Sun Trust, à Port-Louis. 

Les détails du dernier trajet : 

Le convoi mortuaire quittera le domicile de sir Anerood Jugnauth, à La Caverne, aux alentours de 11 heures aujourd’hui pour se diriger vers le jardin de Pamplemousses, où aura lieu la crémation, à 14 heures. L’itinéraire sera comme suit : La Caverne-Paillote-Mon Désir-Solférino-Bassin (rond-point)- Palma-La Louise-St Jean-l’autoroute M1. Ensuite la Cybercité, MSIRI, Réduit, et la State House. À Port- Louis, le convoi mortuaire passera devant le Sun Trust, la Cour suprême, à la rue Labourdonnais, Pope Henessy et l’Hôtel du Gouvernement, avant d’emprunter l’autoroute M2. Et de passer devant l’Aapravasi Ghat, puis Jin Fei et Terre-Rouge. Direction Mapou, Amitié, le Gandhi Square à Rivière-du-Rempart. Le convoi passera par le bypass road vers Poudre d’Or Hamlet, puis Cottage avant de reprendre l’autoroute M2. Et de rallier le Sir Seewoosagur Ramgoolam Botanical Garden, Pamplemousses.

Funérailles de SAJ: accès interdit devant la résidence des Jugnauth

Impossible pour les journalistes autres que ceux de la MBC de franchir ces barrières placées à l’avenue menant au domicile de Sir Anerood Jugnauth. «Zis MBC gagn drwa rantre pou al divan lakaz SAJ zordi», nous a-t-on fait comprendre ce matin. Pendant ce temps, les préparations vont bon train pour la procession funéraire qui débutera à 11 heures, ce samedi 5 juin.

En direct de La Caverne, Vacoas: préparations en cours à quelques heures du début de la procession funéraire

Accès interdit devant la résidence de SAJ

Impossible pour les journalistes autres que ceux de la MBC de franchir ces barrières placées à l’avenue menant au domicile de Sir Anerood Jugnauth. «Zis MBC gagn drwa rantre pou al divan lakaz SAJ zordi», nous a-t-on fait comprendre ce matin.

Pendant ce temps, les préparations vont bon train pour les funérailles.

 

Un exemple à suivre, pour François de Grivel

L’industriel estime que SAJ était un homme remarquable dans son approche du secteur privé et du social. Il espère que les Mauriciens pourront suivre son exemple. «Nous allons réfléchir à ce qu’il nous a laissé, de façon à ce qu’on soit des successeurs responsables», a déclaré François de Grivel au sujet de l’ancien Premier ministre, à Clarisse House, ce vendredi 4 juin.

Mahen Jhugroo : «SAJ a représenté mon père lors de mon mariage»

Devenu orphelin de père alors qu’il était assez jeune, Mahen Jhugroo a eu l’honneur d’avoir sir Anerood Jugnauth représenter son père lors de la célébration de son mariage, le 25 juillet 1993. «Ce qui me rend très triste aujourd’hui, c’est que je ne peux pas le voir une dernière fois, étant à mon poste d’ambassadeur depuis deux jours.»

Mahen Jhugroo était déjà triste quand il n’a pu le rencontrer, le 22 mai, quand il a pris l’avion pour les Etats-Unis. «J’ai voulu le voir avec Lady pour lui dire un au revoir. Mais le couple m’a fait comprendre qu’il était parti dans un hôtel pour se reposer. Déjà, je ressentais dans la voix de SAJ qu’il était souffrant.» 

Le nouvel ambassadeur de Maurice aux Etats-Unis se remémore comment il avait fait la connaissance de sir Anerood. «Je le voyais souvent assister à des réunions du MMM à la rue Inkerman, Rose-Hill, alors que je fréquentais le collège New Eton. Mon père et lui étaient comme deux frères. Un jour, mon père m’a présenté et il lui a dit que j’étais intéressé à faire de la politique. Il m’a répondu que pour faire de la politique, il faut être intègre, honnête et financièrement indépendant. Grâce à lui, j’ai été maire, député, ministre et aujourd’hui ambassadeur.»

L'Inde observe un jour de deuil national

Pour rendre hommage à Sir Anerood Jugnauth, l'Inde observera demain un jour de deuil national, a affirmé le haut commissariat de la Grande péninsule à Maurice sur Twitter.

Peu avant le PM indien Narendra Modi avait twitté qu'il avait appelé Pravind Jugnauth pour lui présenter ses sympathies.

 

India announces State mourn... by L'express Maurice

Les personnalités continuent à affluer malgré la nuit

Les hommages à l'ancien Premier ministre ne se sont pas taris avec la nuit tombée. Les personnalités, politiques notamment continuent à venir à La Caverne.

SAJ raconté par celui qui a dirigé son journal The Sun

Subash Gobine a vécu des facettes de SAJ dont peu de journalistes peuvent se vanter de connaître. Pour avoir dirigé le journal du MMM puis celui du MSM pendant près de deux décennies, il détient des anecdotes inédites et une lecture particulière de la vie politique de SAJ.

«SAJ raconté par Subash Gobine» est un document réalisé par Axcel Chenney, et illustré par les archives colossales de l'express. Des rapports de SAJ avec Bérenger jusqu'à sa finesse tactique en politique, en passant par l'inconditionnelle Lady Sarojini, Subash Gobine raconte tout. Il a même vécu le 60-0 de 1995 de l'intérieur du camp des vaincus; celui de SAJ.

 

«SAJ et moi, nous sommes contemporains»

Déclaration de Georges Ng Wong Hing, Senior Attorney,
«Je suis très peiné par la disparition de SAJ. Nous avons été contemporains dans la profession légale, lui exerçant comme avocat et moi comme avoué; et j’ai eu le privilège de l’avoir côtoyé comme ami. Je garde de très bons souvenirs de lui quoique nous avons eu des parcours différents et que je suis resté, par choix, toujours à l’écart de la chose politique. Je me souviens avoir été en sa compagnie le jour de l’élection de Dev Virahsawmy en 1970; SAJ était alors avocat au parquet et on se tenait tous deux devant son bureau, qui était alors situé dans l’enceinte de l’ancienne Cour suprême. On regardait tous deux le défilé des partisans du MMM venant du champ de mars et il m’avait alors confié qu’il ambitionnait de se joindre au MMM et qu’on devrait le faire ensemble afin de se faire élire et servir le pays. C’était pour moi une boutade; pour SAJ, c’était clairement du sérieux et la suite on la connaît...», nous a raconté Me Georges Ng Wong Hing, visiblement ému.

L'itinéraire du convoi mortuaire de SAJ, samedi 5 juin

Itinerary for SAJ Funeral by L'express Maurice

Ashok Jugnauth s’est recueilli devant la dépouille de SAJ à La Caverne. Sa visite à la famille n’a duré que quelques minutes.

Clarisse House: quelques images de la signature du livre de deuil

 

Hommage : les anciens ministres de SAJ se remémorent des grands moments

Sheila Bappoo et Anil Gayan ont été ministres dans des gouvernements dirigés par SAJ au cours de leur carrière. Ils se confient sur la manière de travailler de l’ancien Premier ministre et la vision qu’il avait pour le pays. 

Par ailleurs, le défilé de politiciens mais aussi de mauriciens ne tarit pas au domicile de SAJ à La Caverne.

 

 

Le Conseil des ministres consacré au décès de SAJ

Le cabinet qui s'est réuni aujourd'hui, sous la présidence de Steven Obeegadoo, a principalement évoqué le décès de sir Anerood Jugnauth et ses funérailles.

Special Cabinet Decisions 0... by L'express Maurice

Les diplomates viennent présenter leurs condoléances

 

La haute-commissaire de l’Australie, Kate O'Shaughnessy, celle de l’Inde, Nandini Singla, le haut-commissaire du Pakistan, Syed Rizwan Ahmed, l’ambassadeur de l’Union européenne, Vincent Degert entre autres diplomates ont également présenté leurs condoléances à la famille de sir Anerood Jugnauth.

La file d'attente ne diminue pas devant le domicile de SAJ. Depuis 14h, les portes sont à nouveau ouvertes pour le recueillement

Après le Premier ministre indien, Narendra Modi, hier, au tour du Président de l’Inde de réagir à l’annonce du décès de Sir Anerood Jugnauth. Ram Nath Kovind a exprimé sa tristesse sur son compte Twitter officiel.

Funérailles de SAJ: les préparatifs démarrent au jardin de Pamplemousses

Les rites funéraires de SAJ auront lieu au jardin de Pamplemousses demain. Ce vendredi 4 juin, le nettoyage a débuté et les préparatifs ont débuté.

 

Décès de SAJ: l'état major du PTr rend hommage

Anil Bachoo, Arvin Boolell et d'autres membres du PTr ont fait le déplacement pour rendre hommage à SAJ.

Anil Gayan: «SAJ avait la capacité de décider»

Anil Gayan, ancien ministre du gouvernement de SAJ, a fait le déplacement à la Caverne pour rendre un dernier hommage à l'ancien Premier ministre. Anil Gayan se remémore d'un temps où ils se côtoyaient à la Cour...

Clarisse House : «Que l’âme de SAJ repose en paix», dit Ramgoolam

Accompagné d’Arvin Boolell et d’Anil Bachoo, entre autres, Navin Ramgoolam a signé le livre de condoléances pour SAJ. «C’est un grand personnage de l’Etat qui s’en va. Que son âme repose en paix», a-t-il déclaré à la presse.

Purryag «triste que SAJ s’en est allé»

L’ancien président de la République, Kailash Purryag, a côtoyé sir Anerood comme légiste et puis comme ministre. Il salue le côté décisif de SAJ et avance qu’un pan de l’histoire se referme avec la disparition du tribun.

Décès de SAJ: les visites et témoignages continuent d’affluer

Depuis la confirmation du décès de Sir Anerood Jugnauth dans la soirée d’hier, les visites et les témoignages de sympathie de droite comme de gauche se succèdent à son domicile à La Caverne, Vacoas et également sur les réseaux sociaux. Ses funérailles auront lieu demain, samedi 5 juin,  à 14 heures.

Mauritius Red Devils rend hommage à SAJ

Sir Anerood Jugnauth était un grand amateur de football et de Manchester United, son équipe fétiche. Les supporters des Red Devils locaux ne l'ont pas oublié à l'instar des Mauritius Red Devils, qui est un fan club officiel du club anglais le plus titré en Premier League.

 

Eddy Boissézon : «Une pensée spéciale pour Lady Sarojini»

«J'ai une pensée spéciale pour Lady Sarojini Jugnauth,  parce que comme on le dit derrière chaque grand homme il y a une dame...», a déclaré le vice-président de la République, Eddy Boissézon.

Décès de SAJ : La crémation aura lieu à 14 heures au jardin de Pamplemousses

Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, Maneesh Gobin, a effectué une visite des lieux au jardin de Pamplemousses ce vendredi 4 juin 2021 en marge de la crémation de feu Sir Anerood Jugnauth. 

La crémation de l’ancien Premier ministre et ancien président de la République est prévue le samedi 5 juin 2021. 

Lire la suite de l'article: Décès de SAJ : La crémation aura lieu à 14 heures au jardin de Pamplemousses

Nando Bodha rend hommage à SAJ

Décès de Sir Anerood Jugnauth: livre de condoléances au Clarisse House

Un livre de condoléances ouvert à la Clarisse House à partir de ce vendredi 4 juin 2021 à 10 hrs.

 

Christine, la voisine de SAJ: «C'est une grande tristesse. Saj était un personnage généreux. On se côtoyait tous les jours et on était très proche.»

Megh Pillay: «SAJ respectait les principes de la bonne gouvernance»

«Le progrès accompli dans les entreprises d’État et son effet bénéfique sur l’ensemble de l’économie peut être principalement attribué au style de gestion de SAJ. Il respectait les principes de la bonne gouvernance, laissant à chacun la responsabilité de conduire sa mission respective dans les limites prescrites. Il ne s’ingérait pas dans les affaires courantes et faisait confiance aux professionnels, aussi longtemps qu’ils produisaient les résultats promis.

Il était très accessible : un appel à sa secrétaire privée et on était reçu parfois dans l’heure suivante, entre deux rendez-vous sur son agenda ou à sa résidence, s’il y avait urgence. Il écoutait attentivement, posait des questions pertinentes, et tranchait dans le vif une fois convaincu. Son pragmatisme ne lui permettait pas d’être influencé par des considérations politiques ou partisanes sur des décisions parfois délicates. Dans les organismes que je dirigeais, l’intérêt public primait malgré certaines apparences.

Comme tout politicien au pouvoir, il était littéralement assailli par des représentations inimaginables de partisans insatisfaits de ne pas recevoir de traitement privilégié auquel ils croyaient avoir droit. S’il vous faisait confiance, il ne venait jamais vous embarrasser avec des demandes de faveurs partisanes ou personnelles, sachant à quel point cela pouvait détruire la crédibilité de l’administration et saper le moral des employés.

Il avait une conscience de ses capacités et de ses limites, contrairement à certains qui se croient soudain investis de connaissances et d’intelligence exceptionnelles le jour où ils assument des responsabilités ministérielles ou de chef d’entreprise. SAJ était, pour sa part, attentif aux conseils des professionnels reconnus et se faisait sa propre vision des choses en écoutant les opérateurs réels. Cette vision de ce qu’il voulait pour chaque secteur sous son contrôle direct et pour le pays étant claire, chacun pouvait plus sereinement œuvrer à sa réalisation, en toute liberté d’action.

Il faisait confiance aux compétences du pays. Lors de l’inauguration du câble sous-marin SAFE à Telecom Tower en 2002, il me confia comment SSR était inquiet de sa décision d’acquérir la société Cable & Wireless pour prendre le contrôle de la liaison de communication internationale de Maurice en 1985 à travers une société d’État, l’OTS. On se demandait si les Mauriciens pouvaient vraiment remplacer les Britanniques.

En 1988, il a corporatized le département des Télécommunications du gouvernement en créant la compagnie MTS. En 1992, il a approuvé la fusion de ces deux compagnies sur l’initiative de leur président, Sir Kailash Ramdanee, pour créer Mauritius Telecom. Le développement phénoménal du secteur s’est par la suite fait par les Mauriciens. Quand j’ai voulu quitter MT en 2001, après la vente de 40 % du capital à France Telecom, car j’avais exprimé des réserves sur les conditions de cette transaction, il a refusé ma démission et a insisté pour que je reste en poste. Et il m’a donné tout le soutien qu’il pouvait. En octobre 2003, il m’a encouragé à accepter une proposition venant de Paul Bérenger de prendre la direction d’Air Mauritius. Les deux étaient très préoccupés par son déclin après l’affaire de la Caisse Noire et une déstabilisation corporative, qui s’éternisait. En octobre 2016, il m’a appelé à nouveau pour me dire qu’il avait rejeté une proposition de nommer un étranger et qu’il aurait souhaité me confier cette responsabilité de redresser les affaires de MK. Il faisait toujours confiance aux Mauriciens. Mais visiblement, sa santé lui faisait sérieusement défaut et il ne pouvait plus accorder son soutien à l’autonomie de l’entreprise.

Les entreprises que j’ai pris plaisir à gérer lui doivent le succès enregistré sous ses mandats précédents.»

Alain St Ange se remémore sa dernière discussion avec SAJ

Il s’en souvient encore comme si c’était hier. L’ancien ministre du Tourisme seychellois, Alain St Ange, se rappelle de cet échange Sir Anerood Jugnauth et lui : «Je me suis senti flatté et honoré d’avoir été convié à son bureau. Nous avons entamé des discussions autour de l’amitié qui lie nos deux îles. Aussi, nous avons parlé sur l’Indian Ocean Vanilla Islands Regional Organisation car à cette époque, c’était Xavier Duval, ministre du Tourisme qui se trouvait à la tête de cette organisation. Nous avons aussi parlé du tourisme sur les bateaux de croisière. En tout cas, la rencontre a été des plus cordiales.» L’actuel président de l’African Tourism Board ajoute que l’on se souviendra de SAJ pour ces années qu’il a dédiées à son pays et de sa loyauté envers le peuple. Et présente ses sympathies à la famille endeuillée.

Jean Claude de l’Estrac : Anerood, l’écorché vif

S’il y a eu un homme d’État mauricien pénétré de ses responsabilités et de son rôle au cours des cinq dernières décennies, c’est indubitablement Anerood Jugnauth.

Et pourtant, je peux témoigner qu’Anerood n’aspirait aucunement aux lumières de la gloire. Campaign Manager du MMM aux élections législatives de 1982, je fais le projet de produire sa biographie. Elle sera publiée sous le titre : Anerood Jugnauth, Premier ministre du Changement. Ce que je découvre alors, c’est qu’Anerood n’a absolument pas conscience de son destin. Il n’a aucune autre ambition que de réussir sa carrière professionnelle au barreau. Il a fallu de persuasion pour le convaincre que les étapes de sa vie, depuis sa première victoire électorale en 1963, annonçaient un destin national. Pourtant, très jeune, il était déjà sensibilisé par les discours dénonciateurs et moralisateurs des frères Bissondoyal de l’Independent Forward Block dans son village natal de Palma.

À la fin, ce qui va le pousser vers la politique active, c’est son refus viscéral de toute forme d’injustice et de discrimination. C’est le sens de son adhésion, beaucoup critiquée au Hindu Congress face à un PMSD alors très sectaire dans les années 70. Mais Anerood est un écorché vif qui va alors trouver dans le MMM pur et dur de l’époque une plateforme pour défendre ses convictions.

Mais – peut-être pas mais – Anerood est surtout un pragmatique, plus encore sans doute un opportuniste. Un opportuniste occupé à sauver, en toutes circonstances, sa peau politique, convaincu qu’il sert le bien commun.

Mon admiration va surtout au Premier ministre qu’il a été. J’ai occupé quatre différents ministères sous Anerood Jugnauth. J’affirme que jamais ce Premier ministre-là n’a cherché à imposer ses vues ou ses intérêts à son ministre. Sa relation est une de confiance absolue. Il s’est comporté en chef d’orchestre, ce qui est d’ailleurs son rôle. Le succès de ses mandatures est largement dû à son esprit d’équipe.

Sur le plan politique, je vais vous faire une confidence qui est le meilleur hommage que je pourrais lui rendre : je suis convaincu que si Bérenger, pour qui Anerood a eu une grande admiration pendant longtemps, avait su conserver sa confiance, le moment venu, Anerood Jugnauth aurait fait de Paul Bérenger son successeur. Si cela ne s’est pas fait, ce n’est pas la seule faute d’Anerood.

Décès de SAJ: les hommages pleuvent

Plusieurs personnalités de la classe politique font le déplacement à La Caverne, Vacoas, ce vendredi 4 juin, pour rendre un dernier hommage à Sir Anerood Jugnauth. L'ex-ministre Mentor a poussé son dernier souffle à 19h41 hier soir à la Clinique Darné.

Décès de SAJ : témoignage de Gilles L’entêté.

Vishnu Lutchmeenaraidoo à La Caverne, Vacoas: «Sir Anerood Jugnauth ti ena enn la fors e enn determinasion extraordiner».

Dr S. Jaishankar: “A towering leader and a special friend of India”

Ces mots sont du ministre des Affaires étrangères de l’Inde, le Dr Subrahmanyam Jaishankar. Il s’est exprimé sur son compte Twitter hier. Le ministre indien a tenu à rendre un vibrant hommage et à exprimé sa sympathie à la famille Jugnauth et à la population mauricienne suivant le décès de SAJ. “Still recall his warmth and graciousness the last time I called on him”. Le Dr Jaishankar était en visite dans l’île en février dernier.

 

C’était SAJ… : un coriace né d’une enfance malheureuse

Il n’a jamais aimé s’étendre sur son enfance, qui, même des décennies plus tard, lui faisait toujours monter les larmes aux yeux. Devenu grand-père gâteaux, il tenait à sa famille comme à la prunelle de ses yeux.

29 mars 1930. Celui qui allait devenir le grand SAJ ouvre pour la première fois ses yeux, à Palma. Ses parents, Ramlochun et Soomeetra (née Ramnath) Jugnauth, sont un couple de petits planteurs modestes.

Lire la suite de l'article: C’était SAJ… : un coriace né d’une enfance malheureuse

Sir Anerood Jugnauth, GCSK, KCMG, QC: 29 March 1930 – 03 June 2021

• Born on 29 March 1930, Sir Anerood Jugnauth, GCSK, KCMG, QC, also known as SAJ, became one of the most remarkable and respected politicians of the country by serving Mauritius twice as President of the Republic and six times as Prime Minister.

• He married Sarojini Ballah in December 1957 and the couple raised their two children Shalini and Pravind.  

• SAJ served as President of the Republic of Mauritius from 2003 to 2012. 

• He was elected six times as Prime Minister, as follows:

• 1982-1995: Prime Minister, Minister of Defence, Home Affairs and External Communications

• 2000-2003: Prime Minister, Minister of Defence, Home Affairs and External Communications

• 15 December 2014 to 14 March 2016: Prime Minister, Minister of Defence, Home Affairs, Minister of Rodrigues

• 14 March 2016 to 26 May 2016: Prime Minister, Minister of Defence, Home Affairs, Minister of Rodrigues, Minister of Finance and Economic Development

• 26 May 2016 - 21 December 2016: Prime Minister, Minister of Defence, Home Affairs, Minister of Rodrigues

• 21 December 2016 to 23 January 2017: Prime Minister, Minister of Defence, Home Affairs, Minister of Rodrigues and National Development Unit & External Communications 

• SAJ started his career as a lawyer and began his political career with an election into the Legislative Council into 1963 as a candidate of the Independent Forward Bloc for Pamplemousses/Rivière du Rempart. 

• In 1965, he attended the Constitutional Conference in London to discuss matter pertaining to the independence of the country.  

• He served as State Minister for Development from 1965-1967 and Minister of Labour in 1967.

• He attended the Palma Primary School and pursued his secondary education at the Regent College. In 1951, he went to study law at the Lincoln's Inn, University of London in UK. 

• Sir Anerood Jugnauth became the Queen’s Counsel in 1980 and the Grande Croix de l'Ordre de la Pleaide in 1984. 

• He was also honoured as the First Class Order of the Rising Sun (Japan) in 1988, Dr Honoris Causa, University of Aix-en-Provence in 1985 and Grand Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur (France) in 1990. 

• He worked at the New Eton College (1948), in the Civil Service (1949), as District Magistrate (1967-1969) - Crown Counsel (1969), and Senior Crown Counsel (1971).

Sir Anerood Jugnauth has been a pioneer in the relentless fight for the decolonisation of the Chagos Archipelago and in promoting the welfare of the Chagossian community. His struggle led to the ruling of the International Court of Justice that the Chagos Archipelago forms an integral part of the territory of the Republic of Mauritius. 

Photo de famille et moment de bonheur...

Décembre 2014

Avec SAJ à la tête de l'Alliance Lepep, le MSM est à nouveau au gouvernement. Il prête serment avant d'entamer son sixième mandat comme Premier ministre.

Le 16 mai 1984

La cassure du MMM et la fondation du MSM a eu lieu l’année précédente.

Après des élections anticipées, SAJ avait été élu Premier ministre. Le 16 mai 1984, le nouveau représentant permanent du gouvernement australien à Maurice, M. Nelan, avait alors offert une réception au City Club. La qui a avait accompagné cette photo dans l'express du 21 mai 1984 : «Surtout n'allez pas croire qu'il existe un quelconque rapprochement entre le MMM et le MSM. Toute rumeur allant dans ce sens ne pourrait qu'être dénuée de tout fondement».

Le 30 septembre 2003, SAJ fait son discours d'adieu au Parlement. Il quitte le poste de Premier ministre et est nommé président.

Décès de Sir Anerood Jugnauth: livre de condoléances au Clarisse House

Un livre de condoléances sera ouvert à la Clarisse House à partir de ce vendredi 4 juin 2021 à 10 hrs.

Le public est avisé que le protocole sanitaire et les gestes barrières devront être strictement respectés. 

Government Information Service
Prime Minister’s Office
Port Louis
3 June 2021

Le 1er octobre 2003, SAJ soumet sa lettre de démission au Parlement. Son épouse est toujours présente à ses côtés.

Décès de SAJ: les drapeaux en berne

Demise of Sir Anerood Jugnauth, GCSK, KCMG, QC

Following the demise of Sir Anerood Jugnauth, GCSK, KCMG, QC, former President and Prime Minister of the Republic of Mauritius, the public is informed that the Mauritius flag will be flown at half-mast on Government buildings from sunrise to sunset on 4 June 2021 and until sunset on the day of the funeral on Saturday 5 June 2021.

An appeal is being made to the private sector for all flags to be flown half-mast on those days.

Government Information Service
Prime Minister’s Office
Port Louis
03 June 2021

Le secteur privé rend homage à SAJ

Wilfrid Koon, ex-président de la firme comptable KPMG

«We have lost a great man»

«In my years as president of the Chinese Business Chamber, Sir Anerood Jugnauth, was our main guest of honour as the current Prime Minister for our annual president dinner. He left a lasting impression on me as a statesman. He was in no hurry to leave after the dinner at the surprise of his body guards. It turned out, he really enjoyed the Chinese food, our good company and his Black Label! I would like to convey my sincere sympathy to Lady Jugnauth and their children. We have lost a great man.»

Kee Chong Li Kwong Wing, ex-président du conseil d’administration de la SBM Holdings

«SAJ est comme il est»

«Je l’ai connu depuis qu’il était militant et œuvrait comme conseil légal des syndicats des travailleurs. Il a toujours été proche de la classe des travailleurs par fidélité au milieu modeste d’où il était originaire. C’était d’ailleurs la source d’inspiration de son engagement politique. L’amélioration des conditions de vie des travailleurs et l’intérêt de son pays étaient sur la liste de ses priorités. Depuis que je l’ai connu et travaillé dans son gouvernement en 1983,1987 et 1991 en tant que conseiller, il est resté le même. Avec SAJ, il n’y avait pas de demi-mesure, pas de katakata, pas de double langage. Avec lui, un oui était un oui et un non, un non. Il était franc, direct et sincère. Il était comme il est, sans artifice. Si vous travaillez avec lui, vous étiez sûr qu’il ne vous doublerait pas en mettant une autre compétence derrière votre dos. Il était un homme intègre. Honnête, il avait le sens de l’observation et de l’écoute, même si parfois, cela pouvait l’amener à tendre une oreille pour écouter tout ce que l’on racontait. Mais cela faisait partie de sa personnalité. Il était un homme de principe. La dernière fois que je l’ai vu, c’était dans le cadre d’une rencontre avec K. Nandini Singla, la haute commissaire indienne à Port-Louis. J’étais en compagnie de mon épouse. Même s’il n’était pas dans des conditions physiques habituelles, il avait gardé sa lucidité. Il était au courant de ce qui se passait tant dans le pays que dans le monde. J’ai été étonné de voir comment il se sentait concerné par les effets de la pandémie du Covid-19 sur le pays en général. On peut être d’accord ou ne pas être d’accord avec Sir Anerood Jugnauth mais c’est un homme qui aura marqué de son empreinte, l’île Maurice moderne».

Marc Hein, Senior Counsel, président du conseil d’administration du cabinet d’avocats Juristconsult Chambers

«J’ai bien connu SAJ quand il était Premier ministre (PM) de 1982/1987 et que je siégeait comme député de la majorité. Il était le leader de l’Alliance Bleu-Blanc-Rouge, qui mena le pays vers un boom économique et un grand développement social. Il pouvait être très dur envers ceux qui le contrariaient mais pouvait aussi être à l’écoute d’arguments adverses. J’ai pris beaucoup de plaisir à siéger comme un des plus jeunes députés, avec lui comme Premier ministre et feu Sir Gaëtan Duval  comme vice-Premier ministre. Je rencontrais souvent les deux pour étudier les projets de loi en ma qualité d’avocat. Et puis, au Parlement, les députés se respectaient et le Speaker était indépendant. A cette époque, même comme PM, il était disponible et travaillait d’arrache-pied. Il avait comme nous tous, ses qualités et ses défauts, mais il fut un grand serviteur de l’Île Maurice indépendante. Je présente mes sympathies à sa famille.»

Francis Piat, ex-Managing Director de Shell et ex-président de la défunt Joint Economic Council: «Sir AneroodJugnauth avait un franc parler qui rassure»

Pour Francis Piat, Sir Anerood Jugnauth avait un franc parler qui pourrait potentiellement être qualifié de brutal. Mais c’était sa façon d’être. Avec lui, pas de demi-mesure. Il ne passe pas par quatre chemins pour dire ce qu’il pense. Son départ constitue une grande perte pour le pays. Il fait partie de ceux pour qui entre une posture ne peut osciller entre le oui et le non. Ou bien c’est oui, ou bien d’est non. Il était intransigeant et intraitable dans le traitement de dossiers. Son interlocuteur avait intérêt à bien ficeler son dossier s’il voulait convaincre l’ex-Premier ministre de ses arguments. J’aimais bien avoir en face de moi, un interlocuteur de sa trempe. Cette posture cadre avec  des traits de mon caractère. Lorsqu’il est venu me voir alors que j’étais posté au quartier général de Shell de Londres. C’était pour me convaincre de la nécessité pour que les valeurs de Shell soient cotées au Stock Exchange of Mauritius. Nous avons été la première société à se faire coter en Bourse. Que Lady Jugnauth et ses enfants trouvent ici l’expression de ma sympathie.

Joe Lesjongard: «Il faut respecter les consignes à la lettre»

Il est arrivé au domicile de SAJ en compagnie d’autres membres du gouvernement et du MSM. Joe Lesjongard a fait savoir qu’un communiqué sera émis demain pour détailler le déroulement des funérailles et lance un appel au respect du protocole sanitaire.

Les personnes présentes sur place ont accès au domicile de SAJ pour se recueillir et déposer des fleurs jusqu'à minuit. Les portes seront ouvertes à nouveau demain matin à 8h30.

 

Communiqué du MSM émis ce jeudi 3 juin

 

Les funérailles de SAJ auront lieu le samedi 5 juin

Press Release 

Décès de Sir Anerood Jugnauth, GCSK, KCMG, QC 

Itinéraire du convoi mortuaire 

Le convoi mortuaire quittera le domicile de Sir Anerood Jugnauth, à La Caverne, aux alentours de 11 heures, le samedi 5 juin 2021, pour se diriger vers le jardin botanique de Pamplemousses, où aura lieu la crémation, à 14 heures. 

L'itinéraire sera comme suit:

La Caverne
Vacoas
Paillote
Sayed Hossen Road
Pont Fer 
L'autoroute M1 

Cybercité, Ébène
State House, Réduit 

Port Louis:

Sun Trust
La Cour suprême 
l'Hôtel du Gouvernement
L'autoroute M2 
l'Aapravasi Ghat 

Le Nord:

Mapou
Amitié
Gandhi Square, Rivière du Rempart
Du Bypass Road vers Poudre d'Or Hamlet
Cottage 
L'autoroute M2 

Le jardin botanique de Pamplemousses

3 juin 2021 

Government Information Service

Avalanche de messages de sympathies sur les réseaux sociaux

Joanna Bérenger s’est également manifestée. «C'est un personnage important de l'histoire politique du pays qui disparaît

Quant à Rama Valayden, homme de loi et membre du Groupe de Réflexion Emmanuel Anquetil, il a présenté ses condoléances dans un message sobre. «May God Bless Him

Olivier Thomas, member du MSM : «Thank you for your service, may you rest in peace. My Sincere sympathy to the country and the Jugnauth Family

Tania Diolle, PPS : «J'apprends avec tristesse le deuil qui nous frappe par le décès de Sir Anerood Jugnauth et je me permets d'adresser de tout cœur mes très sincères condoléances ainsi que l'expression de toute ma sympathie à la République de Maurice ainsi qu'à sa famille

Vikram Hurdoyal, ministre de la Fonction publique : «Enn jour triste dans listwar nu pays azordi kot nu finn perdi enn gran homme d'état en la personne de Sir Aneerood Jugnauth. SAJ, le père du développement économique, finn consacrer so lavi en entier pu amen pays vers progrés ek développement. Li finn toujours travay pu ki nu pays trouve enn meyer l'avenir et malgré so l'âge li finn laguerre avec détermination pu ki nu gagne la victoire lor dossier Chagos.»

Teenah Jutton, députée : «You have been a mentor and inspiration to the whole nation and today we have lost a father figure who was always there guiding us and who has left his imprints and a legacy behind.»

Vincent Degert, ambassadeur de l’Union européenne à Maurice : «très peiné par la mort de sir Anerood Jugnauth qui au sortir de l’indépendance a résolument conduit Maurice sur la voie du développement tout en consolidant la jeune démocratie. L’UE salue ses réalisations.»

Le chanteur Bigg Frankii a aussi posté un hommage. «Mem si enn dimoun ti kouma sipakieté, enn lamort inn fer pou respecter sa. Dimé pou ariv ou tour alors ena enn respect Sinn RIP SAJ.»

Covilen Narsinghen, de la Mauritius Global Diaspora: «Aujourd’hui s’en est allé un homme qui aura marqué son temps»

Covilen Narsinghen, de la Mauritius Global Diaspora.

«Il y a l’instant politique et l’instant du recueillement. Aujourd’hui s’en est allé un homme qui aura marqué son temps et contribué à forger le destin d’un pays. Au-delà du personnage, un être humain, un Mauricien s’en va. Nous tenons à exprimer nos sympathies à tous ceux qu’il laisse derrière lui, à tous ceux qui l’aimaient. Au nom du Mauritius Global Diaspora et en mon nom personnel, je tiens à présenter mes sincères condoléances à la famille Jugnauth.»

SAJ est élu Premier ministre pour la deuxième fois en 1983.

Il est maintenant à la tête du MSM. A l'ouverture de la 6e session de l'Assemblée législative le 6 septembre 1983, cette photo publiée en une du journal de l’express avec la légende «Les trois leaders constituant l'alliance gouvernementale aux premières loges. On reconnaît sur la photo lady Ramgoolam, sir Seewoosagur Ramgoolam, M. Anerood Jugnauth et son épouse, et sir Gaëtan Duval et sa mère, Mme Henrisson.»

Le président François Mitterrand remettant les insignes de la Légion d'honneur au Premier ministre en juin 1990. Sir Anerood Jugnauth avait reçu ces honneurs français à l'occasion de ses 60 ans.

Le Metro Express était le projet phare du gouvernement MSM de 2014-2019. Le 3 octobre 2019, SAJ avait pris le métro. C'était son premier et dernier voyage en métro.

Décès de SAJ: le Speaker et d'autres membres du Parlement arrivent au domicile de SAJ

 

Arvin Boolell: “You did it your way for our great little country”

SAJ: The departure

Rest In Peace Sir. You did it your way for our great little country . You carried the baton and broke many glass ceilings. In politics we agree to disagree but as politicians we have to be true to ourselves.

SIMPLICITY and SPECIFICITY

Sir Anerood would go down as a great man bent on simplicity and his specificity will never leave anybody indifferent . History is replete with events and events unfold at incredible speed in our ocean state. SAJ takes with him great souvenirs of his family but deep down has to acknowledge that had it not been for the Labour Party and stalwarts of the likes of Sir Satcam , and wisdom of SSR SAJ political career would have come to a standstill. Sir Gaëtan was never too far away in times of need. The contribution of Harish Boodhoo should never be underestimated .

Be it as it may there are lessons to be learnt. Pravin Jugnauth raised the red flag of the LP in 2008 to acknowledge his victory at the by-election was due to an entente between SAJ and Navin Ramgoolam.

FROM PALMA TO PRESIDENTIAL HOUSE

The child of Palma has done it his way . God bless his soul. A great family man indeed. Lady Jugnauth has been a great shadow but never overshadowed her life partner. A great partnership is indeed. It led all the way to Government House and Chateau du Reduit.

Sarojini Jugnauth pleure après une tentative d'attentat contre son mari le 6 novembre 1988 lors de la cérémonie religieuse marquant le 61e anniversaire du Trèfles Arya Samaj.

Roshi Bhadain: «Mo souhaité ki SAJ gagne ‘moksha’ »

Dan Bhagvad Gita dire ou bizin prié pou gagne ‘moksha’, c’est à dire libération du cycle de ‘birth and rebirth’. 

Mo souhaité ki SAJ gagne ‘moksha’ pou so bane bon travaye ki li fine faire dan so la vie et que son âme repose en paix éternellement.

Éne grand leader, ki fine réussi mette so vision en réalité. 

So capacité prend décision ti éne grand atout pou oriente le péi. 

Li fine toujours dire à haute voix séki li pensé, avek éne ‘franc-parler’ mémorable. 

Mo fine apprane boucoup avek li en peu de temps. 

Mo famille et moi même, présente nou sympathies à Lady Sarojini et à toute sa famille. - Om Shanti.- Roshi.

Showkytally Soodhun: «Li ti ena enn personnalité magique» Showkutally Soodhun, un fidèle de SAJ, revient sur sa relation avec l’ancien Premier ministre.

C’est avec beaucoup de tristesse, d’émotion et de chagrin profond qui mo finne apprane le décès de Sir Aneerood Jugnauth.

Mo ti toujours en contact avec li et Lady Sarojini Jugnauth et mo ti conner qui li ti faire face a quelque souci de santer dernierement. Mais vue mo attachment personnelle avec li, so disparution aujourdhui laisse ene grand vide dans mo lavie et mo tres boulverser. Quand meme, c’est ene personne avec qui mo finne passe mo jeunesse et mo finne vielli. 

C’est la personne avec qui mo finne mene ene combat politique. Ensam nous finne passe par des haut et des bas. Zamais mo pas finne abandonne li. Li ena ene personaliter magique qui fiine tout le temps donne moi courage pou affronte banne moment difficile tant sur le plan politique que personnelle. C’est ene perte enorme pas seulement pour moi personellement mais aussi pour toute la population mauricienne.

Avec le deces de Sir Aneerood, c’est tout ene pan de l’histoire politique qui pe allez zordi. Sir Aneerood ine marque l’histoire de Maurice par rapport a so banne nombreuse contribution au development du pays. Mais plus fondamentalement li pou etre reconnue et saluer par l’histoire comme celui qui finne change le destin de ene pays et toute une population en lespace de quelque anner. Sa changement la, nous encore resenti li aujourdhui et banne generations future pou continuer surf lors sa changement la.

Dans l’histoire moderne de nous pays, c’est seulement en deux occassions cotte nous finne conne sa type de changement fondamentale - ene c’est en 1968 pou l’independance dans lequelle Sir Aneerood finne jouer ene role important et deuxieme entre 83 et 87 quand le development economique mener par Sir Aneerood, ine change destiner de tout ene peuple dans ene certaine facon coumma dire overnight. Montrer moi ene pays qui pauvre et sans resource qui finne reussi faire sa qualiter miracle la dans si peu de temps. 

Sir Aneerood so commitment et devouement au pays c’était extraordinaire. C’etait ene homme d’etat dans le veritable sense du terme. Cetait ene homme ferme et no nonsense dans l’exercise de so fonction de Premier Ministre. 

Mais en tant que personne, one on one, c’était ene personne avec ene humiliter extraordinaire. Sa banne qualiter la finne endear li avec so banne collaborateur surtout banne fonctionnaire qui represente ene masse silencieuse qui en deuille en ce moment. Sur le plan internationale, c’est ene leader respecter. So reputation comme ene grand chef d’etat Africain, ti reconnue. So dernier grand battaille pour sa pays la c’était encore pour la souveranter de Maurice dans Chagos. Malgres l’age, li finne rentre dans sa battaille la, prend so baton de pelerin et reussi ammene ene uniter au niveau du continent African qui finne soutenir Maurice comme ene seule corps lors banne vote pour le Chagos au nations unie. Ou conner apres sa vote la, mo faire ou ene confidence ----li sitant emue qui quand li telephone le Premier Ministre Pravind Jugnauth pou dire li qui nous finne remporte sa vote la au nation unie, li pas capave causer ---li ti en larme. 

Sa qualiter commitment et lamour li ti ena pou sa pays la. Ou conner si ena pou raconter, ena trop beaucoup banne moment inoubliable qui nous finne passer. Pour le moment mo sitant emotioner qui mo prefere prier pour la paix de son ame.

L'ancienne vedette de Liverpool, Ian Rush, a rendu un hommage à Sir Anerood Jugnauth sur sa page Twitter.

 

 

Chronologie: SAJ, de 1930 à 2021

1930: SAJ voit le jour le 30 mars à Palma. Peu d’informations sont disponibles sur son enfance car il n’aimait pas en parler. Il accompagnait son père dans les champs de canne.

1943:  Elève de la Church of England Mission School, à Palma.

1947:  SAJ étudie au Regent College, à Quatre-Bornes.

1949: Enseignant  au New Eton College.

1951: SAJ s’envole pour l’Angleterre, où il étudie le droit à l’université de Lincoln’s Inn.

1954: Il est reçu comme avocat.

1957: De retour à Maurice, SAJ se lance en politique. Il est élu président du Palma Village Council. La même année, il épouse Lady Sarojini, nom de jeune fille Ballah, en décembre. Deux enfants naîtront de cette union. Pravind Jugnauth et Shalini Devi Malhotra, épouse du Dr Krishan Malhotra.

1963: SAJ est élu au pour la première fois au Parlement sous la bannière de l’Independent Forward Block (IFB) de Sookdeo Bissoondoyal.

1964: Il devient est conseiller de Vacoas-Phoenix.

1965: SAJ est nommé ministre du Développement. La même année, il fait partie de la délégation qui se rend à Londres pour la conférence de Lancaster.

1967: Il est ministre du Travail. Cependant, peu après, il démissionne de ce poste pour une question de principe. Il devient District Magistrate jusqu’en 1969.

1971: Intègre le Mouvement Militant Mauricien. Il se décrit comme un «part-time politician». SAJ gravit les échelons au MMM et a été le choix du parti pour tenir le poste de de Premier ministre en cas de victoire.

1976: Première élection de SAJ après l’Indépendance. Il devient Leader de l’opposition jusqu’en 1982.

1982: En alliance avec le Parti Socialiste Mauricien (PSM) d’Harish Boodhoo, SAJ et les siens du MMM raflent tous les sièges lors des élections. C’est le premier 60 - 0. Il devient Premier ministre. Père du miracle économique, il industrialise le pays en quelques années et arrive à résorber le chômage dont le taux dépasse 20% pour arriver au plein-emploi.

1983: Rupture avec Paul Bérenger. Il déclenche des élections générales anticipées. Avec Boodhoo, il fonde le MSM et contracte une alliance avec le Parti travailliste et le PMSD.

1990: Coalition MSM-MMM pour diriger le pays jusqu’à juin1992.

1995: Deuxième 60-0 de l’histoire. Cette fois-ci, c’est le PTr en alliance avec le MMM qui remporte les élections.  Le MSM de SAJ, en alliance avec le RMM de Jean-Claude de l’Estrac, Prem Nababsing et Sheila Bappoo, tombe.

1998: Il tente un retour au Parlement à travers les élections partielles de Flacq-Bon Accueil. Il est battu par le candidat du Ptr, Satish Faugoo.

2000: Alliance MMM/MSM et accord passé pour qu’il devienne président de la République après trois ans à la tête du gouvernement.

2003: Va à la State House après avoir passé le flambeau à Paul Bérenger.

2010: Avec le MSM en alliance avec le Parti travailliste aux élections, SAJ reste comme président de la République.

2012: Bérenger fait appel à SAJ pour qu’il retourne dans l’arène politique. Il revient et concrétise une alliance MSM-MMM

2014: Le MMM est en alliance avec le PTr. Le MSM se présente aux élections sous la banderole de l’Alliance Lepep, accompagné du PMSD de Xavier-Luc Duval et du Muvman Libérateur d’Ivan Collendavelloo. SAJ devient Premier ministre.

2017: Passation de pouvoir contestée à son fils, Pravind Jugnauth qui devient le nouveau Premier ministre du pays. SAJ reste quand même au Conseil des ministres et porte la casquette de ministre Mentor, dans le but aussi d’éviter une élection partielle.

2018: Drapé de sa toge d’avocat, SAJ marque l’histoire en défendant la cause des Chagossiens devant la Cour internationale de justice (CIJ), à la Haye. Les auditions pour l’avis consultatif demandé par Maurice sur l’excision des Chagos se sont déroulées pendant quatre jours.

2021: SAJ décède à l’ICU de la clinique Darné à l’âge de 91 ans.

Dr Prakash Doolub, cardiologue et médecin perso de SAJ : «Adieu l’artiste»

«Un géant s’en est allé. L’île Maurice a perdu son fils prodigue. Que l’on aime ou pas, SAJ restera. L’homme de la reconstruction économique de l’île Maurice et le père de la modernité. Je perds un ami et vais ‘miss’ terriblement nos discussions  hebdomadaires. Pour moi SAJ aura été l’homme d’état de ce siècle par excellence. Adieu l’artiste.»

Sir Anerood Jugnauth: Portrait d'un bâtisseur

En 2003, SAJ cède la place de Premier ministre à Paul Bérenger et est nommé président. Redécouvrez le portrait du bâtisseur que l'express avait réalisé le 12 octobre 2003.

Sir Anerood Jugnauth a été élu président de la République au terme de l'accord passé en 2000. Rencontre avec un homme simple, satisfait du travail accompli, à l'humour pince-sans-rire, un grand-père gâteau, amateur de foot et de desserts.

C'est le genre de grand-père que l'on aimerait avoir. A la fois sérieux, rassurant et malicieux. Celui qui vous attend patiemment devant la porte, vous fait entrer dans son salon encombré de bibelots plus ou moins heureux reçus au cours de quarante années de carrière. Celui qui, du fond de son fauteuil, entre deux gorgées de thé au lait sans sucre, vous jauge en silence, mine de rien. Qui vous dit d'un ton un peu bougon qu'il ne voulait pas donner d'interview, mais qui se prête de bonne grâce à vos questions, même les plus incongrues.

Le front est toujours dégagé, le port altier, les petits yeux perçants se font rieurs à la moindre occasion, les traits énergiques se sont adoucis avec l'âge, l'air sévère est de plus en plus démenti par un sourire facétieux. Ainsi apparaît Anerood Jugnauth, le président de la République. Oublié, le Jugnauth des années 80, l'individu arrogant qui menaçait de couper le doigt des insoumis. À cette évocation, il part d'un grand éclat de rire, comme s'il s'agissait d'une bonne blague. «C'est qu'ils m'avaient pris au mot!» Aujourd'hui, c'est un vieux monsieur serein, satisfait du travail qu'il a accompli.

Si l'homme s'est assoupli avec le temps et les épreuves, son sens de l'humour, lui, n'a pas pris une ride. «C'est bon pour la santé.» C'est une pirouette au détour d'une phrase, un mot, un propos sérieux dit d'un ton badin. Des plaisanteries, il en fait tout le temps. «Surtout au cours de ces trois dernières années au conseil des ministres», avoue-t-il. L'atmosphère était-elle à ce point si tendue ? «Non, c'était pour éviter qu'elle le soit, justement !»

Cet introverti a dû mal à se livrer, plus habitué qu'il est à écouter les autres. C'est que l'ancien travailleur social fait partie d'une génération où l'on était plus tourné vers les autres que vers soi-même. Quelques réticences donc parci, par-là. Certains sujets dont il ne veut pas parler, comme la cassure de 83, par exemple, qui l'avait rendu physiquement malade. «Une autrefois si vous voulez.» Aujourd'hui, il préfère ne garder en mémoire que les bons souvenirs: sa participation à la conférence constitutionnelle de Londres en 1965, le grand rassemblement au Champ de Mars après la victoire de 82.

Jugnauth est essentiellement un homme simple d'origine modeste, qui n'a jamais cherché à paraître autre chose que ce qu'il était. On le prend comme il est avec son zézaiement, ses emportements et son gilet en laine. Et tant pis s'il parle mal le français et qu'il n'est pas un grand intellectuel. Il n'en a jamais eu la prétention. Lui, ce qu'il aime, ce sont les séries télévisées indiennes, les films indiens «quid enseignent quelque chose» et les histoires policières. «Quand il regarde la télé, il ne faut pas l'agacer», affirme Lady Sarojini. Son «gourou», la seule personne à l'avoir vraiment impressionné, c'est Sai Baba, qui lui a offert la gourmette en or et la grosse bague noire qu'il porte en permanence. «C'est un humain pas ordinaire qui a des dons que les autres n'ont pas. Il m'a prédit des choses qui se sont révélées exactes.» Plus jeune, il cultivait son jardin potager et jouait au bridge deux ou trois fois par semaine, parfois au bord de la mer, avec le père de Roshan Maudho, Associate Professor au MIE et cousin germain de Lady Sarojini, Louloune pour les intimes. «C'était un fin stratège qui savait faire l'impasse. Avec lui, les cartes apprenaient la haute voltige. Il n'aimait pas perdre, surtout si c'était Sarojini sa partenaire.»

Et puis bien sûr, il y a le foot, sa passion de toujours. «Ça peut faire baisser ou monter sa tension», affirme son épouse. Roshan Maudho se souvient encore du jour où Sir Anerood les avait emmenés, son père et lui, dans sa Morris, au stade George V pour voir le match entre Desportivo et l'équipe de Maurice. Et pas question de prévoir une réunion ou un dîner à l'heure de la retransmission d'un match, surtout si c'est Manchester qui joue ! Il lui est même arrivé plus d'une fois de rater une cérémonie officielle. «C'est vrai que si je pouvais m'évader, je le faisais. Quand c'était vraiment inévitable, j'enregistrais le match, mais ce n'est pas la même chose.»

Né à Palma le 30 mars 1930, il vient d'une famille de petits planteurs où un sou est un sou. Sir Anerood garde le souvenir d'une enfance «très malheureuse» sur laquelle il ne souhaite pas s'étendre. «Mais l'époque était malheureuse. On marchait pieds nus, avec un pantalon kaki jaune. Il fallait aller chercher du bois pour faire la cuisine, nourrir les cabris et les vaches, nettoyer la cour.» Son père, à qui il ressemble et dont malgré tout il se sentait proche, était sévère et frappait parfois le jeune turbulent. De même, lorsqu'il sera question d'aller au collège, il faudra toute l'insistance de son cousin Lall pour que le père cède et accepte d'envoyer son fils au Regent Collège de Quatre-Bornes, qui venait d'ouvrir. Bref, chez les Jugnauth, on ne plaisante pas. On a, bien enraciné, le culte du travail et de l'économie.

Deux valeurs que Sir Anerood conservera toute sa vie. Pour lui, la sécurité financière est primordiale. «Si on n'est pas secure financièrement, on ne peut pas aider les autres. Et puis c'était une nécessité. J'avais des obligations, je pensais à mes enfants.» C'est pour cette raison qu'il sera, jusqu'en 1982, mon politicien à temps partiel. «Je ne voulais pas sacrifier ma profession», reconnaît l'ancien avocat. En bon paysan qui aime les valeurs sûres, il a toujours investi dans l'immobilier. «À l'époque où on militait et on faisait grève, lui était propriétaire de 14 maisons et allait récolter ses loyers à la fin du mois», rappelle Dev Virahsawmy, qui a été son conseiller culturel en 1983. «C'est vrai, je n'ai pas honte», répond Sir Anerood en ajoutant: «Maintenant, ils viennent payer à la maison !»

Son instinct d'investisseur atteint son apogée avec le fameux Sun Trust qui fera hurler ses adversaires. En fait, Sir Anerood, comme tous les hommes politiques, a reçu de l'argent du secteur privé pour financer ses campagnes électorales. Mais plutôt que de le dépenser à tort et à travers et dans un souci de transparence, il décide de l'investir, pour son parti, dans un immeuble. Et pour le gérer, ce prudent créé un trust où il place les membres de sa famille.

Il est tellement économe que lorsqu'il était chef du gouvernement, il ne laissait partir ses ministres en mission - hormis celles qui étaient vraiment indispensables - que si leurs frais étaient payés par l'organisme ou le pays invitant. On lui attribue aussi cette réplique, dans une conférence internationale. A quelqu'un qui s'étonnait qu'il n'ait pas d'avion à sa disposition, il aurait répondu: «Oui, mais dans mon pays, il y a moins de mendiants qu'ailleurs!»

Le bonoy, ou pandit, comme l'appellent affectueusement ses cousins, a des idées simples et des jugements parfois à l'emporte-pièce. C'est le bon sens près de chez soi. Ce conservateur carré-carré ne s'est en effet jamais encombré de concepts idéologiques alambiqués. Mais il croit en l'unité nationale, facteur de paix, d'harmonie et de réussite. «II n’a jamais cru aux idées de gauche», assure Dev Virahsawmy. C'est vrai que lorsqu'il entre au MMM en 1971, il n'a pas a priori le profil type du révolutionnaire! « Ils étaient sincères. Je pensais qu'avec mon expérience, je pourrais canaliser cette force. Et le pays était vraiment dans le pétrin», explique Sir Anerood. «C'est un idéaliste pragmatique», résume Roshan Maudho. Si au départ, le jeune Jugnauth a été nourri par les discours de Sookdeo Bissoondoyal, qu'il écoutait quand il accompagnait son père aux meetings, le Premier ministre, lui, sera conquis et inspiré par Lee Kuan Yew, le leader singapourien. «Je me disais, s'ils ont réussi, pourquoi pas nous ?» Idée qu'il mettra en pratique avec le succès que l'on connaît. Reste son passage au Ail Hindu Congress que certains lui ont reproché. «Je n'étais pas membre, mais me suis servi de cette plateforme parce que les partis au gouvernement ne faisaient rien pour rassembler ou motiver ceux qui étaient pro-indépendance. Et puis aussi en réaction à la campagne communaliste du PMSD.»

Ce n'est donc pas LUI visionnaire, mais un homme concret et réaliste qui sait reconnaître les bonnes idées et les opportunités. En fait, Sir Anerood est de la race des bâtisseurs. Il a construit sa carrière politique et façonné le destin de Maurice avec le même soin qu'il a bâti sa fortune personnelle. Méthodiquement et patiemment. Ce qui fait dire à Madun Dulloo, son «dauphin» pendant de longues années, que c'est un carriériste, égocentrique «par instinct de survie et de combattant». Lui répond que son ambition politique s'est affirmée au fil des années. Le député de Rivière-du-Rempart élu en 1963 sous la bannière de l'Indépendant Forward Block qu'il est alors, puis le ministre qu'il sera entre 1965 et 1967, veut avant tout servir son pays, se battre pour l'indépendance et améliorer les conditions de vie de ses compatriotes. Ce n'est qu'aux élections de 1976, alors qu'on le présente comme un futur Premier ministre, qu'il commence à y croire vraiment. «C'est mon camarade Paul Bérenger qui m'a influencé en me disant que j'avais un rôle historique à jouer.» On connaît les raisons de cette mise en avant... Mais ce que le camarade n'avait peut-être pas prévu, c'est que le petit député jouerait parfaitement son rôle de chef appris sur le tas en 1982 !

Alors que les politiciens évitent de prendre des positions trop catégoriques, cet homme à poigne ne fait pas de fausses promesses et n'entretient pas de faux espoirs. «C'est un homme d'action qui n'a pas de face cachée. Le moment venu, il peut prendre des décisions froidement, sans l'annoncer», analyse un partisan. Lady Sarojini en a fait l'expérience. «Le jour où il a démissionné du State Law Office, je l'ai appris par des collègues dans l'après-midi. J'étais en train de corriger des copies du CPE. Il ne m'avait rien dit le matin avant de partir.» Ferme et réfractaire aux lobbies, il applique ses mesures sans démagogie, même si elles sont impopulaires. Quitte aussi à s'enfoncer dans l'erreur, comme dans l'affaire des billets à l'effigie de son épouse.

Sa détermination à toute épreuve, sa persévérance et son «franc-parler à la guillotine» lui ont valu une réputation de père fouettard, inflexible et dur. «On lui a reproché d'être un dictateur. Mais il était sévère parce qu’il le fallait. Il a voulu inculquer le sens des responsabilités à la population», plaide Lady Sarojini. «Je ne l’ai pas fait pour m'amuser, mais pour que le pays progresse et que les conditions de vie s'améliorent. Maintenant, les gens disent que si je n'avais pas été comme ça, Maurice n'aurait jamais décollé. Au moins, j'ai une satisfaction», confirme Sir Anerood. Et de fait, son attitude intransigeante a permis le développement économique en imposant une rigueur- et une discipline. «C'est son apport historique», rappelle un ancien proche. «Alors qu'il y avait un fort courant MMM dans les syndicats, il a maté les grèves. Il a donné sa parole aux investisseurs qu'il ramènerait la paix sociale.» Mais elle a aussi provoqué sa chute en 1995. La défaite était cuisante pour cet homme habité de certitudes. La nation, pensait-il, le rejetait. Une claque qui, même s'il l'a sentie venir, a fait mal, très mal. «Il était vraiment down», confirme Lady Sarojini. Alors, il s'est remis en question. «J'ai essayé d'analyser tout ce qu'on me reprochait et de rectifier. Ça m'a beaucoup aidé pour faire aboutir l'accord en 2000» reconnaît-il. Dans la foulée, il corrige: «C'est faux de parler d'accord de Medpoint. Je n'ai eu qu'une rencontre avec Boodhoo. L'accord s'est fait ici, chez moi.» Mais ce que l'on oublie, c'est qu'en 1995, le MSM faisait face, seul, aux élections, et que mathématiquement il ne pouvait pas les remporter. De sa traversée du désert au cours de laquelle se sont succédé les humiliations et mises à l'écart, Sir Anerood est sorti plus mesuré, avec la volonté de tenir sa promesse et de partir la tête haute trois ans plus tard. Mission accomplie.

Yousouf Ismaël, secrétaire général de la Chambre de Commerce et d’Industrie: «SAJ a toujours compris l’importance du partenariat public-privé»

«Sir Anerood Jugnauth a été un patriote, un bâtisseur hors-pair. Nous saluons sa contribution inestimable au développement socio-économique du pays. Il a toujours compris l’importance du partenariat public-privé et nous reconnaissons son apport considérable. La Chambre de Commerce et d’Industrie présente ses plus sincères condoléances à la famille de sir Anerood Jugnauth, au Premier ministre et à tous ceux durement éprouvés par son décès.»

Face à la foule, la SMF installe des barrières de sécurité

 

Yogida Sawmynaden: «SAJ était un soldat, un bâtisseur, un papa pour la nation et surtout un sauveur»

 «SAJ était un soldat, un bâtisseur, un papa pour la nation et surtout un sauveur. Quand la population a eu besoin de lui, il a été présent pour combattre et surtout pour sortir le pays de la faillite. Nous ne devons pas non plus oublier sa contribution pour Diego Garcia. C’était la dernière fois qu’il a mis sa toge d’avocat pour défendre la cause Chagossienne. Il restera dans l’histoire du pays comme un grand tribun. Même les adversaires politiques doivent reconnaître que c’est l’un des plus grands tribuns que le pays a connu et on lui doit un grand hommage.»

Les funérailles de SAJ se feront selon le protocole sanitaire

C’est un communiqué de la Présidence qui confirme la nouvelle. La veillée mortuaire et les rites funérailles de SAJ auront lieu en privé et selon le protocole sanitaire établi.

 

Malgré l'heure tardive, la foule ne cesse de grossir devant le domicile de SAJ

 

Le 25 juin 1982

SAJ est le nouveau Premier ministre après le premier 60-0 de l'histoire. Il a été photographié ici lors de l'ouverture de la 5e session de l'Assemblée. Harish Boodhoo, son allié politique de l'époque, est à ses côtés.

Décès de SAJ: Modi réagit

C’est sur Twitter que le Premier ministre indien a réagi après l’annonce de la mort de SAJ. Il a rappelé que l’ancien Premier ministre a aidé à forger les relations entre Maurice et l’Inde.

Sir Anerood Jugnauth: «Les Mauriciens sauront choisir»

Le 9 décembre 2014, SAJ donnait une interview à l’express. La campagne électorale tirait à sa fin. Quelques jours plus tard, il a fait son retour en tant que Premier minister pour un sixième mandat. Retrouvez l’intégralité du texte.


Le leader de l’alliance Lepep se dit confiant d’une large victoire aux dépens de l’alliance de l’Unité et de la Modernité. Sir Anerood Jugnauth table sur un vote-sanction et affirme que 50% des militants désapprouvent le rapprochement entre Paul Bérenger et Navin Ramgoolam. L’express a vainement essayé d’obtenir un entretien avec le Premier ministre sortant. Que ce soit à travers son entourage ou ses proches conseillers.

Comment va l’alliance Lepep depuis dimanche ?
Elle est en très bonne santé ! Je vois, par contre, que l’alliance Parti travailliste-Mouvement militant mauricien (PTr-MMM) pe vinn de pli en pli fay. Ils ne cessent de se faire des croche-pieds et Navin Ramgoolam, lui, persiste à insulter Paul Bérenger ainsi que les militants. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment celui-ci peut digérer les propos de son allié sur sa pêche au requin. Je trouve bizarre, connaissant son caractère, qu’il n’ait pas encore réagi.

Aviez-vous prévu, en quittant la State House en 2012, de mener campagne contre Paul Bérenger ?
Tout le monde connaît les circonstances de mon départ du Réduit. C’est lui qui m’a convaincu de démissionner. En me disant que le pays pe koule et qu’il était de notre devoir de le sauver. C’est lui qui est venu à ma rencontre. Il a parlé pendant plus de deux heures. Il m’a dit tout le mal qu’il pensait de Navin Ramgoolam, de ses ministres et des institutions gangrenées par la pourriture.

Linn telma touss mo leker que j’ai fait mon retour à la politique active. J’avais fait une croix dessus, en 2003, lorsque j’ai été fait président de la République. J’ai cru en sa sincérité. Que le Remake 2000 allait affronter les prochaines élections ensemble.

Nous avions cependant des renseignements qu’il y a eu des koz koze entre Ramgoolam et lui. Quand on soulevait la question lors des rencontres hebdomadaires à La Caverne, les membres de l’état-major du MMM montaient sur leurs ergots, juraient que c’était faux.

Paul niait tout trois fois de suite… Sak fwa mo soulev sa kestion la, li saute, li dir zame zame zame. Il m’a assuré qu’il n’y aurait, dorénavant, plus de koz koze sur la réforme électorale avec Ramgoolam. Qu’il allait attendre que le projet de loi soit soumis devant le Parlement.

Je me suis confié aux membres du Mouvement socialiste militant (MSM). Je leur disais que j’avais des doutes sur l’avenir du Remake 2000. Je n’imaginais pas Paul en alliance avec Ramgoolam. Je me suis trompé. Je pensais plutôt qu’on allait vers un three-cornered fight pour les prochaines élections.

Après la fête d’anniversaire en mon honneur, après m’avoir fait manger un morceau de gâteau, il est parti conclure son alliance avec Ramgoolam. Il a alors justifié la cassure du Remake 2000 par les tactiques dilatoires qu’userait Pravind dans le procès qui lui est intenté dans l’affaire MedPoint. L’avocat de Pravind a juste soulevé un point de droit.

L’excuse de Paul était minable. Les militants ne gobant pas son histoire, il en a inventé d’autres. Maintenant on sait, après les déclarations de Ramgoolam, qu’un gro morso lui a été offert.

Vous êtes-vous bagarré avec lui pour que Pravind Jugnauth soit le n°3 d’un éventuel gouvernement MSM-MMM ?
Ecoutez, je ne me suis jamais bagarré avec Paul. Li pe invant bann zistwar. Savez-vous que j’ai insisté pour avoir Vishnu Lutchmeenaraidoo comme ministre des Finances? Il a refusé. Il m’a suggéré le nom de Reza Uteem. Il me disait qu’il y avait beaucoup de pression de la part des musulmans. E ki si pa fer sa, bizin blie vot musulman

Reza Uteem était-il le seul musulman crédible au MMM ?
Je ne sais pas moi ! Laissez-moi terminer… J’ai fini par accepter sa demande. Puis, il y a eu la question du front bench. Il voulait le placer comme n°3. Je lui ai fait part du fond de ma pensée. Pour moi, il était logique que le leader du MSM soit le n°3. Que Reza Uteem soit n°3 ou 4, quelle différence ça allait-il faire ? Est-ce que cela allait amoindrir sa position aux Finances ?

Sa mo lopinion sa. Li finn amerde. Vremem linn amerde. Je lui ai dit que j’étais un homme de principes et que j’allais en parler à Pravind. Ce dernier m’a dit qu’il n’y voyait aucun inconvénient. Monn dir Pravind al dir Bérenger pena problem. Problem-la inn rezoud. B ki problem li pe koze?

Un mois après, Paul est venu soulever l’arrivée présumée de Xavier Duval au sein de l’alliance. Il voulait qu’il soit le n° 4. Je lui ai rappelé que la nouvelle alliance entre le MSM et le MMM était basée sur l’accord de 2000. Là aussi Pravind a dit qu’il était ok.

Pravind Jugnauth n’a-t-il pas eu un rôle trop effacé dans le Remake 2000 vis-à-vis de Paul Bérenger ?
Pravind n’a jamais eu un rôle effacé…. Paul pa kontan li pou enn simp rezon. Quand on était au gouvernement, on voulait apporter une dose de proportionnelle dans le système électoral. Le but principal était de permettre à certaines communautés d’être mieux représentées. Sans bouleverser le verdict des urnes. Il ne fallait pas, comme c’est arrivé à Rodrigues, que l’équipe ayant obtenu une majorité se retrouve subitement en minorité.

Paul a profité que je sois parti au Réduit pour essayer de faire voter ce texte de loi. Je suppose qu’il a dû le faire exprès. Pravind a refusé. Il faut dire que l’avais déjà mis en garde sur ce dossier. Depuis cet épisode, Paul a été particulièrement amer envers Pravind.

Certaines personnes disent que Kobita Jugnauth aurait donné un nouveau souffle au MSM. Quelle est votre opinion à ce propos ?
Mo pa kapav reponn lor la. Cette éventualité n’a jamais été abordée avec moi. Moi, je n’ai aucune objection à ce qu’une femme dirige le MSM, voire le pays. D’ailleurs, on va nommer Ameena Gurib-Fakim comme présidente de la République.

Une campagne électorale à votre âge, n’est-ce pas trop dur ?
Ziska ler mo truv mwa korek ! Je ne sais comment le public me juge. Mon âge ne m’a pas empêché de faire une bonne campagne.

Quel est votre secret ?
Je suis un régime alimentaire strict. Je ne touche pas à l’alcool depuis plus de six ans. Je ne mange rien de graisseux. Je m’abstiens de manger aux réceptions auxquelles je suis invité. Et je ne grignote pas entre les repas. Je ne bois que de l’eau. Du jus frais de temps en temps. Je ne touche pas aux produits en boîte. Je suppose que c’est ce qui me garde en forme. Pena lot sekre. Lot sekre la ar bondie.

Que vous a conseillé lady Jugnauth lorsque le Remake 2000 est parti à l’eau ?
Vous savez, Sarojini m’a toujours mis en garde. Elle m’a conseillé de ne pas faire confiance à sa boug la. Moi, je me disais que, malgré les pressions qui ont été exercées sur moi, je lui ai cédé le poste de Premier ministre au bout de trois ans. Je suis et je reste un homme de parole. Pour moi, il ne pouvait qu’être reconnaissant envers moi et ne pouvait donc pas me trahir.

Paul est un homme pressé. Il a voulu être Premier ministre immédiatement. Et pour tout un mandat. Je ne sais pas ce que Ramgoolam a pu lui promettre d’autre pour qu’il me trahisse. Quand il a pris sa décision, les instances du MMM n’ont fait qu’accepter. Elles sont, après tout, composées de suiveurs.

Je sais que des militants ne sont pas d’accord avec cette alliance mais ils ont peur de le lui dire. Beaucoup d’entre eux sont en train de délaisser le MMM. J’estime que 50% d’entre eux ont déjà abandonné le navire.

Comment expliquez-vous que deux poids lourds doivent sortir les grands moyens face à un «kamion salete»?
C’est Ramgoolam qui nous a traités de kamion salete…. Lalang pena lezo. Li bate kuma li kontan. Li batt fol. Il a oublié qu’il s’est appuyé sur des petits partis en 2005 pour revenir au pouvoir. Je suis actuellement avec le Parti mauricien social démocrate (PMSD) avec lequel j’ai déjà travaillé. Le seul nouveau parti avec moi est le Muvman Liberater d’Ivan Collendavelloo. On sait comment ce parti a été créé. Ivan a claqué la porte du MMM car il veut sauvegarder les principes des militants. Kisann la li pe appel salete ? Parso bann koze la mem, telma li amerd mwa, kumsa mem mo vinn vulger !

Comment expliquez-vous la dynamique de l’alliance Lepep ?
Je dois être franc avec vous. Quand le PTr et le MMM ont conclu une alliance, je voyais déjà un cinglant 60-0. Quand le MSM a organisé son premier meeting en solo à Rivière-du-Rempart, je ne pouvais croire qu’autant de monde se soit déplacé et j’ai revu mon analyse.

On a organisé d’autres meetings et on a vu des foules plus compactes que lorsqu’on était dans le Remake 2000. Je me suis dit que les Mauriciens sont sensés et qu’ils vont sanctionner Ramgoolam. L’alliance Lepep est née lorsque le PMSD nous a rejoints. Ivan était alors déjà avec nous. C’est aussi simple.

Une de vos promesses porte sur la distribution d’eau. Mais qu’avez-vous fait durant les 16 ans que vous avez été Premier ministre ?
Il n’y a jamais eu autant de pénurie qu’aujourd’hui. C’est moi qui ai initié le projet de Midlands Dam. Bagatelle Dam est aussi mon projet. Je voulais des terrains auprès de certaines propriétés sucrières pour le réaliser. Le site avait déjà été identifié par des experts.

Quand Ramgoolam est revenu au pouvoir en 2005, il a choisi un site alternatif rien que pour ne pas traiter avec les sucriers. Pour les raisons que tout le monde sait. Azordi guete ki pe arrive. Terin la pa retenir delo. Delo pe ale. Laissez-moi vous dire qu’on aura des problèmes avec cette digue d’ici quelques années à cause de ces mauvaises décisions.

À mon retour au pouvoir en 2000, j’ai conclu un accord avec l’Union européenne pour remplacer de vieux tuyaux. La Banque européenne d’investissement  a accepté de nous avancer un milliard de roupies pour ce chantier. Encore une fois, Ramgoolam a annulé le projet quand il a été élu en 2005.

À quoi attribuez-vous la défaite de 2005 ? L’alliance MSM-MMM avait un bon bilan pourtant. Est-ce l’arrogance du pouvoir ?
Ou kone nu bizin fran lor la… Quand Paul s’est présenté comme Premier ministre pour cinq ans, une partie de l’électorat n’y était pas favorable. Voilà la vérité. Ne savez-vous pas que Ramgoolam avait mené campagne là-dessus? Il demandait à l’électorat rural de choisir entre lui et Paul. Il trimballait deux photos. L’une de lui, l’autre de Paul. Sous la sienne était écrit Ram, sous celle de son nouvel allié, Rawan (NdlR : démon). Il disait à cet électorat de choisir…

Ou est-ce parce qu’il mettait son nez dans tous les dossiers ?
Il y a aussi de cela. Son conseiller spécial Jean-Mée Desveaux était très mal vu par certains ministres et autres hauts fonctionnaires. Zot ti bien amerde. Zot pa ti dizer so bann interferans. Ils disaient qu’il était bien bien méprisant. Moi, je ne le connais pas. Il était à tous les comités. Les fonctionnaires ne pouvaient le sentir.

Au 21e siècle, n’est-ce pas la compétence qui doit primer pour celui qui aspire à diriger le pays ?
Je suis tout à fait d’accord. Combien de Mauriciens pensent comme nous ? Dites-le moi ? Sa nu lopinion ! C’est pour cela que je lui ai cédé le fauteuil de Premier ministre. Less mo dir ou ! Pour les élections de 2005, des agents sont venus m’interpeller. Ils m’ont invité à demander à Paul de ne pas se porter candidat au poste de Premier ministre.

J’ai dit non. Ils m’ont dit que si c’est ainsi, ils vont travailler pour les travaillistes. Attendez ! Savez-vous que même Rajesh Bhagwan, Jayen Cuttaree et Alan Ganoo m’ont dit la même chose ? Ils ont peur de dire ces choses-là à Paul en face ! Moi, je n’ai rien voulu y faire. J’étais en porte-à-faux. J’étais président de la République. Je ne pouvais me mêler de la politique active. Mo ti dir zot al koz ek li. Me zot per. Zot dir zot pa kapav.

Mettez-vous à la place de Paul : il aurait pensé que je voulais favoriser mon fils. Un groupe du secteur privé a même rencontré Paul. Il l’a insulté. Linn dir zot get zot bizness. Depi kan zot interess zot ek politik. Linn donn zot garanti li pe gagne !

Vous avez été à Plaine-Verte la semaine dernière. L’électorat a-t-il pardonné vos écarts de langage ?
Zame mo finn ena ekar de langaz. Ekskiz mwa ! Enn ferfout ekar de langaz mo pa finn ena. Mes adversaires ont détourné mes propos. Eoula, mo enn boug tro relizie pu insilte Coran. Je ne suis pas un athée comme certaines personnes en politique. J’ai le plus grand respect pour toutes les religions. De même que pour tous les livres sacrés.

Les religions sont comme des routes. Elles mènent toutes à Dieu. Vous pouvez être hindou, musulman ou chrétien mais il n’y a qu’un seul Dieu. Si je suis né hindou, ça doit être pour une raison. Pa lezot dimoun ki pou dir mwa monn mal ne.

La vérité c’est que Mouammar Kadhafi a fait circuler un tract dans le pays dans lequel il insultait des composantes de la nation. Ou kwar dan enn pei Moris kot mo Premie minis mo pou less sa pase ? Mo pou less enn lager relizie eklate dan mo pei ? J’ai convoqué l’ambassadeur de la Libye et je lui ai dit que ces insultes, ces insanités ne pouvaient être tolérées. Je n’ai même pas parlé du Coran.

La Hindu House vous donne sa bénédiction. Que s’est-il passé pour qu’elle retourne sa veste ?
La Hindu House ? Franchement, je ne saurais vous dire. Je n’ai aucune explication. Zot mem zot kone ki va et vient zot inn fer. Mais, à la fin, je les félicite d’être revenus à la raison.

Etes-vous toujours d’accord que les dirigeants de ces groupements défendent leurs seuls acquis ?
Parfaitement. Ils disent agir au nom de toute une communauté. Li pa korek. Car aujourd’hui, les Mauriciens sont intelligents. Ils sauront choisir. C’est pourquoi on voit souffler un vent de changement. Depuis que le Remake 2000 n’est plus, toutes les communautés confondues sont derrière nous.

Quelles seront vos relations avec ces groupements si jamais vous reveniez à l’Hôtel du gouvernement ?
Je n’ai jamais eu de relations spéciales avec ces groupes lorsque j’ai été Premier ministre. Mais je reconnais qu’ils existent.

Raj Dayal est-il un candidat crédible ? Il a déjà été pointé du doigt pour malversations dans l’octroi de contrats par la police...
Est-ce qu’il a déjà été condamné ? Jugé coupable ? C’est Ramgoolam qui a monté toute une cabale contre lui rien que parce que je l’ai nommé. Il y a quelques jours, il a fait transférer un policier parce que ce dernier a eu l’amabilité d’ouvrir ma portière. Avez-vous oublié comment Ramanooj Gopalsing a été remercié ? Bondie kone ki so rezon. Li bizin ziss so bann yesmen ! Nous avons actuellement un commissaire de police tellement effacé qu’on se demande s’il existe !

Quels sont les choix que vous avez faits en tant que Premier ministre et que vous regrettez ?
Je ne vois pas quels regrets je peux avoir. Au contraire, je suis très fier de la façon dont j’ai dirigé le pays entre 1983 et 1995. J’ai sauvé le pays de la banqueroute. Quand j’ai pris la barre, la roupie était dévaluée par 50% et il y avait 100 000 chômeurs. Nous étions endettés jusqu’au cou. Les gens ne pouvaient faire deux repas par jour.

Avec mon équipe, j’ai pris toutes les mesures qu’il fallait pour relancer les piliers économiques ki ti pe al mor. J’ai personnellement introduit de nouveaux piliers, tels que le secteur financier et le port franc. L’industrie du textile a connu un second souffle. Le tourisme a connu un boom et Air Mauritius est devenue une société florissante.

En 2000, j’ai créé la cybercité et lancé le secteur des TIC (Technologies de l’information et de la communication). J’aimerais bien savoir où j’ai failli dans tout ce que j’ai accompli. Enn kiksoz parfwa dimun dir, mo finn sever, dir, hard... Dans un pays, il faut parfois être dur et imposer une discipline du travail bien fait. Il y va de la productivité. Si on ne le fait pas, si on n’applique pas la loi pour tous, il n’y aura pas de paix sociale, pas de développement, pas de prospérité.

C’est vrai, on m’a beaucoup critiqué pour cela. Mo ti pe servi langaz kuma dir mo pou koup ledwa (rires). Me mo pann dir mo pu koup ledwa fizikman. Monn rod dir mo pa pou toler narye. Mo ti sever. Si mo pa ti kumsa, pei la zame ti pou releve, lekonomi zame ti pou inn repran.

Pourquoi tant d’animosité entre Navin Ramgoolam et vous-même ?
Je n’ai jamais cultivé de la haine envers lui. Mo pa finn telma konn li. Mo pa finn frekant li. Je ne connaissais que son père. Sir Seewoosagur me racontait les fraka ki li ti pe fer. Kumsa mem papa la inn aste enn loto nef, li pa oule less li kondir. Papa la dir non, pui linn sede. Kan li pran volan li dir li pou al kraz loto la. La verite linn kraz loto la (rires). Ala ki kalite karakter li ena. Je ne vais pas m’étendre sur ses autres dérapages. À l’étranger. Comme à Maurice (soupirs).

Navin est quelqu’un de très rancunier. Li absoliman kuma enn zanfan gate. Son père, avant sa mort, m’a dit, ainsi qu’à plusieurs personnes, de ne pas le laisser faire de la politique. Ki si less li, sa mem pou pli gran maler sa pei la. Il était encore étudiant quand il est devenu leader de l’opposition. Pendant deux ans, il faisait le va-et-vient entre Londres et Maurice et touchait ses allocations. Ça dit tout sur le type de personne qu’il est.

Ensuite, bien sûr, on s’est critiqué, c’est normal en politique. Quand il a été élu, je l’ai félicité et lui ai souhaité bonne chance. Il a toujours eu une relation empoisonnée avec moi. Nou tou kone kan linn vinn Premie minis an 2005 kuma linn imilie mwa, fer insulte mwa par so partizan an publik. Kuma li dir mwa lev pake ale dan so diskour.

En 2005, je l’ai appelé de nouveau pour le féliciter. Je lui ai dit que je voulais lui parler face-à-face au Réduit, pour lui donner la lettre l’intronisant comme Premier ministre. Il a dit oui. Mais dans l’après-midi, il s’est excusé, disant avoir une prière chez lui.

Moi, je m’étais décidé à lui dire que je sais que nous avions été adversaires et que je peux comprendre que nous ne puissions travailler ensemble. J’avais l’intention de démissionner dans un délai d’un mois. En trouvant une excuse. En évoquant une quelconque raison personnelle. Je ne voulais pas qu’il m’humilie. C’est ce qu’il a choisi de faire. J’ai donc décidé de tini ferm. Il ne pouvait me faire partir sans good grounds. Voyez comme il est malhonnête : pendant un an et demi, il n’est pas venu au Réduit. Il ne m’envoyait aucun document du conseil des ministres. Maintenant, il dit que je lui ai conseillé de ne pas introduire le transport gratuit aussitôt sa prise de pouvoir, ce qui est faux ! C’est un faussaire. Il disait qu’il allait avoir un invité surprise à son meeting, non? Ainsi qu’une bombe. La surprise a été à Vacoas. Moi-même j’ignorais que Kee Chong Li Kwong Wing allait se retrouver sur notre estrade.

Quel est votre pronostic pour le scrutin de demain ?
J’ai fait mon propre assessment. Je n’ai sollicité l’aide de personne. J’ai été partout à travers le pays. Je prévois un minimum de 40 sièges pour nous. Et ça peut augmenter au gré où vont les choses.

Le 5 février dernier, SAJ était à une réception organisée pour la fête du Printemps. C'était sa dernière sortie publique.

Décès de SAJ: défilé de personnalités à La Caverne

 La dépouille de l’ancien Premier ministre a quitté la clinique et le convoi se rendra à son domicile à La Caverne. Les personnalités politiques ont déjà fait le déplacement pour se rendre sur place.

Arnaud Lagesse, CEO du groupe IBL: «Il a aidé à forger notre île Maurice»

Arnaud Lagesse, CEO du groupe IBL.

«Le décès de SAJ est une grande perte pour le pays. Il a fait partie de ces grands hommes politiques qui ont aidé à forger notre île Maurice. À sa famille et au Premier ministre, le groupe IBL et moi-même, nous leur offrons nos plus vives sympathies.»

Un absent mais tellement de présents…

Le départ de sir Anerood Jugnauth était prévisible, son état de santé s’étant détérioré. Hier, la nouvelle de sa mort, survenue à 19 h 41, a été annoncée alors qu’il avait été admis quelques heures plus tôt à la clinique Fortis Darné.

22 H 30 : Après l’arrivée des membres de la Special Mobile Force qui ont placé des barrières pour contrôler le nombre de personnes qui pénètrent dans la maison de la famille Jugnauth, la police permet l’accès aux sympathisants à l’intérieur. Tout le monde veut rendre un dernier hommage à la famille endeuillée. Nous décidons d’entrer aussi. Avec un peu de chance, nous pourrons avoir les images à l’intérieur ou, au moins, voir ce qui se passe

Nous nous joignons à la longue queue dressée devant l’entrée. L’ordre est donné par la police : les personnes peuvent accéder par quatre. Nous parvenons à accéder à la grande porte d’entrée et, bien que nous ayons dissimulé nos cartes de presse, un membre de la sécurité nous reconnaît. «Hey zournalis non.» Nous lui expliquons que même si nous ne pouvons entrer pour des prises d’images, on veut au moins présenter nos condoléances à la famille et avoir un aperçu de l’ambiance à l’intérieur pour la faire vivre à nos lecteurs. Nous sommes autorisés à entrer mais, avant de pénétrer dans la maison, un autre agent de la sécurité nous demande de laisser notre sac à l’extérieur. Nous nous exécutons. Dès que nous franchissons la porte d›entrée, nous sommes accueillis par Kobita Jugnauth et ses deux grandes filles. Elles nous accueillent solennellement par un signe de la tête et un «namaste». Nous prenons à droite où le corps de Sir Anerood Jugnauth se trouve.

Au milieu de la salle se trouve le corps de SAJ. Nous tombons sur son fils, le Premier ministre Pravind Jugnauth, abattu mais qui s’efforce de nous sourire. À notre droite, Lady Sarojini Jugnauth en compagnie de la plus petite fille de Pravind Jugnauth, visiblement très abattue. Nous sommes autorisés à rester à l’intérieur pendant 5 minutes et on nous montre la porte de sortie.

Un peu plus tôt… Dès que le décès de SAJ a été connu, une trentaine de personnes s’étaient massées devant la clinique. Ils étaient, pour la plupart, des habitants du coin, sauf une famille qui venait d’Henrietta. La dépouille du père du Premier ministre a quitté le centre de soins un peu avant 21 heures pour se rendre au domicile du défunt et de son épouse Sarojini à La Caverne, Vacoas. Son fils Pravind a gagné la maison familiale vers 21 h 28… Et la veillée mortuaire a pu commencer en silence et en privé, comme le souhaitait la famille.

Les ministres et les députés du gouvernement sont arrivés par vague devant le domicile des Jugnauth. Parmi eux, il y avait le Dr Anwar Husnoo, Leela Devi Dookhun, Yogida Sawmynaden, Alan Ganoo, Deepak Balgobin ou encore Mahen Seeruttun, de même que le président de la République, Pradeep Roopun. Le speaker, Sooroojdev Phokeer, qui était très proche de l’ex-ministre mentor, y a également été vu. Que ce soit les voisins ou les partisans, la police leur a permis de rendre un dernier hommage à SAJ, à condition qu’ils ne rentrent dans la maison que par groupe de quatre personnes

Le portail de la demeure de SAJ est resté fermé et même la route du Shivala, qui passe devant la demeure des Jugnauth, a été barricadée et son entrée strictement contrôlée, probablement en raison du Covid-19, à moins que cela ne soit pour respecter l’intimité de la veillée mortuaire. Rien qu’une centaine de personnes, principalement des badauds, des journalistes et surtout des policiers, étaient attroupés devant la maison de SAJ. Parmi les forces de l’ordre, il y avait aussi des éléments du poste de Midlands, venus prêter main-forte à leurs collègues de Vacoas, pour contrôler les allées et venues. Mais il n’y avait aucun risque de débordement, les membres du public et ceux du Mouvement Socialiste Militant, fondé par le défunt, s’étant rassemblés en silence et dans la dignité. Par contre, le port du masque et la distanciation physique étaient de rigueur. Ce qui n’a pas empêché des petits groupes de quatre à cinq personnes de se constituer.

Certaines conversations à voix basse valaient la peine d’être écoutées. On racontait des anecdotes ou alors on évoquait les réalisations de SAJ, certains n’hésitaient pas à le comparer à son fils. Le père du miracle économique est parti discrètement alors qu’il n’occupait plus de poste de responsabilité au sein du gouvernement de 2019. Pour un prof d’économie, SAJ était le «père d’un vrai miracle économique. Il a apporté emplois et richesses. Pas un miracle artificiel, basé sur des dettes, sur la construction d’immeubles et le ‘faire labous doux.’ C’était peutêtre le meilleur hommage rendu à Sir Anerood.

 

Ses derniers instants

La nouvelle du décès de Sir Anerood Jugnauth (SAJ) à 91 ans provenant de la clinique Darné est tombée peu avant 20 heures, hier. Dans le premier communiqué officiel émanant de la présidence et disséminé à 22 h 17 par le Government Information Service, l’heure officielle du décès de cette haute personnalité «des suites de maladie» est à 19 h 41.

C’est aux alentours de midi et demi, hier, que SAJ a commencé à avoir des problèmes respiratoires. Face à l’urgence de la situation, l’ancien président de la République a été transporté à la clinique Fortis Darné à bord d’une ambulance spécialisée. Lady Sarojini Jugnauth, devant préparer les effets personnels de son époux, y a été véhiculée peu de temps après. À 13 heures, SAJ était déjà pris en charge par les médecins de la clinique dans la chambre 311 sise au Ward 3. Dans l’après-midi, son fils le Premier ministre Pravind Jugnauth ainsi que sa bru Kobita se sont rendus à son chevet.

Le chef du gouvernement, avons-nous appris, avait auparavant annulé plusieurs rendez-vous et réunions dont une du comité de haut niveau sur le Covid-19, qu’il devait présider hier après-midi au bâtiment du Trésor.

En apprenant la santé fragile de son père, Shalini Malhotra, la fille de SAJ a fait le déplacement de Londres il y a deux semaines. Toutefois, elle n’a pu se rendre au chevet de son père de son vivant jusqu’ici, car c’est aujourd’hui, vendredi que sa quarantaine prend fin.

Quant à Kobita Jugnauth, on apprend qu’elle a été aux petits soins de son beaupère. «Ah oui, rien à dire !», renchérit-on fermement dans l’entourage proche de l’ancien chef d’Etat.

L’on se souvient que le jeudi 13 mai, SAJ a été admis une première fois à la clinique Darné suivant des ennuis de santé. Après deux nuits d’hospitalisation, ses médecins traitants ont signé sa décharge le samedi 15 mai.

La semaine qui a suivi, l’ancien président et Premier ministre a séjourné une semaine à l’hôtel Maradiva, à Wolmar, Flic-en-Flacq, un établissement cinqétoiles appartenant à la famille de sa bru Kobita Jugnauth. Le week-end de la fête des mères, SAJ était de retour à sa résidence à La Caverne.

«Il faisait trop froid à La Caverne et il s’y est rendu pour se reposer», explique Bissoon Mungroo. Ce dernier, un die hard de SAJ, figure parmi les rares à avoir rendu visite à SAJ à sa résidence à La Caverne avant son ultime hospitalisation. Car, sur avis de ses médecins, le repos était recommandé à SAJ.

D’ailleurs, celui qui est notamment réputé comme l’un des organisateurs attitrés des anniversaires de SAJ mais qui est surtout l’un de ses plus fervents supporters depuis 1987, n’est pas prêt d’oublier leurs derniers échanges.

«J’étais chez lui vers midi hier. D’ailleurs, ces derniers temps, j’y étais presque tous les jours, gramatin, tanto. Quand je l’ai quitté hier pour me rendre à Port-Louis, il m’a dit asize do matelo ki fer ou prese», se remémore Bissoon Mungroo.

Ce dernier concède toutefois que jamais il ne se serait attendu à voir un SAJ dans «une situation aussi pénible et qui ne se déplaçait qu’en fauteuil roulant ces derniers temps». Avant de rajouter tout de suite après : «Pénible mais il était toujours jovial.»

Pourtant Bissoon Mungroo, qui comptait se rendre à nouveau à La Caverne dans l’après-midi, était loin d’imaginer que c’était là sa dernière conversation avec celui qui a servi comme président de la République et Premier ministre de ce pays.

Le 21 janvier 1980

SAJ en compagnie de son épouse après sa nomination comme Queen's Counsel.

 

En 2003, SAJ est nommé président

L’express avait consacré deux pages de l’édition du 6 octobre 2003 au parcours de ce géant de la politique. Redécouvrez le texte de l’époque.

Anerood Jugnauth: la méthode du succès

Dès ses débuts en politique, l'homme paraît singulier. Anerood Jugnauth est "the odd man out" au commencement de sa carrière de parlementaire au sein du mouvement militant mauricien (MJVIM). Et pour les jeunes militants, tout démarre en 1976, pas en 1971. Une bonne partie de cette année est déjà entamée quand le gouvernement travailliste de Sir Seewoosagur Ramgoolam permet la tenue des meetings publics. Ils sont autorisés uniquement dans les salles de cinéma, et démontrent alors que le MMM n'a plus la même popularité qu'en 70 et 71.

Lors d'un meeting MMM au défunt cinéma Opéra House, à la Plaine-Verte, un jeune qu'on annonce très pro- metteur, Bashir Khodabux, prend la parole pour la première fois. A cinq minutes du début du meeting se présente un homme en costume noir usé, coupé à l'ancienne. C'est Anerood Jugnauth, celui qui sera le Premier ministre d'un éventuel gouvernement MMM. L'homme est moins réservé qu'il ne le sera par la suite. Il est plutôt expansif et se dirige tout droit vers un petit groupe dans lequel se trouve un journaliste du Militant et d'autres jeunes qui vont par la suite faire une brillante carrière politique.

Jugnauth évoque avec ce groupe les «gabezies» des travaillistes et la «remontée» du MMM aux quatre coins de file. Gabegie est un terme que tous les orateurs MMM utilisent à l'époque. Le groupe en question se moque de son zézaiement. On récuse le discours de cet homme qui ne s'habille pas comme les autres militants, qui ne parle pas comme eux, un homme en décalage avec la jeune génération MMM. On le considère comme un opportuniste. D'ailleurs, Heeralall Bhugaloo utilisera ce terme en évoquant le Jugnauth d'avant 76. Aux côtés de Jugnauth pour la mise en place du Hindu Congress en 1964, il dira : «Toutefois, Anerood Jugnauth allait être prudent et calculateur, même un peu opportuniste. Officiellement, il ne sera pas au Hindu Congress mais il utilisera cette plate-forme pour faire avancer ses idées tout en étant officiellement au IFB. En écrira pas non plus dans le journal du Hindu Congress, qui était un symbole à l'époque!' Heeralall Bagaloo dira aussi que dans les années 60, Jugnauth faisait montre d'une ' force de caractère exceptionnelle, d'un t’empeignent fort sans être un grand idéologue, sans idées brillantes»

Pour les jeunes militants de 1976, Jugnauth n'a pas le charisme d'un Paul Bérenger, ni même celui d'un Seewoosagur Ramgoolam. Comme avocat, Kader Bhayat et Madun Dulloo semblent être plus percutants. Jugnauth ne vaut pas, en tant qu'homme de loi, un Gaétan Duval ou un Madun Gujadhur. Il n'a ni épaisseur ni stature. On pense tout bas qu'il ne sera jamais qu'un second couteau. Cette perception des jeunes est une impardonnable erreur. Binod Bacha nous dira d'ailleurs que dès 71 les militants étaient victimes d'un énorme fossé des générations.

Anerood Jugnauth va démontrer six ans plus tard qu'on s'est trompé sur son compte, sur son idéologie et son potentiel. Il démontre qu'il sait non seulement s'adapter mais est aussi capable de se métamorphoser. Il va prendre l'ascendant sur ses pairs et ses supérieurs en quelques mois. D'ailleurs, Sir Seewoosagur Ramgoolam, Gaétan Duval, Madun Dulloo et Madun Gujadhur travailleront sous ses ordres à partir de 1983.

Six ans après le meeting de l'Opéra House, Jugnauth va plus que surprendre ces journalistes et jeunes militants qui se moquaient de lui. En leader charismatique, il va gagner plusieurs d'entre eux à sa cause pour la mise en œuvre d'une politique qui va étonner file Maurice, l'Afrique et le monde, avec des réalisations exceptionnelles. Le miracle économique ne sera autre que la réalisation du rêve africain : industrialiser le pays en quelques années et résorber un chômage dont le taux dépasse 20 % en 1982 pour arriver au plein-emploi.

Coupeur de cannes dans sa jeunesse

La mauvaise appréciation des jeunes, en 1976, sur Jugnauth tient au fait que, pour eux, l'histoire politique d'Anerood Jugnauth commence en 1976 ou un petit peu avant. Tout ce qu'ils savent alors de son passé se trouve dans quelques phrases prononcées dans les meetings de l976. «Mo ti ène magistrat, mais mo pas fine d'accord quand mo fine trouve courna zotte ti pé arrête dimoune, couma zotte t ipé joué are ou liberté. Mo fine dire ki mo pas d'accord avec ça et moffine démissionné comme magistral».

Très peu de jeunes savent alors que cet avocat originaire de Palma a été coupeur de cannes dans sa jeunesse avec son père; qu'il a été élu au Parlement dès 1963; qu'il a été ministre du Travail et a démissionné de ce poste pour une question de principe. Il a brillamment participé au combat pour l'Indépendance et joué un rôle important lors de la conférence constitutionnelle à Londres. On croit son discours et son idéologie différents de ceux des jeunes militants parce qu'en 1976, la plupart des jeunes ignorent tout de son parcours politique. Or, dès 1963, dans son premier discours au Parlement sous la bannière de l'Independent Forward Block (IFB), il déclare ceci :

«... We must stop thinking about communities, we must stop thinking in terms of Hindus, Muslim or General Population. We must try to think in terms of Mauritians because everyone born in this country, who is a citizen of this country, has got equal rights and we have got to see to it that with progress and independence those rights are respected, be it the right of a Creole, of a Muslim, of a member of the general population or of a Hindu. There is no question of the majority ruling over the minority...»

Anerood Jugnauth évoque dès 1963 au Parlement des sujets aussi divers que le sort des travailleurs de l'industrie sucrière, le racisme, etc. Il exprime là très en avance ce que le MMM va dire en d'autres termes à partir de 1970 sur l'unité nationale et qui donnera lieu aux slogans «Ene sel lépep, ène sel nation» et «L'unité dans la diversité».

Mais Jugnauth lui-même va entretenir la vison tronquée que certains se font de lui dès la campagne électorale de 1976. Le MMM sera le parti qui fera élire le plus de députés sous sa bannière. Mais il se voit souffler le pouvoir après une coalition de Sir Seewoosagur avec le Parti mauricien social-démocrate (PMSD). Le MMM entre donc au Parlement après les élections de décembre 1976 dans l'opposition. Jugnauth assumera un rôle de leader de l'opposition de second plan, Paul Bérenger lui volant la vedette. Jugnauth en choquera même certains en disant qu'il n'est qu'un «part-time politician» au sein de l'opposition MMM. Il privilégie sa carrière d'avocat et s'occupe de ses clients à son bureau vétusté et mal éclairé au Bahemia Building.

Il faut attendre 1992 pour qu'il explique son comportement entre 1976 et 1982. «Je me voulais pas abandonner ma profession. J'avais des responsabilités familiales et pas de fortune personnelle... » ("1982-1992 : les années décisives"; Prérigraph Ltd).

En 1982, quand le MMM, avec son allié Harish Boodhoo du PSM, remporte une victoire de 60-0, le pays n'a pas besoin d'un part-time Prime minister. Il lui faut plutôt un «dream team» pour sortir du marasme économique : 20 % de chômeurs, les caisses de l'Etat pratiquement vides avec des devises étrangères équivalant à une semaine d'importation seulement et une dette de Rs 6751 millions.

Mais l'équipe 60-0 travaille dans une certaine pesanteur idéologique qui ira jusqu'à offrir à la population une version créole de l'hymne national dans laquelle la référence à Dieu est occultée.

Dès septembre 82 apparaissent les signes d'une lutte intestine au sein de l'alliance MMM-PSM-OPR. La pilule qu'offrent alors le FMI et la Banque mondiale pour sortir Maurice du marasme n'a rien de socialisant. Anerood Jugnauth ne maîtrise pas encore la machinerie gouvernementale et tâtonne avec autour de lui un establishment hérité du Parti travailliste, soit des hommes qu'il ne connaît pas très bien. C'est sa survie politique même qui est menacée après sa victoire de 60-0. «Quelques mois après la victoire, Jugnauth n'avait pas beaucoup de temps pour penser au pays. Sa priorité était sa survie politique. Il y dépensait toute son énergie. Il tâtonnait et n'avait pas totalement confiance dans l'establishment qu'il aurait hérité de Sir Seewoosagur. C'était une période intérimaire», explique Bhinod Bacha.  

Or, l'establishment qui, souligne Bhinod Bacha, se devait d'être apolitique pour travailler pour le Premier ministre en place, va protéger et conseiller Jugnauth. Celui-ci survivra à la cassure du gouvernement 60-0 en mars 1983 alors que Bérenger se retrouve dans l'opposition avec un groupe de députés MMM.

Jugnauth va alors fonder le Mouvement socialiste militant (MSM) dans lequel se fonde le Parti socialiste mauricien. Le MSM fait une coalition avec le PMSD et le PTr et remporte les élections générales. «A son arrivée au pouvoir, en 1983, Jugnauth est entouré de gehs qui connaissent bien la machinerie gouvernementale, dont Sir Gaétan Duval et Sir Satcam Boolell. Jugnauth est un quick learner et il maîtrisera très vite cette machinerie», explique Bhinod Bacha.

Jugnauth concrétisera alors sa vision économique du pays. Dès 1983, les investissements font un bond considérable : de Rs 19 millions en 1983 à 68 millions en 1984. Les usines, 122 en 1983, passent à 591 en 88. Les exportations sont multipliées par huit entre 82 et 89. A partir de 1985, la zone franche dépasse le secteur sucre en termes d'apport en devises étrangères. Maurice réussit sa transition vers une économie industrielle.

Beaucoup expliqueront ce «miracle» en évoquant la chance. Il est vrai que Jugnauth bénéficie, alors qu'il lance des campagnes pour attirer des investisseurs, d'une bonne condition climatique (on dira que les cyclones le craignent) et d'une bonne conjoncture internationale (HongKong cherche à investir ailleurs avant sa rétrocession à la Chine continentale).

Ceux qui ont travaillé avec le leader expliquent qu'il y a la «méthode Jugnauth» derrière ce miracle. C'est le cas de Bhinod Bacha, Daya Heeralall, Kanti Benymandhub, Iswarduth Purrung, Philippe Chan Kin et Cyril Nicholas. Ils évoquent aussi une formidable aptitude à identifier les hommes talentueux.

«He has been a good talent spotter», dira Bacha. Ainsi Jugnauth va réunir une équipe gagnante avec Sir Gaétan Duval, Vishnu Lutchmeenaraidoo, Kailash Ruhee, Kishore Deerpalsingh, Madhun Dulloo et Rama Sithanen. Il cherche toujours à bien maîtriser ses dossiers et demande conseil auprès des fonctionnaires mais également auprès des experts du secteur privé. «Il écoute tout le inonde, pèse toujours les conséquences possibles de chaque décision. Il se fait aussi un devoir de rencontrer les investisseurs locaux ou étrangers et cela a un impact considérable sur ces derniers. H les dirige ensuite sur d'autres ministres compétents, ce qui donne confiance ainsi que la volonté du gouvernement d'aller très vite», explique Bhinod Bacha qui a travaillé pendant dix ans avec Sir Anerood.

De la confiance à la répudiation

Mais malgré le succès économique, Jugnauth ne peut empêcher des remous politiques qui secouent sa coalition. Le père du «miracle économique» semble avoir un talon d'Achille : lorsqu'il fait confiance, il donne quasiment carte blanche. C'est ce qui va lui valoir certains déboires, pour commencer avec Harish Boodhoo avec lequel il passe d'une confiance absolue à la répudiation. Il chassera ainsi plusieurs de ses hommes dont Vishnu Lutchmeenaraidoo et Rama Sithanen.

Les coalitions se font et se défont très vite, aussi vite que le développement économique du pays.

Si le gouvernement de 60-0 ne règne que de juin 82 à mars 83, le MSM garde le pouvoir seul d'avril 83 à août 83 avec l'OPR Puis de septembre 83 à février 84, c'est une coalition MSM-Ptr-PMSD qui gouverne le pays. Le PTr sort entre mars 84 et juin 86 et réintègre la coalition jusqu'en septembre 1990. Le PMSD sera hors de cette coalition à partir de juillet 1988. En octobre 1990, Sir Anerood réunit de nouveau la grande famille avec une coalition MSM-MMM pour diriger le pays jusqu'à juin 1992. Paul Bérenger sort en 1993 et une nouvelle scission se fait au sein du MMM avec la naissance du RMM. Deux ans après, Anerood Jugnauth perd le pouvoir et on le croit fini. Une coalition MMM-PTr prend le pouvoir, menée par Navin Ramgoolam qui expulsera Paul Bérenger.

Au pouvoir ou hors du pouvoir, Jugnauth a toujours mené une vie stricte. Le garçon qui marchait de Palma à Quatre-Bomes pour aller au collège a su s'imposer une alimentation saine.... fruits et yaourts. A la maison, il suit surtout les documentaires et adore les séries télévisées indiennes, prend un ou deux whisky, mais jamais plus, confie Joe Lesjongard. Il possède un profond sens de l'humour et aime raconter quelques «jokes», même au Conseil des ministres pour détendre l'atmosphère. «Lors de nos participations dans les conférences internationales, il évoquait souvent son enfance difficile de fils de planteur à Palma», confie Bhinod Bacha qui l'a accompagné de nombreuses fois.

Très croyant, il évite cependant la publicité autour de sa foi et prie dans l'intimité, ce qui poussera le public à croire que Sir Anerood Jugnauth est un grand superstitieux qui a recours à des astrologues indiens. Ces derniers lui auraient d'ailleurs confié un talisman, une grosse bague noire qu'il porte en permanence. «Archifaux», affirme Bhinod Bacha qui explique que la bague en question a été offerte à Sir Anerood par Sai Baba quand le Premier ministre l'a rencontré en Inde. «Il a dors toujours porté cette bague par respect.»

Au fond, Sir Anerood reste un homme très affable et sincère qui sait faire preuve de reconnaissance, diront ses fidèles gardes du corps.

En 1983, lors de la rupture avec Paul Bérenger, Jugnauth déclare ouvertement qu'il estime que Bérenger mérite d'être Premier ministre et qu'il lui aurait volontiers confié le pouvoir si ce dernier avait la patience d'attendre. Il était sincère dans cette déclaration. Ce désir d'offrir le pouvoir à Paul Bérenger sera mis sur papier lors de l'accord de Med Point en vue d'une coalition MSM- MMM pour les élections de 2000.

Cet homme qui a su concrétiser sa vision d'une île Maurice industrialisée et bénéficiant du plein-emploi est venu au pouvoir en 2000 avec une toute autre idée. Faire du pays une cyber-île. Un autre pari à gagner...

Nando Bodha, député indépendant: «Quand on regarde une forêt et qu’on ne voit plus le grand arbre, tout prend une autre dimension»

Nando Bodha, député indépendant.

«Je suis très bouleversé. SAJ est quelqu’un qui m’a beaucoup inspiré pendant plus de 40 ans. J’ai eu le privilège de le côtoyer, de travailler et de combattre à ses côtés dans les moments difficiles, les traversées du désert, mais aussi les moments de gloire. SAJ va laisser un vide immense, il a marqué notre histoire et cela sur plusieurs générations. Quand on regarde une forêt et qu’on ne voit plus le grand arbre, tout prend une autre dimension. Je présente mes condoléances à son épouse, le Premier ministre et à toute la famille. Nous avons perdu un grand homme.»

Décès de SAJ: les hommages des Mauriciens

Depuis l’annonce du décès de SAJ, les habitants de La Caverne se sont déplacés vers son domicile pour lui rendre un dernier hommage. Ils se confient.

Xavier-Luc Duval, leader du PMSD et de l’opposition: «SAJ a marqué l’histoire de notre pays de par sa contribution au développement économique et social»

Xavier-Luc Duval, leader du PMSD et de l’opposition.

«Sir Anerood Jugnauth, six fois Premier minister, a marqué l’histoire de notre pays de par sa contribution au développement économique et social. J’ai eu l’occasion de travailler au sein de son gouvernement en deux occasions en 1995, et de 2015 à 2016. En ce moment difficile, je présente mes sincères condoléances à son épouse Lady Sarojini Jugnauth, à son fils Pravind, à sa fille Shalini, ainsi qu’à ses proches durement éprouvés par son décès».

Ivan Collendavelloo: «Le pays a perdu quelqu’un de grand qui a beaucoup fait pour toute la population»

«Peine et détresse qui est partagée par tout le pays et même internationalement. Je le connais depuis enfant, nous étions tous de La caverne. Je l’ai connu comme avocat, dans le domaine politique et aussi dans le domaine personnel. J’ai vu sa bonne humeur et son caractère. Le pays a perdu quelqu’un de grand qui a beaucoup fait pour toute la population. Mes sympathies à Lady Sarojini Juhnauth, Pravind, toute sa famille et tous les amis du MSM.» 

En 1982, SAJ, Premier ministre, tient un meeting de remerciement après la victoire écrasante du MMM aux élections.

Un jeune Anerood Jugnauth retourne de Londres en 1965

Il fait partie de la délégation partie à Lancaster House pour la conférence constitutionnelle sur l’Indépendance. Il est alors un jeune ministre dans le cabinet de sir Seewoosagur Ramgoolam.

 

Ben Annavey, président du SAJ Fan Club: «Je l’ai vu pour la dernière fois, hier matin, nous avons longuement parlé»

«C’est une grande perte pour le pays et la classe politique. SAJ a été un homme sincère, honnête et aussi très discipliné. Je suis anéanti par cette perte. Je l’ai vu pour la dernière fois, hier matin, nous avons longuement parlé. Je n’arrive pas à croire qu’il n’est plus. Mo bien sagrin, mo atristé. Se enn gran perte. Nous avons célébré son anniversaire pendant des années durant. Malheureusement, ces deux dernières années nous n’avons pas pu à cause du Covid-19. Zamai nou ti pe raté sa !»

Depuis l'annonce de la mort de SAJ, les proches mais aussi et des Mauriciens se sont mobilisés pour se rendre devant son domicile

Reza Uteem, député du MMM: «Son dernier combat a été pour les Chagossiens»

Reza Uteem, député du MMM.

C'est avec tristesse que Reza Uteem a réagi au décès de sir Anerood Jugnauth. «On a certainement eu des divergences politiques dans le passé mais on ne peut oublier qu'il a été un chef d'État et du gouvernement. Il a œuvré pour le développement économique de Maurice», soutient le député mauve. 

Il retient de lui son «dernier combat qui a été pour les Chagossiens». «Je me souviens de son intervention devant la Cour internationale de Justice pour défendre la cause chagossienne. Je présente mes sympathies à sa famille», déclare-t-il.

Rajesh Bhagwan, député du MMM: «C’était un Fighter. Il savait prendre des décisions»

Rajesh Bhagwan, député du MMM.

«Je suis très triste. Premièrement, je présente mes condoléances à Lady Sarojini Jugnauth, son fils et toute la famille. Je connaissais sir Anerood Jugnauth depuis 40 ans, soit vers les années 1981. C’était un fighter», affirme Rajesh Bhagwan, député du Mouvement militant mauricien (MMM). Il l'a côtoyé en 1983 quand SAJ était Premier ministre mais aussi en tant que PPS sous l'alliance MMM/MSM. 

En 2000 et 2005, Rajesh Bhagwan se remémore des «moments inoubliables» en travaillant avec sir Anerood Jugnauth. «Il était à l'écoute et savait prendre des décisions. Il aimait son pays et voulait que Maurice progresse. D'ailleurs, il a laissé une grande empreinte sur l'histoire du pays. C'était une grande personnalité qui a été Premier ministre, leader de l'opposition et président de la République», précise-t-il. Selon lui, l'île Maurice perd un grand fils du sol.

Navin Ramgoolam: «Se enn paz de nou listwar ki pe tourne»

SAJ est mort ce soir à l'âge de 91 ans

L'ancien Premier ministre et Président de la République est mort ce jeudi soir. L'express présente ses condoléances à la famille de sir Anerood Jugnauth.

Patrick Assirvaden, député du Parti travailliste: «Une perte pour le pays»

Patrick Assirvaden, député du Parti travailliste.

«D’abord, j’adresse toutes mes sympathies à la famille Jugnauth et au Mouvement Socialiste Militant. Sir Anerood Jugnauth a dirigé le pays depuis des années. On s’incline devant la perte du pays», nous a déclaré Patrick Assirvaden, député du Parti travailliste. Selon lui, ce dernier était un mauricien particulier, ayant commencé très bas et gravi les échelons pour être Premier ministre pendant plusieurs années. «On pensera toujours à SAJ qui disait les choses telles quelles», ajoute-t-il.

SAJ accède au poste de Premier ministre en 1982. Cette photo a été prise le jour de l'annonce des résultats des élections de cette année.

Sir Anerood Jugnauth est décédé

La dernière rencontre de courtoisie de SAJ a eu lieu le 22 février dernier, lorsque le Dr Subrahmanyam Jaishankar, ministre des Affaires étrangères de l'Inde, lui avait rendu visite

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