Quand Bérenger et Duval aident Jugnauth

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En rencontrant la presse hier sans Navin Ramgoolam ou Arvin Boolell, Paul Bérenger et Xavier-Luc Duval font, malgré eux, le jeu du régime actuel. Ce sera perçu ainsi, qu’ils le veulent ou pas.

Le leader du MMM et celui du PMSD, deux politiciens extrêmement rusés, trop même sans doute (qui ne s’aimaient pas trop auparavant), ont, certes, pris grand soin de ne pas égratigner le Parti travailliste, encore moins son leader (qui demeure avant tout leur «ami»), mais le fait de rencontrer la presse, sans le leader de l’opposition (soit le consensuel Arvin Boolell), envoie un signal de désunion, qui ne peut que casser le momentum antigouvernemental, observé lors des récentes marches citoyennes.

En focalisant sur les prochaines municipales, qui auront lieu d’ici quelques mois, et pour lesquelles ils se sentent fort, ils font subir au Parti travailliste ce que ce parti leur avait fait subir avant les villageoises, quand Ramgoolam avait pris ses distances de ces deux partis résolument urbains.

Si Duval et Bérenger pensent pouvoir faire pression sur le PTr, en snobant à la fois Boolell et Ramgoolam, ils risquent, avec ou sans Roshi Bhadain, de créer une situation intenable sur l’échiquier. En les écoutant hier, ils disent vouloir placer l’intérêt du pays avant leurs considérations amicales, d’où la décision de voguer sans les travaillistes, le temps que ces derniers règlent leurs problèmes de leadership en général, ou le sort de Ramgoolam en particulier. Ils sont arrivés à cette conclusion, ont-ils soutenu hier, en écoutant le feedback du terrain.

Si cela est vrai, alors leur écoute est sélective, pour ne pas dire incomplète, car la rue réclame non seulement le retrait de Ramgoolam, mais aussi la fin du système politique actuel, avec son lot de dynasties qui dominent la scène, des fois même, avant l’Indépendance. Le problème de leadership n’est pas un problème qui existe uniquement au sein des Rouges, il est aussi mauve, bleu, orange, dans les syndicats, chez les leaders d’opinion, bref tous ces dinosaures que d’aucuns veulent garder en vie, en prenant, par opportunisme, Joe Biden comme référence.

Ce que MM. Bérenger et Duval ne disent pas non plus, c’est que le MSM ne peut que se réjouir que l’opposition se décompose de la sorte. Alors qu’on aurait dû avoir une opposition forte, composée de tous les partis et de tous les mouvements citoyens, comme lors de la marche du 13 février, pour contrer les abus et le totalitarisme de ce gouvernement, triste est de constater que les problèmes d’ego viennent apporter indirectement du sérum au régime.

Il y a aussi un autre risque, puisque tout est possible en politique, n’est-ce pas ? Si le tandem Ramgoolam-Boolell, blessé dans leur ego justement, accepte comme en 2010 de travailler, avec la bénédiction de l’Inde, avec Jugnauth, ne court-on pas le risque de fracturer davantage le pays along Ethnic Lines? L’express pose la question, en toute indépendance… À moins que Jugnauth ne récupère, pour finir Ramgoolam, soit le PMSD ou le MMM, ou les deux à la fois. Scénarios, scénarios, tous révélateurs d’une situation extrêmement fluide et d’une période décidément cruciale pour notre pays !

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