Des habitants de Tamarin bloquent l’accès au chantier de Legend Hill

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Un projet immobilier sur La Tourelle de Tamarin suscite un tollé depuis quelque temps. Outre l’aspect sécurité mis en avant, la protection de la nature fait aussi débat.

«Protez nou montagne»,«Respekte ban zabitan», ou encore «Stop developman sovaz», disaient les pancartes des manifestants hier à Tamarin. Les habitants de la région mais aussi de Rivière-Noire se sont regroupés pour exprimer leur mécontentement face au projet immobilier couvrant plus de 20 arpents sur la montagne La Tourelle. Ils étaient plus d’une cinquantaine à avoir bloqué l’accès à l’entrée de Marguery Villas, qui mène au chantier du projet.

Les premiers protestataires sont arrivés devant le portail de Marguery Villas aux alentours de 7 h 25. Les résidents les y attendaient. Quelques minutes plus tard, ils ont été rejoints par d’autres manifestants. Ils n’avaient qu’un objectif : bloquer l’accès aux chantiers. Et lorsque les ouvriers du site sont arrivés sur les lieux, les manifestants se sont massés pour les empêcher de passer.

Idem pour les camions, chefs de chantier et ‘contracteurs’. Si dans un premier temps, les habitants souhaitaient bloquer l’accès uniquement aux employés du chantier de Legend Hill, la compagnie de sécurité de Marguery Villas a préféré interdire l’accès à tous les chantiers pour une question de sécurité. Une décision qui a créé une grosse tension.

Percy Yip Tong, l’initiateur de cette protestation, souligne qu’ils bénéficient du soutien du conseil de village de Rivière Noire et de celui de Tamarin. Les travaux doivent cesser, affirme-t-il, tout en précisant que des actions légales sont prévues. «Nous demanderons au conseil de district de requérir un stopping order contre Legend Hill. Nous demanderons par la suite une injonction. S’il faut montrer qu’il y a peut-être des autorisations qui ont été données à la légère, et qu’il y a eu des interventions au niveau des autorités, on le fera.»

Percy Yip Tong a aussi évoqué la sécurité des habitants. «Ce projet est construit sur une pente de 40 degrés. Les habitants de Marguery ne sont pas contents car cela provoque des craquelures dans leurs maisons. L’écoulement naturel des eaux de pluie est également un danger, que ce soit pour les habitants de ces futures villas et appartements ou pour ceux qui vivent dans le voisinage. Nous avons été témoins d’inonda- tions conséquentes durant les dernières années», explique-t-il.

Également présent, Vassen Kaupaymuthoo, expert en environnement mais aussi habitant de Marguery Villas. «Une pente de montagne abrupte est connue comme une environmentally sensitive area. En sachant que nous sommes en pleine période de crise climatique, les pluies torrentielles, qui sont de plus en plus fréquentes, abîmeront les propriétés et peuvent représenter un danger pour la vie humaine», affirme-t-il. Avant d’ajoute : «Cette montagne, qui est recouverte d’argile grise, est comme un tapis roulant lorsque la matière rocheuse est saturée d’eau. Certaines propriétés sur la montagne ont été légèrement affectées par le phénomène.»

Explications réclamées 

L’octroi du permis par l’Economic Development Board (EDB) suscite également des interrogations. Selon le rapport d’Environmental Impact Assessment (EIA), le chantier se trouve sur une pente d’in- clinaison d’environ 33 % à 40 %. Or, le Planning Policy Guidance 9 (PPG9) précise qu’aucun développement n’est autorisé sur une pente de plus de 20 % d’inclinaison… sauf dans des cas exceptionnels. De plus, alors que des développements ne doivent pas dépasser 45 mètres au-dessus de la base de la montagne ou dans le cas de pentes faisant face à la mer, 45 mètres audessus du niveau moyen de la mer, le projet immobilier se situerait au-delà de 45 mètres d’altitude.

Percy Yip Tong réclame ainsi des explications de l’EDB. «Un projet en 2017 sur le même site n’a pas été approuvé par l’EDB. Donc pourquoi celui-ci coûtant des milliards fait-il exception ? L’EDB doit s’expliquer.»

Bruneau Laurette, également présent, souhaite aussi avoir des éclaircissements sur l’allocation des permis. «Nou anvi kone si ena lame bann minis ladan. Et selon des informations reçues, les permis ont été alloués durant le confinement.»

Les villageois sont, pour leur part, dépités. «Voir cette montagne défigurée me fait mal au cœur. Ce projet représente un réel danger pour ceux qui habitent en contrebas. au cours du mauvais temps, les routes seront envahies de rochers, d’eau de pluie et de boue», confie Sylvio Éléonore, habitant de Tamarin et ancien président du conseil de village.

Jean Georgino, habitant de Rivière-Noire, est inquiet pour sa famille et ses voisins. «Alors que le promoteur gagnera de l’argent, nous, nous vivrons avec la frayeur de nous faire inonder ou de voir des éboulements», dit-il. «Tout le monde se plaint qu’à Rivière-Noire, il fait chaud mais on persiste à raser les montagnes et à nuire à l’environnement.»

Une autre habitante est, quant à elle, inquiète pour l’écosystème. «On détruit l’habitat des singes qui vivent sur La Tourelle. Où iront-ils ? Certains envahissent déjà les propriétés de luxe. Ils deviennent agressifs car ils ont faim.» Selon les habitants, la manifestation aura lieu tous les matins jusqu’à l’arrêt des travaux.

Par ailleurs, Percy Yip Tong a annoncé que SOS Salines organisera une marche, le samedi 27 février, à Tamarin. Cette initiative nommée La marche du sel aura pour but de protester contre les projets défigurant la région de Tamarin et Rivière-Noire. Outre les travaux de Legend Hill, le mouvement dénonce aussi le projet commercial sur les anciennes salines. La marche débutera à 16 heures devant l’église St Augustin à Rivière-Noire pour prendre fin sur le terrain de football à Tamarin.

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