Rien n’est vraiment statique

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La victoire, depuis tout temps, aura plusieurs pères. 

Deux camps qui ne sont pas présentés aux villageoises parlent de leur «landslide victory». C’est comme remporter une course sans courir.

Si Pravind Jugnauth a pensé pouvoir finir l’an 2020 en beauté, histoire de faire oublier les sérieux problèmes économiques et scandales, il a superbement loupé son coup. Pourtant, en optant pour une courte campagne, expéditive, pour prendre de vitesse l’opposition, et avec une utilisation abusive de l’appareil d’État, des plateformes socioculturelles et la MBC, il avait tout mijoté pour gagner et, ainsi, apporter une réponse rurale aux marches citoyennes commencées par les syndicats et Bruneau Laurette, sans oublier près d’une centaine de milliers de citoyens-marcheurs. Mais quelque chose a changé dans l’air. Les dépôts dits fixes ont vacillé, bougeant les lignes. 

Qu’est-ce qui a changé en une année ? C’est une année de pratique à l’à-peu-près au pouvoir, depuis les dernières législatives, et une série de lois scélérates imposées et des pratiques douteuses d’achat d’équipements par les proches du pouvoir, de même que les trois terribles drames en mer – Wakashio, morts par dizaines de mammifères marins, le remorqueur Sir Gaëtan et les vies perdues à jamais. La gestion de la cité a été en dessous des attentes du peuple, de plus en plus exigeant.

Ce qui avait marché en novembre 2019 – entre autres, campagne insidieuse et communale autour du thème «Katori», abus de l’appareil d’État, promesses au 3e âge, quitte à liquider le NPF pour une CSG qui ne fait manifestement pas l’unanimité, y compris au sein du cabinet et dans le privé – qu’on fait allécher par ailleurs par les milliards de la MIC – n’a pas marché cette fois-ci lors des villageoises. La «Hindu Belt» – garante de la solidité du régime MSM – semble avoir envoyé un message clair et net au pouvoir actuel : ne nous prenez pas pour argent comptant, svp. «C’est nous qui vous avons mis au pouvoir, et cela, il ne faut pas l’oublier !» 

Le style Ganoo qui promet des emplois, faisant fi des règlements de la Commission électorale, n’a pas mordu dans nombre de villages-clés, où l’orange avait misé gros. Nombre d’agents de ministres ont perdu lamentablement malgré les ressources investies derrière eux. Un signe positif que l’électeur rural jette non seulement un regard critique sur l’action gouvernementale mais refuse de se faire acheter.

Il y a des exemples de confrontation partout. Le fils Bhadain, qui est sorti en tête de liste à Albion, est aussi un signal fort d’une partie du pays, alors que les attaques du pouvoir contre son père s’enchaînent. L’électeur d’Albion a choisi de conforter Bhadain et non pas le rejeter, comme souhaitait le faire le pouvoir. 

Le temps passe, les choses changent. Rien n’est vraiment statique. Même le Trump le plus puissant du monde devra, un jour, concéder clairement la défaite électorale, et reconnaître la souveraineté du vote du citoyen lambda. On dit 100 jours pour certains, et un jour pour les autres. Les jours qui suivent vont voir s’agiter les ministres qui auront pour tâche d’essayer de racoler et de recoller les morceaux éclatés de l’électorat orange… Il y va de la survie d’une dynastie.

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