Kreol au Parlement: franchir l’étape universitaire d’abord

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Arnaud Carpooran, président de la Creole Speaking Union, fait ressortir qu’il ne pas brûler les étapes.

Arnaud Carpooran, président de la Creole Speaking Union, fait ressortir qu’il ne pas brûler les étapes.

«Preparasion terin pou introdiksion Kreol Repiblik Moris dan Parlman.» Thème explicite qui sera débattu aujourd’hui à l’université de Maurice (UoM). Cela, dans le cadre des 20 ans de la zourne internasional kreol. Autour de la table, les intervenants annoncés sont uniquement des universitaires. Pas de parlementaire, ni de cadres de l’Assemblée nationale.

Car il s’agit, souligne Arnaud Carpooran, président de la Creole Speaking Union, de ne pas brûler les étapes. «Ce n’est pas un débat politique. C’est le point de départ d’un projet de recherche. Ce sont deux univers bien différents. L’étape actuelle est d’identifier tout ce que le kreol au Parlement implique.»

Il initie ce projet de recherche à la suite d’une question parlementaire du député de l’opposition Reza Uteem sur l’état d’avancement du dossier de l’entrée du kreol au Parlement. Question qui date du 7 juillet. «Depuis que je suis à l’UoM, c’était la 20e ou la 30e question posée à ce sujet.»

Mais qu’y avait-il de changé au point de pousser Arnaud Carpooran à rassembler cinq institutions supérieures (UoM, University of Technology, l’Open University, l’université des Mascareignes, le Mauritius Institute of Education) autour de ce projet de recherche ? C’est que dans la réponse du Premier ministre, Pravind Jugnauth, «il y avait le sous-entendu que l’État avait une attente de la part de la communauté des scientifiques». Les autorités faisant ressortir que la langue n’a pas encore été aménagée et les outils informatiques n’étant pas encore développés. «Le message étant que les linguistes et les informaticiens ne font pas leur part des choses.»

Arnaud Carpooran ajoute : «Quand la réponse est donnée, que mon nom est explicitement cité, j’ai ressenti cela comme une responsabilité sur mes épaules. Je n’avais d’autre choix que d’assumer ma responsabilité d’enseignant en Creole Studies et de président de la Creole Speaking Union.»

Depuis, un comité de pilotage a vu le jour. Ainsi que des sous-comités – dont un consacré à la terminologie – qui se pencheront sur divers aspects de l’entrée du kreol au Parlement. «Pour l’heure, le projet de recherche ne doit pas être orienté politiquement. Mo plito kontan ki se pa gouvernman kinn dir nou fer sa travay la, se nou mem ki pe fer li.» Il souligne que ce comité travaille sur une base «purement volontaire. Personne ne nous paye pour ça et nous avons déjà un boulot à plein temps». C’est dans un deuxième temps qu’il s’agira de confronter au réel les «praticiens», c’est-à-dire les parlementaires et les chercheurs.

Une question revient sans cesse. Quand ? Car les débats autour du kreol au Parlement – idéologiques d’abord, techniques en- suite – durent depuis plusieurs décennies. Arnaud Carpooran adopte une approche pratique. «Il faut d’abord comprendre ce que la recherche implique dans les divers domaines concernés. La question du temps prend sa valeur quand on a compris ce que chaque partie du travail implique réellement». Une fois que toutes les parties auront compris quels sont les changements qui doivent accompagner l’entrée du kreol au Parlement, «elles auront le choix, soit participer, soit, asize atann». Le leitmotiv d’Arnaud Carpooran étant : «Cela ira plus vite si tout le monde donne un coup de main.»

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