Naufrage politique

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La photo, ci-dessus, de notre collègue Dev Ramkhelawon, enn zanfan St-Pierre, fait le tour du monde et occupe la Une de prestigieux titres du paysage médiatique mondial comme le Washington Post, le New York Times, Le Monde, The Guardian, le groupe AFP, des groupes médiatiques de l’Asie, d’Afrique, de l’Australie. La photo de l’express montre des Mauriciens qui assistent impuissants au spectacle désolant du MV Wakashio, avant qu’il ne commence à souiller les eaux turquoise du sud-est. Par la suite, beaucoup d’autres Mauriciens ont compris qu’il vaut mieux venir sur place, sur le front de mer de Mahébourg, et voir comment donner, volontairement, un coup de main, au lieu d’écouter les discours propagandistes du pouvoir et de ses communicants sur la MBC et divers pseudo-sites d’information.

Pour le trio Jugnauth-RamanoMaudhoo, tout demeurait sous contrôle, jusqu’à ce qu’ils envoient – trop tardivement – un SOS à Emmanuel Macron. Mais pourquoi pas à Narendra Modi qui a une équipe à Agalega, ou au tandem Jonhson-Trump qui auraient pu déployer des vaisseaux et des sous-marins de Diego Garcia en moins de deux ?

Deux jours avant le crash, le vraquier japonais, battant pavillon panaméen, était entré illégalement dans nos eaux, mais aucun radar, aucun service de renseignements, aucune police, aucun hélicoptère ne l’avait vu venir. C’était un autre samedi soir tranquille à Maurice, un pays dont la National Coast Guard et l’Helicopter Squadron sont contrôlés par des Indiens, plus d’un demi-siècle après son indépendance !

Depuis les premières photos des citoyens-riverains sur l’échouement du MV Wakashio, soit précisément du 25 juillet au 6 août, le gouvernement de Pravind Jugnauth n’avait pas saisi l’urgence de la situation désastreuse qui se jouait devant nous. La presse, nationale et internationale, n’a, elle, pas attendu les conférences de presse sélectives du PMO pour informer le public du risque d’une marée noire.

Depuis que l’on a vu le vraquier s’enfoncer, le contrat de confiance liant ce gouvernement avec les habitants est rompu. Pour preuve : le mot d’ordre des autorités pour se faire enregistrer auprès du ministère de l’Environnement avant de se porter volontaires a été largement ignoré. Les Mauriciens, par dizaines de milliers, ont compris qu’il leur faut prendre les choses en main et que la bureaucratie gouvernementale peut être davantage nuisible que bénéfique. Surtout quand nous avons affaire à un gouvernement liberticide qui veut, à tout prix, empêcher l’express et Top FM de poser des questions d’intérêt public durant cette crise écologique, où l’information, qui est un bien public, doit circuler le plus largement possible.

Ainsi, nombre de confrères étrangers nous demandent, depuis que le service de com du PMO nous a interdit, dimanche soir, l’accès à la conférence de presse – qui se tenait pourtant dans un lieu public, et non pas au Sun Trust –, si ce refus est lié à la gestion calamiteuse du dossier MV Wakashio, ou si ce serait lié à un autre fait majeur de l’actualité : par exemple l’achat de terrains à Angus Road, Vacoas...

À la prochaine conférence de presse ou occasion qui se présente, nous poserons la question au Premier ministre. Si, entre-temps, il veut nous répondre, et nous expliquer, libre à lui.

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