Maître de vie

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Le cinéma hongkongais a fait connaître à l’extérieur de ses frontières (et des frontières de la Chine) un des plus célèbres maîtres d’arts martiaux appelé Ip Man ou Yip Man (de son vrai nom Yip Kai-man). Quatre films ont été réalisés, chacun contant les différents moments de la vie du maître et du créateur du «wing chun» (un des Kung Fu pratiqué en Chine), dont le dernier film est sorti l’année dernière. Le manichéisme, très présent dans ces films (comme beaucoup de films du cinéma hollywoodien et bollywoodien) prend forme, dans le dernier long-métrage, par le fait que les Américains blancs sont bien racistes envers les Chinois de Chinatown à San Francisco, et les Chinois, eux, ne font que subir ce racisme. Loin de rejeter cette réalité, c’est la manière bien manichéenne dont cela est montré qui retient notre attention. Ce n’est pas nouveau, car les bons et les méchants sont inscrits dans l’histoire du cinéma, comme dans les westerns américains où on voyait les méchants Indiens et les gentils cow boys. C’est en ce sens que le cinéma est devenu un art éminemment populaire, car en montrant où se situe le Bien et où se trouve le Mal, le public de l’époque, en grande partie analphabète, saisissait du premier coup. Mais ce qui montre la force du cinéma, c’est que même le public plus cultivé se prenait au jeu.

Le premier film racontant l’histoire d’Ip Man (2008) est sans doute le meilleur, même si les Bons sont les Chinois occupés, et les Méchants, les Japonais occupant la Chine durant la Seconde Guerre mondiale. Ce qui peut mieux se comprendre ici, car les Japonais étaient perçus (à raison) comme les Nazis de l’Extrême Orient, vu les atrocités qu’ils ont perpétrées envers les Chinois durant cette guerre mondiale. Donnie Yen, l’acteur jouant le grand maître du «Wing Shun», est merveilleux de retenue, de savoir-vivre, et incarne à merveille les valeurs que cet art martial est censé enseigner : respect du prochain, modestie dans la pratique et la manière d’être et utilisation du «Wing Shun» essentiellement pour se défendre. Le savoir-vivre de Yip Man en fait une sorte de grand gentleman de la ville de Foshan, sise dans l’empire du Milieu. Ce maître de technique et d’agilité montre que cet art martial est une façon de vivre, et que même si la réalité le rattrape plusieurs fois et qu’il est contraint d’utiliser la force et de se battre violemment pour l’emporter sur son adversaire (ce qui est humain), il reste non seulement digne, mais aussi reconnaît la dignité chez l’autre, surtout lorsque cet autre est l’adversaire. Raffiné et juste, Yip Man fait montre d’une belle philosophie de vie.

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