La famille, la politique et la justice...

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Alors que l’enquête sur le Saint-Louis Gate n’en est qu’à ses balbutiements chez nous, alors même qu’elle a été bouclée sous d’autres cieux (au niveau de la BWSC et de la Banque africaine de développement), il est intéressant de prendre connaissance du Penelope Gate, en France.

Si au moins cinq Premiers ministres de la Ve République française avaient, dans le passé, eu maille à partir avec la justice, jamais l’un d’eux n’a eu une sanction aussi sévère que celle infligée, en début de semaine, à François Fillon et à son épouse Penelope.

L’ancien PM sous Nicolas Sarkozy, François Fillon, poursuivi dans l’affaire des emplois fictifs dont aurait bénéficié son épouse Penelope Fillon, a été condamné, lundi, par le tribunal de Paris, à cinq ans de prison dont trois avec sursis, à 375 000 euros d’amende et à... dix ans d’inéligibilité.

Cette sanction correspond au réquisitoire du Parquet national financier (PNF) : «Fillon, élu de la nation, a manqué à son devoir d’exemplarité et de probité, contribuant à éroder la confiance des citoyens.»

Voilà une formule bien articulée – qu’on aurait bien aimé entendre chez nous, où beaucoup ont l’impression que les riches et puissants s’en sortent toujours, alors que les voleurs de letchis ou de légumes croupissent en prison, faute de pouvoir payer des avocats, qui maîtrisent l’art des «delaying tactics» juridiques, ayant compris le fonctionnement de l’environnement stratégique des décisions de justice. Ici, avec un «bout papié», que l’on refuse de rendre public, l’on ternit la réputation de Bérenger et Collendavelloo, sans qu’ils puissent se défendre. En attendant, on envoie une «shouting brigade», payée des fonds publics, pour assassiner sur la place publique des leaders politiques.

Là-bas, en France, outre l’ancien PM Fillon, l’épouse de ce dernier a aussi écopé d’une peine de trois ans de prison avec sursis pour ses emplois fictifs. Le couple Fillon entend interjeter appel : «Cette décision, qui n’est pas juste, va être frappée d’appel, (...), il y aura un nouveau procès.» Le gouvernement de là-bas ne fait pas, en attendant, dans la démagogie...

Dans une de ses enquêtes journalistiques, comme nous les aimons, le journal Le Monde nous permet de mieux comprendre les dessous du Penelope Gate, qui commence par l’instauration d’un système, en famille. Dans un style digne d’un romancier, le journal relate : «Les policiers de l’office anticorruption descendent des véhicules, observent la boîte aux lettres ornée d’un petit dragon gallois, contemplent l’imposante bâtisse, sa tourelle d’époque. Ce vendredi 3 mars 2017, ils débarquent chez les époux Fillon, au cœur d’une tempête médiatico-judiciaire depuis les révélations du Canard enchaîné, le 25 janvier 2017, sur des emplois possiblement fictifs dont aurait pu bénéficier l’épouse du grand favori de l’élection présidentielle à venir (...) Du strict point de vue pénal, c’est une affaire mineure. Mais, du point de vue politique, c’est au contraire une affaire majeure, puisqu’elle jette un doute sur la légitimité de l’actuel président de la République, et ravale la France au rang de république bananière d’Amérique latine, à un moment où nous n’avions plus besoin de cela...»

Alors de quoi s’agit-il au juste ? D’une affaire dans une affaire en fait. Car l’exprocureure du Parquet national financier, Éliane Houlette, devant une commission parlementaire (10 juin 2020), avance qu’elle avait subi des pressions pour transformer l’enquête préliminaire visant François Fillon, candidat de la droite à l’élection présidentielle, en information judiciaire, dans le but de déboucher sur une mise en examen.

Mais ces tactiques procédurales n’innocentent aucunement François Fillon. Outre le fond de l’affaire, qui ne fait pas honneur à cet ancien Premier ministre, il serait bien de tirer au clair le pourquoi de cette précipitation du PNF, qui a eu pour effet d’abattre Fillon en plein vol électoral, alors qu’il était, objectivement, parmi les favoris de l’élection présidentielle. La politique a-t-elle influé sur la justice ? C’est ce que l’on a aussi besoin de savoir, ici comme là-bas. Entre autres, est-ce que l’ICAC est seulement un outil politique, faisant partie de l’appareil d’État de la famille Jugnauth ?

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