Squatters: remue-ménage à cité Tôle

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Résistance à cité Tôle ce jeudi 28 mai, face à un grand nombre de policiers et agents de démolition venus détruire ce petit quartier aménagé par quelques familles qui affirment n’ayant aucun endroit où aller depuis le confinement. Suivez en live ce fil d’actualité.

Adrien Duval: «Ine ressi empess enn drame humain»

Adrien Duval a demandé une injonction contre la démolition des maisons des squatters, et la Cour a agrée à la demande. Mardi prochain, les autorités devront se présenter devant la justice pour expliquer pourquoi la démolition de ces structures est nécessaire. Par la site, la Cour décidera de la marche à suivre.

Les policiers quittent les lieux

Dénouement à Cité Tôle. Après une journée tendue et riche en négociations et tractations, les policiers partent. Les squatters ont eu un délai jusqu’à mardi pour quitter les lieux.

Distribution de pains

Après autant d’émotions, les squatters sont rentrés à la maison tandis que le comité paroissial de quartier Malherbes assurait la distribution de pains pour les aider.

«Sakenn dan so lakaz dan lord»

Le mot d’ordre est donné. Chaque squatter a été appelé à rentrer chez lui. Tous ont obtempéré face aux sollicitations du père Mongelard. 

«Agent politik ena sateau li!»

Ce membre actif de la société civile s’est solidarisé avec la cause des squatters. «Comié agen politik ena chato lor crown land», dira Bruno Laurette.

La police parée à toute éventualité

Elle n’est jusqu’ici pas passée à l’action face à la véhémence de ces squatters de cité Tôle. Mais la police est bel et bien présente en masse.

«C’est le mauvais moment»

S’il dit comprendre que ces habitants sont dans une situation illégale, le député de cette circonscription, Michael Sik Yuen explique que ce n’était pas le moment d’engager un tel bras de fer. «Mo trouver tou dimounn bizin met lamain ensam. Ce sont des moments pénibles pour ces familles. Tout doit se dérouler dans le dialogue au lieu vini craz partou.»

«S’il faut rester ici toute la nuit je le ferai»

Le père Mongelard (de dos au centre) indique qu’il devait rencontrer le ministre Obeegadoo aujourd’hui. Mais voilà qu’il a appris que l’on compte démolir les maisons des squatters ce matin. «Ou pa vinn tir malhéré par la fors. Le principe reste kifer bann dimounn bizin vinn la. Moi si bizin rest la enn nuit, mo pou rest enn nuit. Soutenir moi lor mo principe», dit-il.

Renfort du côté de la police

La Special Supporting Unit vient en renfort à Malherbes. La situation semble se corser tandis que la résistance s’organise davantage.

«Crazé? craz nou!»

Deadlock. L’on n’entend plus se laisser faire à cité Tôle. La police cherche des instructions de plus haut. A chaque fois que les officiers tentent une initiative de démolition, des squatters se ruent dans la maison…

La force d’Annabelle

Seule, elle s’est opposée à tous les forces de l’ordre déployées pour l’évacuation des squatters. Elle, c’est Annabelle. Tantôt abattue, tantôt faisant preuve d’une détermination fougueuse, elle n’entend pas se laisser fer. «Dominer sa» s’écrie-t-elle.

«Où allons-nous dormir ? Dans la rue ?»

Faviolla Virassamy, mère de trois enfants, figure parmi les squatteurs de Cité Tôle à Malherbes, à Curepipe. Comme elle, neuf autres familles ont été expulsé des terres de l'Etat. 

Elles avaient eu un délai de 48 heures pour le faire - délai qui a expiré depuis lundi. «C'est vrai que nous avons pris la terre de l'Etat. Mais fodé qui nou péna mem pou fer sa. Sé enn injustis cont lé malheureux», confie Faviola Virassamy.

Cette situation, Eric Lemasson la vit aussi. «Je fais face à des difficultés, mais j'essaie de survivre.» Ce dernier lance un appel au gouvernement. «S'il pouvait me donner une place où habite et je payerai tous les mois.»

«Pa craz mo lakaz»

Comme ce petit garçon, ils sont plusieurs en désarroi à cité Tôle. Certains tentent de faire barrage en restant dans leur maison.

«Avec ma paie qui est de Rs 6 000, ce n’est pas facile à gérer notre quotidien»

Maison délabrée, fenêtres sans vitres, parquet inexistant, ou encore lit sans matelas. Cela résume la situation précaire dans laquelle ces familles vivent. Malgré le froid qui commence à s’installer petit à petit à Curepipe, ces gens essayent de survivre. «Nous n’avons pas d’autre endroit où aller», confiait Faviolla, mère de trois enfants à l’express, hier.

Elle explique que ce n’est pas de gaieté de cœur qu’elle s’est retrouvée dans cette région. Elle n’avait nul part où aller. «J’habitais avec mon frère, mais suite à quelques problèmes, j’ai dû quitter sa maison.» Seule avec ses trois enfants, elle n’a eu autre solution que de faire arrêter l’école à son fils. «Il m’aide à subvenir aux besoins de la famille. Il travaille comme maçon. Avec ma paie qui est de Rs 6 000, ce n’est pas facile à gérer notre quotidien. Impossible de payer un loyer.»

Cela fait une semaine et demie qu’ils logent dans la cité. Sans eau ni électricité, ses deux autres enfants apprennent leurs leçons durant la journée, profitant de la lumière du soleil. «Mes enfants n’arrivent pas à suivre le programme qui est diffusé à la télé ou sur Zoom.» Elle ne demande au gouvernement de ne pas «kraz mo lakaz».

Comme elle, d’autres familles endurent la même situation. «Depuis un mois, je suis ici avec mes enfants et mon époux. Il est maçon et depuis le confinement, il ne travaille pas. Nous ne pouvons aller rester chez nos familles car les maisons ne sont pas grandes. Et les locations sont trop chères», avance cette autre mère de famille.

Cité Tôle: «Craz moi ensam!»

Special Mobile Force et Special Supporting Unit sont passées à l’action contre les squatters de cité Tôle, Curepipe ce jeudi 28 mai. L’heure était à la démolition des tôles et maisons de fortune aménagées par ces derniers. «Craz moi ensam ek lakaz la», lançaient plusieurs.

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