En attendant le déconfinement.... positivons !

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Nous sommes au milieu d’une tempête et nous ne savons pas quand celle-ci va prendre fin, ni comment elle prendra fin. Le Premier ministre a laissé comprendre, hier, que son gouvernement n’a strictement aucune idée du timing du déconfinement national. En attendant, sur les routes, dans les villes et villages, de longues files de gens masqués, le regard hagard, carte d’identité en main, attendent des heures et des heures avant d’être ravitaillés en denrées de base. C’est fini les repas copieux du dimanche. L’ambiance est pesante. Nous sommes en mode de survie. Nous ne savons plus à quel saint se vouer, ni à quelle sauce on sera mangé par le Covid-19.

Sur le plan économique, les prédictions des ‘experts’ sont les unes plus alarmantes et alarmistes que les autres. Le spectre du chômage pointe son nez et sa tête. Le moral du peuple est dans les chaussettes; les premiers jours de vacances sont révolus, les lendemains sont des plus incertains. Le secteur touristique est déjà admis aux urgences. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la pandémie effacerait — tenez-vous bien ! — cinq à sept ans de croissance du tourisme international, confirmant ainsi que l’impact économique et social du Covid-19 sera terrible, inimaginable, inimaginé. Si les premiers signes de redémarrage en Chine apparaissent malgré le scepticisme ambiant, les principaux groupes européens et américains devront, eux, s’armer de patience avant de retrouver le sourire. Le cabinet spécialisé In Extenso estime que l’hôtellerie, en Europe, ne retrouvera pas son niveau d’activité de 2019 avant... 2022 au mieux !

On aurait un peu tort de focaliser uniquement sur les maladresses du régime de Pravind Jugnauth, dont l’immaturité de ses ministres saute désormais aux yeux du public, avec leurs zig-zags continus. Partout, y compris au Singapour, les gouvernements gèrent la pandémie comme ils peuvent. Le Trial and Error est devenu la norme, comme aux Etats-Unis. Mais ce n’est pas pour autant une raison pour nous citoyens de tout accepter de nos dirigeants, de tout laisser passer; car bien avant le Coronavirus, leurs faiblesses étaient perceptibles. Aujourd’hui, elles sont évidentes. Alors que nous faut-il faire? Il n’y a pas 10 000 solutions; il nous faut juste essayer de positiver au maximum et de penser aux choses qu’on pourrait faire alors que nous sommes en confinement, avec du temps. Par exemple, se cultiver et apprendre à vivre entre nous, à cultiver un bon voisinage, à nous entraider, à cultiver aussi un jardin potager pouvant calmer notre faim, puisque nous sommes tous touchés indistinctement, en ordre alphabétique ou pas.

Il y a déjà du positif. Nous nous sommes rapprochés les uns des autres malgré la distanciation sociale.

Nous avons, enfin, identifié nos héros. Ceux-là mêmes qui subissaient nos critiques les plus acerbes en temps normaux reçoivent ces temps-ci nos louanges. Je parle des policiers — quand ils ne s’adonnent pas aux actes de brutalité policière, comme on l’a vu, en boucle, lors d’une descente des lieux à cité Vallijee, il y a une dizaine de jours, aux tout premiers jours du confinement national — des infirmiers, des médecins, bref, tout le personnel de la santé, et aussi tous ceux qui font tourner les supermarchés et les boutiques du coin. Nous avons pris conscience de l’importance de tous ceux qui font tenir debout notre société. Un écrivain a salué ceux-là mêmes «qui sont sous-payés, méprisés, tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d’euros par mois pour mettre un ballon dans un filet...»

Débarrassés de nos visières, nous réalisons aussi que la recherche médicale et l’investissement dans la santé publique ne sont guère suffisants. Et que des nominés politiques et tant d’élus, qui sont davantage préoccupés par leur plaque d’immatriculation personnalisée ou le modèle de leur berline allemande, sont souvent superflus quand tout est fermé, y compris le Parlement, censé être la maison du peuple. Comme beaucoup, je pense qu’il n’y aura pas de retour en arrière après cette crise, mais les leçons qu’on va en tirer seront incommensurables. Du moins souhaitons-le ardemment... car un retour à la normale, à la case départ, serait de la pure folie. Enfin qui vivra verra...

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