Post-Covid-19: Un avenir bien assombri…*

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Le secteur sucrier, une industrie déjà mal en point, qui s’accrochait à l’espoir d’un prix mondial à la hausse entre septembre 2019 et janvier 2020 (+ 26 %), voit maintenant ce prix dégringoler depuis fin février - avec une chute de 12 % depuis le 2 mars ! Le Covid-19 est passé par là…

Avec le confinement presque mondial, les milieux textiles vous diront que plus grand monde ne va plus en magasin et que même pour le e-commerce, le cœur n’est pas à la fête, et que le porte-monnaie reste plutôt muet. Les commandes se font donc attendre et les usines, mondialement, vont casser les prix pour accrocher le peu d’activité qui reste... Ça ne va pas être du gâteau !

L’industrie hôtelière est complètement fermée, sauf pour la petite imposte qui permet à certains hôtels de se reconvertir... en centres de quarantaine ! Oui, mais à quel prix ? Les promotions, un temps destinées aux Mauriciens qui devaient suppléer aux étrangers, n’ont pas fait illusion longtemps. Les paris sont ouverts sur la réaction éventuelle des touristes quand le voyage redeviendra théoriquement possible (voir plus bas) ! Seront-ils avides de changer d’air à n’importe quel prix ? Restera-t-il alors suffisamment de compagnies aériennes qui n’auront pas fait faillite ? Ou est-ce que les touristes, tétanisés, ne voudront pas prendre le risque de se choper un microbe à l’étranger, et resteront donc plutôt chez eux, pour revisiter les bars, les théâtres, les stades, les musées, dont ils auront été privés pendant des semaines, voire des mois, lors de leur confinement à eux ?

«Que l’économie aille mal fera sans doute bien plaisir à ceux qui disent que l’économie ne doit pas tout primer, et qu’il faut retourner à la terre. Pour les autres, il faudrait que ce lockdown mondial se desserre assez rapidement.»

Le secteur commercial, ce ne sont pas seulement des supermarchés ! Les restaurants, les food-courts, les coiffeuses, les magasins vendant des frigos ou des téléphones 4G, les magasins de lingerie, de robes, de chaussures, de valises, de bijoux, de vaisselle, de quincaillerie, et d’articles divers vont rester fermés. Les usines locales ne seront pas actives, mais elles auront au moins la possibilité de vendre leur stock aux supermarchés, peut-on supposer ? S’il y a eu du panic buying avant le confinement, la perspective de ne plus avoir de salaire en avril, ou en mai – le MRA Scheme ne couvrant que 50 % des salaires de base jusqu’au plafond de Rs 25 000 seulement, va peut-être faire réfléchir et modérer les achats ? Quoi qu’il en soit, la récolte de TVA va probablement ralentir sérieusement, comme celle de l’Income Tax, tant des compagnies que des individus ! Le déficit budgétaire va croître..

Qu’est-ce qui reste ? Le secteur de la pêche est en panne, du moins la partie usine, et donc d’exportation. Le secteur des technologies de l’information et de la communication est en attente aussi. La construction ? Dans le secteur des PME, déjà rendu vulnérable par le salaire minimum, le Portable Retirement Gratuity Fund, etc., la garantie du ministre du Travail qu’il n’y aura pas, comme ailleurs, de licenciements vaut exactement quoi à votre avis ?

L’économie va donc très mal, d’autant qu’il faut y rajouter la litanie du déficit immense de la balance commerciale, de la dette publique qui gonfle, des marges de manœuvre budgétaires effritées, du gaspillage passé éhonté, de la productivité, et de la discipline personnelle faible, des dépenses jusqu’ici non couvertes, comme la pension de vieillesse. Que l’économie aille mal fera sans doute bien plaisir à ceux qui disent que l’économie ne doit pas tout primer, et qu’il faut retourner à la terre. Pour les autres, il faudrait que ce lockdown mondial se desserre assez rapidement. 

Pour mesurer l’envergure des dégâts, il faut absolument ajouter une perspective «temps» au constat fait plus haut et on ne parle sûrement pas d’un mois. Le ministre des Affaires étrangères de Singapour, le Dr Vivian Balakrishnan, FRCS en plus, mesuré et rationnel comme peuvent l’être les Singapouriens, suggère que cela nous prendra peut-être un an pour un retour à la normale**. Cela paraît plus plausible que les souhaits de Trump pour Pâques... Même si à moitié vrai, l’horizon paraîtrait sombre.

La direction de notre pays, dont la priorité actuelle est, correctement, de juguler la diffusion du coronavirus, a-t-elle bien mesuré ce qui nous attend sur le plan de l’économie ? Voudrait-elle bien nous l’évoquer quand elle aura fait le tour de la question de manière compréhensive, afin que le pays puisse planifier un tant soit peu d’avance, plutôt qu’au seul lendemain d’une conférence de presse ?

*éditorial paru dans la dernière édition de Business Magazine
**A visionner l’entretien télévisé du Dr Vivian Balakrishnan :https://www.straitstimes.com/singapore/be-prepared-for-the-long-haul-on-covid-19-foreignminister-vivian-balakrishnan

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