Lockdown Diary #8 : Rien n’est solitaire, tout est solidaire

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On est tous d’accord. Tout doit être fait, en termes de confinement national, pour protéger tous les Mauriciens indistinctement. Le Covid-19 demeure notre défi commun, l’ennemi public numéro Un. Pour contrer cette peste moderne, il nous faut faire preuve d’une solidarité sans faille, à tous les niveaux. La moindre faille permettra au virus de s’infiltrer davantage et de faire des ravages comme nous le constatons en Europe. Nous devons donc avancer comme un seul homme (dans le sens large du terme).

Le but de tenir un journal quotidien depuis le «lockdown» n’est pas du tout pour souligner les faiblesses et zigzags de nos autorités, même si cela cadre avec notre rôle de contre-pouvoir qui est essentiel dans une démocratie en général, en particulier, lors d’une crise sanitaire de cette ampleur, où les informations fiables, contre-vérifiées, et précises doivent circuler librement. Précisément, afin de tordre le cou à la propagande, à la récupération politicienne, et, surtout aux Fake News qui pullulent sur Facebook. Où des milliers de personnes, qui n’ont apparemment plus rien à foutre, viennent déverser leur poison, au lieu de trouver des solutions pratiques aux challenges nouveaux. C’est pour cela que nous ne comprenons pas pourquoi le PMO, après avoir essayé des conférences de presse sans questions, préconise désormais des conférences de presse sans journalistes, hormis ceux de la MBC. C’est prendre à contre-pied la Whole-of-Society Approach nécessaire pour vaincre le mal. Cette manière de faire n’est pas le propre des systèmes démocratiques, qui ont compris que le nerf de la guerre, c’est l’information publique, civique, au-delà des considérations puériles.

Pourtant les débats sont essentiels pour trouver des solutions. Prenons le cas du shopping online. Après avoir imposé la fermeture des supermarchés, il était clair que le gouvernement allait avoir du mal à contenir la faim du grand public, y compris de ses propres troupes, dont certains ont concédé ne pas savoir comment tenir jusqu’à la réouverture des supermarchés, prévue pour mardi prochain. Il était prévisible que les Mauriciens, qui viennent de toucher leur salaire de mars, allaient se jeter sur les plateformes de livraison à domicile, qui sont encore à leurs balbutiements dans notre supposée cyber-île.

Et comme il fallait s’y attendre, la demande a explosé et du coup les prestataires de service ont vite été dépassés. Cela a provoqué un déversement de critiques des citoyens. On a vu beaucoup de haine, mais peu de solutions concrètes circuler. Au lieu de dénoncer le «profiteering» des entrepreneurs qui tentent de répondre à une demande pressante avec peu de moyens, quelles sont les chaînes de solidarité possibles entre autorités et société civile pour acheminer les produits alimentaires des supermarchés au sein de chaque foyer ? Est-ce donc si compliqué de créer une chaîne de solidarité nationale ? 

*** 

Quant aux actes de brutalités policières, c’est normal qu’il nous faut dénoncer les atteintes aux droits humains et saluer l’arrestation des bourreaux qui portent des uniformes, mais la police devrait-elle, par ailleurs, être seule à faire rentrer les indisciplinés chez eux, en ces temps de crise ? Dans chaque quartier, dans chaque village ou ville, chacun devrait s’ériger en leader pour défendre le bien commun et faire reculer la tension inutile entre citoyens et autorités. Encore une fois, il s’agit pour nous d‘unir tous nos efforts contre l’ennemi invisible, et non pas se disperser en se tirant dans les pattes, inutilement.

Le Covid-19 est pernicieux. Même les puissants de ce monde, comme le futur roi d’Angleterre ou le Premier ministre britannique, l’ont contracté. C’est pour cela que nos dirigeants doivent cesser de donner le mauvais exemple, en trop voulant rassurer le public contre un mal qui – il nous faut l’avouer – est bien plus fort que nous tous réunis. Comme Pravind Jugnauth, Ivan Collendavelloo et Kailesh Jagutpal l’ont fait en visitant le centre de quarantaine de Quatre-Soeurs sans porter de masques ni de gants. En voulant taper quotidiennement sur les irresponsables du pays, le Premier ministre devrait lui-même se montrer responsable et donner l’exemple. Et, en tournant le dos à la presse nationale, il se prive d’un allié de taille contre le Covid-19 ! 

*** 

Les gestes de solidarité doivent aller au-delà des 10 % de prélèvements des salaires des parlementaires de la majorité, sur un an. Dans d’autres pays, d’autres dirigeants font beaucoup plus. Au Kenya et au Singapour par exemple. Pourquoi ne pas profiter de ce confinement pour mettre au chômage technique tous ces nominés politiques qui ne font pas grand chose actuellement et qui touchent quand même des salaires mirobolants avec des frais d’essence (à défaut d’abuser des per diem) alors que tout le monde sait que plus rien ne sera pareil quand la pandémie du Covid-19 sera derrière nous…

Il est grand temps de couper tous ces parasites qui vivent aux crochets de l’État et qui tentent de faire un travail parallèle aux déjà trop nombreux fonctionnaires de ce pays. À un moment où l’insécurité alimentaire plane, où les ressources financières sont plus nécessaires que jamais, le gouvernement doit montrer l’exemple, bien au-delà des 10 % qui iront dans un opaque National Solidarity Fund, qui risque de figurer fort bien dans le prochain rapport de l’Audit...

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