Alan Ganoo: «J’anticipe encore de longues années difficiles pour le MMM»

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Alan Ganoo, ministre du Transport et du Light Rail.

Alan Ganoo, ministre du Transport et du Light Rail.

Le nouveau ministre, élu au n°14 pour la neuvième fois, parle des projets pour cette région et pour le pays. Il commente la situation au MMM, dans son propre parti et la polémique sur les terres dans sa circonscription.

Vous retrouvez un portefeuille ministériel. À quelques jours de la rentrée parlementaire, comment vous sentez-vous ? 
Je suis heureux, emballé et très conscient de la responsabilité qui repose sur mes épaules. Quel est le politicien qui n’aime pas servir son pays ? Dans ce sens, je suis heureux car, après presque 15 ans dans l’opposition, j’ai l’occasion de servir mon pays, comme ministre de la République. Je pense que j’ai suffisamment d’expérience et je vais me mettre à la disposition du pays. Je suis conscient aussi de la complexité du défi que je dois relever.

Le PM vous a attribué le transport. Quelles sont vos priorités ? 
Je crois que c’est une bonne chose que le Premier ministre ait créé un ministère du Transport et du Light Rail. Mon objectif est de créer un système de transport moderne et intégré pour accompagner le développement économique du pays. Donc, il faut maintenant synchroniser et continuer les divers projets et les différents modes de transport pour avoir un système de transport plus efficace dans le pays.

Vous aurez surtout le dossier du métro entre les mains. Savez-vous à partir de quand le métro va fonctionner normalement ? 
Quoique les infrastructures soient complétées pour la première phase, il y a encore des choses à faire. Je suis en contact avec Metro Express Limited (MEL) pour discerner tout l’aspect de sécurité. Dans les jours à venir, nous allons nous asseoir avec les officiers de MEL et faire le nécessaire pour permettre au métro d’opérer.

Sur le plan politique, vous avez quitté le Mouvement patriotique (MP) et cela a porté ses fruits. Quelle sera la marche à suivre concernant ce parti ? 
Je n’ai pas quitté le MP. Il y a eu un différend entre moi et certains membres, sur la stratégie politique du parti avant les élections. Donc, on s’est séparés. Ils ont choisi de faire une alliance avec le Parti travailliste, et moi, j’avais privilégié l’option MSM. Les événements ont montré que j’avais raison et que le MP aurait dû s’aligner unanimement sur le MSM et on aurait gagné les élections.

Maintenant, il y a un problème au niveau du symbole et ma priorité, en tant que président du MP, et celle des membres qui sont restés avec moi, est de reconstruire le parti. Je pense que le temps nous donnera raison. Dans les semaines à venir, nous allons consolider le parti, build up sur ce que nous avons déjà. Je vais me servir de ma position pour continuer à étendre notre persévérance dans le pays et rester avec le MSM et le gouvernement pour qu’ensemble l’on puisse s’assurer que l’île Maurice progresse économiquement et socialement.

Alan Ganoo encadré de son épouse Sobha, ses deux filles Alanna et Anna ainsi que la Best Loser Tania Diolle mardi après la prestation de serment des ministres à la State House.

Avec du recul, comment voyez-vous la situation du MMM et la suite pour ce parti ? 
Je suis un peu mal placé pour parler de ce qui se passe ou s’est passé au MMM. Mais, selon moi, le MMM n’a jamais été dans une situation aussi difficile qu’aujourd’hui. Lors des dernières élections, ce parti n’a même pas pu sauver sa place dans certaines circonscriptions. C’est la première fois que le MMM n’a pu faire élire que huit députés. Mais je pense qu’ils doivent en tirer des leçons. J’anticipe que le MMM passera encore par de longues années difficiles, une longue traversée du désert. C’est pour cela que les militants doivent savoir que les militants ne se trouvent pas uniquement au sein du MMM. Les autres militants comme moi continueront à leur tendre la perche pour qu’ils adhèrent à cette nouvelle alliance composée du MSM et de militants comme Steven (Obeegadoo), Kavy (Ramano) et moi.

Vous avez été élu en tête de liste au n°14. Avez-vous un mot spécial pour les habitants de votre circonscription ?
Je leur dois des remerciements du plus profond de mon cœur. C’est la 9e fois que je suis élu et la 8e en tête de liste. Et c’est ma 10e participation dans la circonscription. Personne n’a été candidat à dix reprises dans une même circonscription. Je pense que la confiance, l’amour, l’affection, la disponibilité et la proximité que j’ai témoignés à mes mandats m’ont aidé. Et cela depuis 1982. Je leur suis reconnaissant et je continuerai à travailler pour eux.

Justement quels sont les développements que vous pensez pouvoir apporter à cette région ? 
Il faut dire que cette circonscription a du retard à rattraper. Je compte utiliser toute mon expérience et tous les moyens à ma disposition en tant que ministre pour réduire ce retard. Il existe plusieurs problèmes dans cette région, dont le transport, la pauvreté, le logement, l’éducation et l’emploi des jeunes. Avec mes deux jeunes colistiers élus, Sandra (Mayotte) et Prakash (Ramchurrun), nous avons fait un plan que nous allons mettre sur pied. Hormis de régler le problème de transport, il faut un nouvel hôpital à Rivière-Noire, des infrastructures sportives pour les jeunes, régler le problème de logement, dont la régularisation de certains squatteurs. Il faut bâtir de nouvelles maisons pour ceux qui habitent depuis plus de 60 ans au sein des cités. J’espère que, pendant les cinq ans à venir, nous ferons le maximum pour répondre aux attentes de la circonscription.

Une polémique a surgi juste après les élections sur l’attribution de terres à un certain groupe. Peut-on avoir votre ressenti par rapport à cela ? 
Quand on a eu les résultats, la marge était grande entre mes adversaires politiques des deux autres blocs politiques et moi. Sans être présomptueux, j’aurais pu rester chez moi et me faire élire. Est-ce que vous pensez qu’Alan Ganoo, que tout le monde connaît et qui respecte les institutions en tant qu’avocat et ancien ministre du Logement, allait mettre son pied dans les affaires illégales pour se faire élire ? Ce ne sont que des palabres que je traite avec mépris. Je suis sûr que les gens de la circonscription ne croient pas à ce mensonge. Et j’attends de pied ferme n’importe quelle personne qui voudrait prouver le contraire.

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