Les Mauriciens votent aux législatives, Jugnauth en quête de légitimité

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Le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth pendant la campagne des législatives, Maurice, 3 novembre 2019.

Le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth pendant la campagne des législatives, Maurice, 3 novembre 2019.

Quelque 941.000 Mauriciens sont appelés aux urnes jeudi pour un scrutin législatif à l’issue duquel le Premier ministre sortant Pravind Jugnauth espère obtenir l’onction populaire, deux ans après avoir succédé à son père sans élection.

Les 332 bureaux de vote ouvriront leurs portes à 06h00 locales (02h00 GMT) et fermeront à 18h00. Le dépouillement commencera vendredi et les résultats devraient être connus en fin de journée.

Les observateurs s’attendent à ce que le scrutin se déroule dans le calme. Depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968, l’île Maurice, qui appartient à l’archipel des Mascareignes dans l’océan Indien, est l’une des démocraties les plus stables d’Afrique.

Les précédentes élections en 2014 avaient été remportées par la coalition menée par Anerood Jugnauth. Ce cacique de la vie politique mauricienne, plusieurs fois Premier ministre et président de la République de 2003 à 2012, est resté chef du gouvernement jusqu’en 2017.

Il a alors choisi de passer la main, son fils Pravind héritant du poste en tant que chef du Mouvement socialiste mauricien (MSM), le principal parti de la coalition au pouvoir.

L’opposition avait dénoncé le caractère monarchique de cette succession et avait réclamé en vain de nouvelles élections. Deux ans plus tard, Pravind Jugnauth espère avoir fait suffisamment pour convaincre les Mauriciens de le reconduire dans ses fonctions.

Il a mis en avant son bilan social - introduction d’un salaire minimum (environ 215 euros par mois, revalorisation de la pension vieillesse - et la modernisation des infrastructures publiques, symbolisée par la construction d’un métro léger.

Mais l’opposition continue de dénoncer les circonstances de son accession au pouvoir et les affaires qui ont coûté leur poste à plusieurs ministres et à la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim.

L’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam (1995-2000 et 2005-2014), dont le père, Seewoosagur, avait lui-même été chef du gouvernement entre 1968 et 1982, a ainsi déclaré vouloir libérer l’île «du joug du clanisme et de la corruption».

- Mosaïque de peuples -

Pour la première fois depuis 1976, ces élections mettent aux prises trois blocs et non deux. M. Jugnauth est à la tête de l’Alliance Morisien (AM, centre-droit) et M. Ramgoolam, chef du Parti travailliste (PTr), dirige l’Alliance nationale, de centre-gauche.

Seul non-hindou à avoir été Premier ministre depuis l’indépendance, entre 2003 et 2005, Paul Bérenger a décidé de faire cavalier seul avec son Mouvement militant mauricien (MMM), après avoir été allié à M. Ramgoolam en 2014.

Il n’est pas exclu que personne n’obtienne la majorité absolue et qu’une alliance doive être formée après le scrutin.

La campagne n’a duré que deux semaines, mais elle a été intense. Elle a pris fin mercredi à 18h00, avec d’ultimes meetings qui ont permis aux différents partis de mobiliser une dernière fois leurs partisans.

Les électeurs doivent choisir 62 députés, dont 60 dans l’île principale Maurice et deux à Rodrigues, petite île située quelque 600 km plus à l’est.

La Commission électorale nommera ensuite huit députés parmi les non-élus ayant obtenu les meilleurs scores, afin de rééquilibrer la répartition des sièges entre partis et communautés à l’Assemblée nationale.

L’île Maurice est officiellement divisée en quatre groupes ethniques, selon la Constitution de 1968: les hindous - majoritaires -, les musulmans, les Chinois et la «population générale», composée essentiellement de métis dits créoles et de Blancs d’origine européenne.

Ses 1,3 million d’habitants forment une mosaïque de peuples, de cultures et de langues reflétant l’histoire du peuplement de l’île, et coexistent pacifiquement.

L’île Maurice a connu une croissance de 3,7% en 2018 à la faveur du dynamisme des activités de construction et de services, surtout le tourisme et le secteur bancaire, alors que la production de sucre a diminué, selon la Banque mondiale.

Elle fait partie des pays les plus riches d’Afrique, avec un PIB par habitant de 10.500 dollars. Les activités financières représentaient 12% de ce PIB en 2018.

En octobre, l’île a été retirée de la liste grise des pays considérés comme des paradis fiscaux par l’Union européenne.

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