#J-16 Zéro rupture !

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Deceiving Purchaser ! C’est le constat que l’on peut faire en parcourant la liste combinée des trois principaux blocs qui s’affrontent. La liste de candidats qui aura le plus déçu, y compris ses propres partisans sur le terrain, est, sans doute, celle du Parti travailliste qui ne cesse, paradoxalement, de marteler : rupture ! Or, on a franchement du mal à apprécier cette rupture, hormis, peut-être, celle de son leader qui a abandonné le traditionnel bastion des Ramgoolam à Triolet/Pamplemousses pour émigrer à Montagne-Blanche/GRSE...

...mais à relire nos archives, l’on constate qu’ici aussi il n’y a pas vraiment de rupture avec le passé : Navin Ramgoolam est en fait le quatrième leader politique à changer de circonscription après un revers électoral. Avant Ramgoolam, il y avait Paul Bérenger qui avait entamé sa carrière politique au numéro 18, où il avait été élu en 1976. En 1983, Bérenger sera battu mais repêché comme Best Loser, avant d’être battu de nouveau sans être repêché en 1987. En 1991, il a élu domicile au 19, pour être sûr de retourner au Parlement, suite aux conseils de feu Jayen Cuttarree, entre autres.

Avant Ramgoolam, il y avait aussi le cas de Xavier-Luc Duval du PMSD qui a changé de circonscription à deux reprises: du 20 au 17 et finalement au 18. Et surtout celui de Pravind Jugnauth qui a fui le numéro 11 après une défaite (battu par le rouge Sutyadeo Moutia qui, avec une avance de 38 voix seulement, lui a raflé la troisième place en 2005), pour atterrir au numéro 8.

***

On ne peut parler de rupture quand l’on aligne, encore une fois, que 20 % de femmes alors que la loi Aimée pour nos collectivités locales préconise déjà un taux d’environ 30 % et que l’avant-gardiste SADC, elle, pousse depuis des âges pour un taux paritaire de 50 %. Chez nous, les leaders s’applaudissent pour être arrivés à quelque 20 % et annoncent, pour la 100e fois, une refonte imminente du système électoral. Comme si la loi pouvait changer le machisme de nos leaders politiques. Or la loi ne fait pas les gens. C’est le contraire qui est vrai dans une digne démocratie.

À voir les patronymes qu’on perpétue çà et là (voir pages 4 et 5), l’on ne peut aussi que souligner l’absence des députés de proximité, comme jadis Mathieu Laclé qui n’a jamais voulu quitter sa cité Vallijee malgré son ascension sociale. De nos jours, beaucoup de nos candidats sont issus des hautes Plaines-Wilhems mais sont délégués dans plusieurs circonscriptions rurales. Et puis l’on s’étonne de ne pas voir, une fois les votes récoltés, les députés sur le terrain. Autre phénomène grandissant : les avocats de Chambers divers qui s’organisent en cartel et qui semblent vouloir prendre la politique en otage. On peut les comprendre car les avocats sont bien trop nombreux à Maurice et beaucoup peinent à gagner leur vie décemment. Alors ils voient en la chose politique un raccourci pour se faire du fric et rembourser leurs dettes. Et cela fait, selon eux, pas mal sur la carte de visite : avocat-parlementaire, même si les Teeluckdharry, Jadoo-Jaunbocus et Rutnah n’ont fait honneur ni à la profession ni à la dernière législature, pour dire le moins.

Enfin, on peut parler d’immobilisme et non pas de rupture, quand le First Past The Post et la délimitation des circonscriptions sont restés figés, quand la radio-télévision nationale continue sa propagande infecte en violant chaque soir la MBC Act, quand le financement demeure opaque, quand le «communalisme» pue, quand...

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