Tireurs d’élite: les experts dans notre viseur

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Tous les officiers du GIPM sont entraînés à manier les armes, mais seuls quelques-uns sont des tireurs d’élite.

Tous les officiers du GIPM sont entraînés à manier les armes, mais seuls quelques-uns sont des tireurs d’élite.

Uniforme noir, cagoule, casque. Ils sont armés jusqu’aux dents, le regard fixe, caché derrière des lunettes spéciales… Ces hommes de l’unité d’élite de la force policière n’ont pas manqué d’attirer le regard lors de la visite du pape, même s’ils étaient bien cachés. Zoom sur les snipers.

Il s’agit en fait d’officiers du Groupement d’intervention de la police mauricienne (GIPM). Cette unité de la police, considérée comme ayant les meilleurs éléments de la Mauritius Police Force, est composée d’une cinquante de personnes environ, pas plus. Il faut dire que pour pouvoir faire partie de ce «cercle» très fermé, il faut passer par une sélection minutieuse, voire fastidieuse. «Non pas sur recommandation comme on le fait pour la Very Important Persons Security Unit, par exemple. Chaque place au sein du GIPM est une place qui se mérite. De par sa capacité physique, un moral d’acier mais surtout l’envie de persévérer, de faire encore mieux chaque fois, l’officier doit faire preuve de plusieurs qualités», confie une source.

Par ailleurs, tous les policiers ne peuvent pas prétendre à faire partie du GIPM. Seuls les soldats de la Special Mobile Force  ayant un minimum de deux ans de service peuvent aspirer à intégrer cette équipe très selecte. «Ceux des autres unités de la police ne sont pas éligibles.»

Une fois choisis, les aspirants officiers doivent passer par des tests, des examens : natation, tirs, combat, dont ceux à mains nues. Une fois cette étape franchie, ils doivent suivre un entraînement plus poussé  d'une durée de deux à trois mois, où ils se perfectionnent au niveau du maniement des armes, entre autres. «Lerla mem ki trouv zot vré lanvi. Enn ta pa kav tini sa, zot fini alé lamem…»

Le GIPM est spécialisé dans les interventions délicates, risquées. «Zot mem meyer dan tou domenn parmi bann lapolis. Zistéman akoz formasion ki zot gagné! Ce sont des vrais commandos.» Par exemple, alors qu’un officier de la SMF doit pouvoir parcourir 6 kilomètres en 30 minutes, celui du GIPM doit avaler 5 kilomètres en 20, voire 22 minutes maximum. Ils doivent être physiquement irréprochables, tout au long de leur carrière au sein de cette unité. «Ils doivent passer par des tests médicaux, des check-ups réguliers. Mem bann pli ansien-la zot touzour konpétan ek for, bon dan séki zot fer.» À savoir qu’il faut être âgé de moins de 30 ans pour intégrer l’équipe d’élite. On peut y rester aussi longtemps que le physique et le moral le permettent, certains étant même âgés de plus de 50 ans.

Par ailleurs, ces experts Mauritius sont également appelés à participer à des stages de survie, on les «jette» alors dans la forêt. Une fois la formation terminée, certains sont envoyés à La Réunion, ou encore en Inde et en Amérique pour d’autres entraînements plus poussés. Ainsi, ces commandos sont formés pour empêcher des détournements d’avions, notamment et reçoivent des cours axés sur le terrorisme.

Quand ils ne sont pas en train d’intervenir ou de s’entraîner, les hommes en noir sont aussi appelés à escorter les détenus impliqués dans des «high profile cases» comme Navind Kisnah, Siddick Islam – impliqués dans des affaires de drogue – entre autres. Ils sont aussi omniprésents lors des rassemblements politiques «sensibles», dont le 1er-Mai, par exemple. «Il arrive qu’ils soient aussi appelés pour des cas de noyade. Mais ça c’est assez rare. Pour cela, il y ceux du MARCOSS qui y vont. Ce sont aussi des commandos.» Les membres du GIPM effectuent en outre des exercices de sauvetage via d’hélitreuillage. «Kan dimounn blésé dan kaskad, dan montagn tousala, bé noumem ki alé.»

Pour ce qui est des snipers, très présents pour la visite du pape, notamment à l’église Père Laval à Ste-Croix, ils ne sont que quelques-uns à pouvoir prétendre au titre de «tireur d’élite» au sein du GIPM même si tous sont formés au maniement des armes à feu. «Swazir bann séki meyer lor tir. Apré get zot latitid, zot réaksion, kouma zot réazir kan pé tiré tousa-la. Lerla avoy zot fer enn training spésial kouma sniper.»

Leur motto : «To see without being seen.» Ces tireurs d’élite manient plusieurs types d’armes. Mais ça c’est secret, nous n’en saurons rien à ce sujet. «Pa tou zafer ki bon pou dir. C’est la règle d’or. Si on dévoile tout dans les journaux, l’ennemi peut s’en servir contre nous !» Idem pour leur mode de défense.

Cependant, il fait savoir qu’il n’est pas facile pour un sniper d’effectuer un tir à longue portée. «Tousala li pou zwé enn rol lor bal ek zarm zot pou servi. S’ils sont placés à plus de 100 mètres de hauteur, il y a plusieurs facteurs qui sont pris en considération comme la température, le vent ou encore l’humidité pour qu’un tir puisse être efficace.»

Les officiers du GIPM, qui sont en permanence sur le qui-vive, histoire de parer à toute éventualité, ont leur quartier général à la mobile wing de la Special Mobile Force, à Vacoas.

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