Mercenaires du GM crachent «on air»

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Ce n’est pas bien de dire que les mercenaires travaillent, sans état d’âme, pour leurs salaires. Ils ont aussi un coeur et, sans doute, comme vous et moi, des enfants à nourrir. Mais souvent ceux-là, malgré toutes leurs contorsions, arrivent difficilement à transformer les vessies en lanternes. Ce qui s’est passé, cette semaine, après le défi lancé à Navin Ramgoolam, sur des conseils mal avisés servis au PMO, a poussé quelques mercenaires à sortir de leur trou pour tenter d’y apporter leur ‘spin’ en trafiquant l’opinion.

La médaille du courage revient sans doute à notre ancien collègue Raj Meetarbhan qui a dû retrousser les manches de son paletot pour venir réparer, sur les ondes, la balle que le PM, en voulant jouer le matamore à Riviere-du-Rempart, s’est tiré dans la patte : «Un débat n’est pas important. Un face-à-face entre deux prétendants au poste de Premier ministre est un spectacle.»Raj Meetarbhan, qui essaie, peut-être, de devenir, au MSM, ce que Milan Meetarbhan est au Parti travailliste, va plus loin dans sa justification : «Ce n’est PAS un affrontement entre deux personnalités qui va éclairer les électeurs.»

Je n’ai pas cru mes oreilles, alors j’ai demandé aux collègues qui, comme moi, ont travaillé avec Raj Meetarbhan, du temps où il écrivait dans nos colonnes, si ce n’était pas une Fake News. Comment peut-il, alors qu’il conserve de bons contacts dans la presse, y compris chez nous, maintenir qu’un débat n’est pas important et, surtout, qu’un débat ne va pas éclairer les électeurs. Je ne comprends pas…

Pourtant, Raj Meetarbhan, avant qu’il ne soit contaminé par les mercenaires qui gravitent autour du pouvoir, avait pris sa plus belle plume pour écrire, sous le titre prophétique «Fuir le débat», un éditorial, publié le 13 novembre 2015 et consultable sur lexpress.mu (tant qu’Internet existera), que «le déficit de démocratie est un problème grandissant dans ce pays. De plus en plus de dirigeants politiques et de leaders d’opinion donnent l’impression qu’ils esquivent la confrontation d’idées préférant le monologue. Pourtant, à une époque où les enjeux de société sont complexes, les débats et échanges en face-à-face auraient permis aux citoyens d’être mieux éclairés». Sa ki li, Raj !

Comment comprendre que le même Raj Meetarbhan qui a écrit, en 2015, que «les débats en face-à-face auraient permis aux citoyens d’être mieux éclairés», peut-il venir dire, quatre ans plus tard, exactement le contraire, si l’on fait abstraction de l’effet néfaste du Trésor sur lui par des mercenaires désormais qui avancent sans masques…

Raj Meetarbhan, alors qu’il était journaliste-assis à l’abri des influences néfastes du pouvoir, a aussi écrit, avec raison, que «même à l’Assemblée nationale, lieu par excellence de confrontation d’idées, les parlementaires semblent moins disposés à engager le bras de fer avec l’adversaire direct(...)» Comme un signe prémonitoire, Meetarbhan avait rajouté une couche sur la MBC qu’il tente de contrôler aujourd’hui avec son ancien collègue (de quelques mois seulement) Rudy Veeramundar : «La MBC reste incapable d’organiser un débat contradictoire entre des intervenants de bords politiques différents. Dans le passé, il n’y avait pas de débat tout simplement parce que les opposants étaient interdits d’antenne.» Avant de terminer son texte en apothéose : «Seule la télé libre offre l’espoir, à ce stade, d’un développement de la culture de débat contradictoire !»

Qui a dit qu’il ne faut pas cracher en l’air ou, ici, «on air»...

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