Dépénalisation du cannabis: les politiciens encore frileux

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La dépénalisation du cannabis à usage médical fait débat suivant la proposition de la reclassification de l’OMS.

La dépénalisation du cannabis à usage médical fait débat suivant la proposition de la reclassification de l’OMS.

«C’est très regrettable, voire choquant, cet assassinat.» Les politiciens sont unanimes suite au meurtre du caporal Lapeyre survenu le 2 mai. D’autant que l’accusé n’est autre que son fils, consommateur de drogue synthétique. «On fait tout pour lutter contre la drogue synthétique et pour le côté répressif du trafic. Quant à la dépénalisation du cannabis médical, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) étudie la question. On voit aussi la communauté scientifique s’y atteler. L’État s’en tient à cela», déclare le Dr Zouberr Joomaye, membre du Mouvement socialiste militant.

Selon lui, le gouvernement doit suivre l’évolution de la médecine en se fondant sur les preuves. «Il faut voir si davantage d’études soutiennent cette dépénalisation du cannabis médical. Toute action visant à faire reculer la drogue est à l’agenda du gouvernement», ajoute-t-il.

Le positionnement des instances internationales sera déterminant pour d’autres formations politiques, dont le Parti travailliste. Le député rouge Arvin Boolell est catégorique : «Nous attendons la décision des Nations unies sur la classification du cannabis. Mais d’emblée, je l’avais dit, il faut que la légalisation soit effective à des fins thérapeutiques

Le synthétique véritable mal

Néanmoins, affirme-t-il, le véritable mal à combattre demeure la drogue synthétique. Arvin Boolell affirme que cette substance cause de multiples problèmes, dont des effets psychotiques et un taux de rechute considérable. «Il faut le soutien de toute la communauté. Aujourd’hui, même un enfant peut en fabriquer. Il faut agir au plus vite.»

Pour Veda Baloomoody, le Mouvement militant mauricien étudie actuellement les rapports internationaux sur la dépénalisation : «Certains disent que c’est bien, et d’autres soutiennent le contraire. Nous devons en savoir plus avant de nous aligner en faveur ou contre cette démarche.» Il souligne qu’il est impératif de faire la distinction entre le consommateur et le trafiquant. «Dans le premier cas, ce sont des victimes de la drogue pas des criminels. Il faut les traiter différemment et pas simplement les envoyer en prison.»

Quant au Parti mauricien social-démocrate (PMSD), rappelons qu’à plusieurs reprises, Xavier-Luc Duval, le leader, s’est clairement déclaré en faveur de la légalisation du cannabis médical. Se réjouissant de la décision de l’OMS de reclassifier cette drogue, il a affirmé attendre que le gouvernement légifère en conséquence.

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