Parce que la démocratie...

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.. est, selon Churchill, le «pire de tous les systèmes de gouvernement, sauf pour tous les autres»

.... ne peut que mourir si les citoyens qui en sont les dépositaires ne réfléchissent pas, ne s’engagent pas, n’assument pas leurs responsabilités personnelles et ne votent pas !

... n’est pas compatible avec du népotisme chronique, presque parasitaire, qui crache à la figure d’autres aspirations légitimes et de compétences bafouées.

.... ne souffre pas de ce qu’un gouvernement, lui-même issu d’élections libres, ose nommer des personnes politiquement mouillées et sans doute pas totalement «libres» à l’Electoral Supervisory Commission, qui est pourtant supposée garantir l’organisation d’élections... libres !

... trouve insupportable le monopole débilitant de la télévision nationale, d’autant que cette dernière fait clairement la propagande du gouvernement au pouvoir, qu’elle soit pilotée par Callikhan ou par Ramsurrun (chapeau M.Baldowa ! ) alors qu’elle est supposée être équitable.

... ne peut tolérer les «provisional charges» et arrestations intempestives, que l’on inflige à tour de bras et de manière punitive, l’idée étant non pas d’essayer d’établir la culpabilité de quelqu’un selon le «due process» approprié d’une cour de justice, mais, plutôt, de «mettre un cracking» sur la personne visée. En parlant de quoi :où en est-on avec le Police and Criminal Evidence Bill (PACE) qui devait tout régler ? 

... ne saurait s’accommoder des motivations plus qu’opaques d’un Prosecution Commission Bill qui aspirait à garroter ou à mettre «sous bol» encore une institution qui se doit pourtant d’être indépendante, celle du Directeur des poursuites publiques.

... ne peut consentir que les représentants du peuple au Parlement et au Cabinet puissent opérer sous le couvert d’autant de contrats et d’accords émaciés par des clauses de confidentialité qui gardent le peuple dans le noir.

... se conforme mal de la distribution de faveurs et de prébendes de l’État à seulement un clan de protégés, du pandit Sungkur à Lekhram Nundlall, de Bissoon Mungroo à M. Boygah (M. «Bambara»).

... ne peut continuer à souffrir de l’absence d’un Freedom of Information Act qui, à la base, permettrait au citoyen de tenir responsable et d’exiger des comptes de ceux à qui il a donné un mandat de représentation.

... ne comprend pas que l’on puisse négocier une compensation de Rs 15 millions à un des siens, M. Dayal, alors que de l’avis des hommes de loi du gouvernement il n’y avait aucune raison valable de le faire.

... se tord de douleur quand ceux qui sont supposés agir indépendamment et «in their own deliberate judgement» dans notre système déclaré de «checks and balances», se comportent comme des caniches de cirque.

... ne supporte pas que, depuis des années, le rapport de l’Audit identifie des gaspillages et des insuffisances qui ne mènent à aucune sanction et qu'il n'y ait pas assez de mesures correctives parce que les décisionnaires ne semblent pas intéressés.

... ne voudrait pas être complice, ne serait-ce que passivement, de petits bouts de loi, comme la clause 8(1)(m) de l’Immigration Act qui permet au PM, seul, de décider quel étranger épousant un citoyen mauricien peut rester au pays ou non, surtout au vu de la première victime, le commandant Hofman, pilote chez Air Mauritius, qui aurait, entre autres, a-t-on «jugé d’avance», la récidive probable !

... n’est pas très fière de ce qui s’est concocté à Air Mauritius, y compris dans son conseil d’administration, pour évacuer Megh Pillay et favoriser l’enfant de Lakwizinn, Seetaramadoo.

... ne cautionne pas les tentatives de modifier le résumé du Hansard du Parlement à sa convenance, les questions parlementaires qui restent sans réponses, le renvoi des débats parlementaires pendant des mois au motif de «koz-kozé», apparemment plus importants à titre personnel.

... se révèle être franchement incompatible avec les boycotts de publicité gouvernementale pour les journaux qui «déplaisent», incompatible aussi avec trois escouades du CCID débarquant chez des journalistes à 5 heures du matin parce que leur enquête forçait un Attorney General à la démission, incompatible finalement avec un pouvoir qui décrit des journalistes comme autant de «zanimo» ou de «femellisien».

... ne peut pas accepter que la «démocratisation de l’économie» ne se fasse qu’en faveur de certains et que tous n’aient pas des chances égales d’en profiter, selon des règles qui s’appliqueraient à tous. 

... n’a aucune raison de tolérer une Declaration of Assets qui ne soit pas rendue public, des comptes de partis politiques qui ne soient pas audités et publiés, des financements politiques qui restent jusqu’ici insondables.

... électorale ne saurait être le prétexte pour des décisions inconsidérées qui plombent la balance des paiements, le déficit budgétaire et la dette nationale dont seront pourtant responsables, les contribuables et non les décisionnaires... 

... le citoyen électeur ferait bien d’être perspicace lors des prochaines électionset de voter en conséquence. Sinon, il aidera encore plus à la des-cente aux enfers de notre jeune démocratie.

***

Les États-Unis ont peut-être quelques leçons à nous donner ces jours-ci sur le plan de la démocratie. La Chambre des représentants, «seperate but equal» à la présidence, est, dans la pensée des pères fondateurs de la Constitution américaine, un contre-pouvoir capital pour empêcher l’émergenced’une présidence «impériale». Notre Chambre des représentants à nous, c’est le Parlement et il n’a jamais agi comme un contrepoids, ne serait-ce qu’occasionnel, à la concentration phénoménale de pouvoirs entre les mains de nos Premiers ministres qui ne craignent, en fin de compte, que l’électorat une fois chaque cinq ans. Les commissions du Sénat et de la Chambre des représentants, avec leur composition bipartisane, permettent que tous les officiers du gouvernement puissent être interrogés et rendus publiquement «accountable» aux représentants de la population. Nous n’avons rien de comparable ici-bas, la majorité parlementaire étant invariablement couchée dans le sens désiré par le PM, sauf si l’intérêt personnel d’un parlementaire insatisfait (Dayal, Teeluckdharry, Jahangeer par ex.) inspirait quelques menues manœuvres d’affichage tactique... Le comportement de Bill Barr, ministre de la Justice, fait sourciller plus d’un ces jours-ci, ses écrits et témoignages relevant plutôt de ceux d’un avocat de la défense de Trump que d’un responsable indépendant assurant le respect des lois nationales. Notre Attorney General est bien trop souvent un homme du même bord politique que le PM. Il ne prétend d’ailleurs pas autrement... Si c’est le collège électoral qui élit le président, pas les votes des citoyens lambda, par contre le choix des sénateurs et des membres du Congrès se fait par vote majoritaire, ce qui rend possible de changer de majorité à mi-mandat et force donc au dialogue et au compromis nécessaire entre la Maison-Blanche et le Congrès ! C’est salutaire ! Ce n’est pas tous les jours dimanche dans ce système, mais n’empêche que ça n’a jamais grippé de manière mortelle et que les États-Unis avancent toujours bien sur ce que les démocrates et les républicains ont au moins en commun (salaires, l’armée, les infrastructures, contributions internationales etc...) 

C’est donc possible, si l’on se conduit en adulte et occasionnellement de manière non partisane à la manière de John McCain, Jim Costa, Sam Nunn ou Beto O’Rourke. Pour le bien commun plutôt que le bien personnel. Pour le bien commun plutôt que pour l’intérêt du parti ! 

Il est temps de relooker notre démocratie à nous, vous ne trouvez pas ?

Dans le dialogue démocratique plutôt que par commandement impérial, bien sûr...

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