Célébrations religieuses: lorsque le discours politique s’y mêle

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Pravind Jugnauth et Navin Ramgoolam ont prononcé chacun un discours à l’occasion du Nouvel An tamoul le dimanche 14 avril, à Grand-Baie et à Blue-Bay respectivement.

La litanie revient. Les hommes politiques que l’on prie d’assister à des célébrations religieuses ont des traitements très différents. Le dimanche 14 avril, que ce soit Pravind Jugnauth à Grand-Baie ou Navin Ramgoolam, à Blue-Bay, ont eu droit à des pancartes pour les interpeller. Sur ces écriteaux un message on ne peut plus clair : garder la politique éloignée de la religion. C’était à l’occasion du Nouvel An tamoul.

«Incident, quel incident ?», se demande Satchyuda Ramasawmy, président de la Mauritius Tamil Temples Federation, organisateur de la célébration de dimanche à Grand-Baie. «Je ne connais pas ces gens.» Il nous renvoie au communiqué qu’il a émis hier après-midi, lundi 15 avril, où il souligne que le discours du Premier ministre n’a à aucun moment été interrompu. Il affirme également que le protocole a été suivi à la lettre. «Il n’y a eu aucune discrimination dans les invitations.»

Tage Narayen kodi ramanah : «Aux politiciens de faire preuve de maturité»

Du côté du Mauritius Telugu Maha Sabha, Tage Narayen Kodi Ramanah précise d’abord que dans ses discours, il ne «parle pas de politique». Mais, ajoute-t-il, comme l’organisation qu’il préside touche une subvention de l’État, «nous l’en remercions publiquement». Et de faire ressortir: «C’est naturel. Mais je ne fais pas de demandes. Je suis très vigilant. Sinon kouma dir enn fami vinn kot ou, ou donn li enn ver délo apré ou répross li enn bann zafer.» Le président du Mauritius Telugu Maha Sabha ajoute : «Si j’ai des questions précises à soulever, je demande un rendez-vous aux responsables politiques pour en parler.»

Quant aux invités politiques qui assistent à des prières et spectacles, il confie ne pas avoir d’objection à ce qu’ils prennent la parole. «Néanmoins nous n’avons pas de contrôle sur ce qu’ils vont dire.» Selon lui, c’est aux hommes politiques «de faire preuve de maturité pour décider de quoi ils vont parler». Tage Narayen Kodi Ramanah se demande d’ailleurs : «Est-ce que c’est faire de la politique quand un politicien parle de ses réalisations ? Au bout du compte, tout est lié à l’économie et à la politique.»

Asant Govind : «redevable au gouvernement»

Pour sa part, Asant Govind, président de la Mauritius Marathi Mandali Federation, explique qu’une ligne de démarcation existe déjà. À titre d’exemple, lors des récentes célébrations de Gudi Padwa, «la partie religieuse a eu lieu le matin et les hommes politiques présents n’ont pas fait de discours». Par contre, l’après-midi, micro ouvert à l’occasion du «programme culturel». «Pa kapav koné ki zot pou dir.» Le président relève aussi : «Nous travaillons avec le gouvernement. Il nous soutient grâce à la subvention. Nous sommes redevables au gouvernement.»

Rajendra Ramdhean : «les gens tirent leurs propres conclusions»

Rajendra Ramdhean, président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation, ne trouve, lui, rien à redire aux discours politiques lors des célébrations religieuses. Il estime qu’après ces discours, «les gens vont tirer leurs propres conclusions. Zot pou gété séki pou fer».

Dans ses interventions, il formule des requêtes. «Nous ne demandons rien d’autre que notre dû.» Exemple : réservoirs à moitié prix pour les temples à cause des coupures d’eau ou encore caméras de surveillance à moitié prix, «lakoz finn kraz kalimay».

Hurrydeo Ramdhonee: «nivo zot été pa néséser donn zot guidelines»

Le responsable de l’Arya Sabha Mauritius, Hurrydeo Ramdhonee, estime que la politique et la religion sont «deux roues qui tournent ensemble. Tout développement dépend des décisions politiques»

Ce responsable se voit-il briefer des hommes politiques avant leur intervention à l’occasion d’une fête religieuse ? Stupeur et embarras. Hurrydeo Ramdhonee affirme : «Nivo ki zot été pa néséser donn zot guidelines».

Politiciens muets

Il y a aussi les organisations religieuses qui ne donnent pas la parole aux hommes politiques. Comme l’Église catholique. Gérard Mongelard, prêtre, porte-parole du diocèse de Port-Louis souligne: «Cela n’a jamais été le cas. L’église c’est pour entendre la parole de Dieu.»

Attitude similaire de Mario Hung, président de la pagode Kwan Tee. «Nous invitons les hommes politiques, mais c’est seulement le président de la pagode qui parle.» L’occasion d’inviter les jeunes à garder vivantes les traditions.

Par contre, nous n’avons pas pu entrer en contact avec la Jummah Mosque, malgré nos nombreux appels.

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