Rajendraparsad Boodhun et ses vaches chassés de Grand-Bassin

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Rajendraparsad Boodhun en compagnie de sa vache Radhika.

Rajendraparsad Boodhun en compagnie de sa vache Radhika.

Un homme, se baladant en compagnie d’une vache, en voiture. Cette scène, vous l’avez sûrement vue de vos propres yeux, ou en vidéo sur les réseaux sociaux, il y a quelques semaines. Mais, récemment, Rajendraparsad Boodhun a eu quelques ennuis...

 
 

L’incident s’est déroulé à Grand-Bassin, le 1er mars, lors du pèlerinage. Il a décidé de prendre le taureau par les cornes. Il a écrit au Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui était également le président de la «task force» en marge de Maha Shivaratree...

Cela fait dix ans que, sans faute, Rajendraparsad Boodhun emmène une de ses vaches à Ganga Talao, pendant les jours précédant la grande nuit de Shiva. Le but : parler aux fidèles de l’importance de cet animal considéré comme sacré dans la culture hindoue.

Fidèle à son habitude, le recteur de profession s’y est rendu cette année également, trois jours durant. Sauf que, selon ses dires, vers les 20 heures, au troisième jour, 30 policiers l’ont accosté pour lui demander de «pran [ou] vas alé dépi isi».

Sa vache et lui se trouvaient, en fait, dans un stand inoccupé, selon ses dires. «Les policiers m’ont dit qu’ils avaient reçu une plainte. De qui ? On ne me l’a pas dit. Mo vas ti bien trankil. Nous ne dérangions personne. Mo’nn dir zot ki vas ‘artificiel’ gagn drwa vini, me pa vré vas...»

Il écrit à Pravind Jugnauth

Il ajoute qu’il est conscient du fait que son animal étant une attraction, cela a pu causer un ralentissement au niveau du trafic à Grand-Bassin. «Raison pour laquelle je suis entré dans ce stand inoccupé. S’il y avait des gens, je ne l’aurai pas fait. J’aurais trouvé un autre endroit où personne n’allait être dérangé. Je ne crois pas avoir fait une erreur», estime Rajendraparsad Boodhun.

Mais face aux directives de la police, sa vache et lui ont été contraints de plier bagages. Cela ne veut pas dire qu’il a digéré cet incident. Il a décidé d’écrire à Pravind Jugnauth qui présidait la «task force» mise sur pied en marge de Maha Shivaratree. Une correspondance dans laquelle il évoque l’importance accordée à la vache dans la religion hindoue. «Kapav li pa koné», dit-il.

Pour celui qui en héberge actuellement soixante chez lui, à Belle-Rive, conduire une vache au lac sacré dans le sillage de Maha Shivaratree est sa façon de prier, d’honorer les dieux. «Or, on m’empêcher de le faire. Ganga Talao n’appartient à quiconque On devrait faciliter la tâche des dévots et non les contrarier de la sorte.»

Sollicitée, la cellule de communication de la police indique n’avoir enregistré aucune entrée à ce propos et ne pas savoir pourquoi il a été chassé.

Pour sa part, Rajendraparsad Boodhun ne compte pas s’arrêter en si bonne voie. Il continuera à conduire ses vaches là où il faudra lorsque celles-ci seront sollicitées pour des prières, comme il le fait actuellement.

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