Kaya, nou Bob Marley, assassiné…

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“I’ve got to have kaya now!
I’ve got to have kaya now!
For the rain is fallin’!
I’ve got to have kaya now”

Kaya, titre-éponyme du 10e album
de Bob Marley and the Wailers, 1978

Grosse actualité prévue, cette semaine, autour des 20 ans de la mort de Kaya, notre Bob Marley local. Le pays entier va essayer de se réconcilier avec son histoire révoltante. On aiguise les discours. Qui saura le mieux lui rendre hommage ?

Kaya, non seulement nous a légué un formidable courant musical, le seggae, mais de multiples messages de paix et d’amour qu’on écoute souvent mais qu’on n’entend pas assez. Prisonniers que nous sommes.

Avec ses dreadlocks et ses couleurs jamaïcaines et panafricaines, Kaya avait choisi, contrairement à l’hypocrisie d’autres artistes ou politiciens, de dire oui. Oui il fumait, ce jour-là, sur l’estrade, devant nous tous, et tous les jours aussi, un joint, plusieurs joints. Il préférait l’herbe à l’alcool ou aux substances chimiques qui comprimaient son esprit.

À lui-seul, Kaya avait entrepris un combat, à Alcatraz, pour libérer les esprits emprisonnés.

Mais sa fragile silhouette n’a pas résisté aux terribles coups du destin. Il n’y avait personne, ni à Maurice, ni à Rodrigues, pour payer sa maigre caution, pour lui démontrer qu’il n’était pas seul dans les ténèbres de ce cachot sans issue, d’un autre âge. Comme d’autres pays ont perdu Lennon, Hendrix, Cobain, Joplin, Maurice perdait, en ce 21 février noir de 1999, Kaya. Dehors la rue criait, explosait, le feu s’étant propagé, trahissant ses textes... Kaya, symbole de paix, était devenu malgré lui un prétexte aux violences ethniques.

20 ans après sa mort, on écoute toujours Kaya, repris tous les jours dans un coin du pays. Simé Lalimier est devenue notre Redemption Song. L’engagement politique, l’envie de se battre pour un monde meilleur, où fumer un joint ne serait pas un délit, comme c’est désormais le cas aux States ou en Afrique du Sud. Mais Maurice n’était pas prête, il y a 20 ans, à recevoir le message et à vaincre ses préjugés. 20 ans après, sommes-nous, enfin, disposés à l’écouter vraiment, avec une autre oreille ? Pas si sûr. On entend toujours résonner ces réflexes d’antan qui tentent de nous enfermer dans ce passé décomposé. Pourtant la musique de Kaya, comme celle de Bob Marley, ne fut jamais qu’un long chant d’amour... Écoutez. Lisez plutôt... Afin d’arrêter, enfin, de trahir Kaya.


RAS KOUYON :
Ki satima nouvo zot pé inflizer
Kan to miltiplier to révolte
La tete entier malade
Leker souffrant
Ki la loi pou servi parmi enn bann rebel
Enn bann synthétik enn bann ras viper
Pé viv artificiel
Zot conte natirel
Assez confier to namm avec bann ras viper
Noune fini fini fini fini dévoster
Avec foss kiltir ek siperstition

SIMÉ LA LIMIER
Mo lavi/Li ti dan maré noir
Depi létan/Mo na pa conne la limière
Azordi/Mo pé appranne la limière
Mo finn décider
Pou montrer tou dimounes
Montrer moi kisana ki pé fer la sarité
Dir moi kisana ki pé envie fer linité
Montrer moi kisana ki pé fer la vérité
Simé la limière sa li pou léternité

LANPIR UNIVERSEL
Depi la tour babel
Zom pé roder lanpir iniversel
Zot encore rever zordi
Zamais pou arriver par la violence
Zot tou rode conquerir la terre ek zot lévé violence
Zot pé donne lépé partou
Cot tou dimoune pé soif la paix
Zom dan to zistoire depi ki to pé contrôle la terre
Si pou conter létan
Na pena letan ki pa disan
Comier temps mo pé dimander
Ki to pou fer massacre
Guette bézé ki pou arriver
Tou dimounes pou plis révolter

Joseph Réginald TOPIZE (KAYA)

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