Ramesh Ramdoyal: «Tôt ou tard, le kreol aura droit de cité au Parlement»

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Ramesh Ramdoyal, ex-directeur du Mauritius Institute of Education.

Ramesh Ramdoyal, ex-directeur du Mauritius Institute of Education.

L’ex-directeur du Mauritius Institute of Education (MIE) est un régulier de la Collection Maurice lancée, en 1994, par Rama Poonoosamy, le directeur de l’agence Immedia. Avec Ananda Devi, Lindsay Dookhit, Lindsey Collen, il apporte immanquablement sa pièce à chaque édition.

Quand il venait de prendre sa retraite à la fin des années 90, le pédagogue s’adonnait à plusieurs activités, mais une alerte médicale l’a poussé à lever le pied. «J’ai pris cela comme un avertissement et depuis j’ai lâché prise», dit-il.

Ramesh Ramdoyal est d’une modestie déroutante. «Non, je ne suis surtout pas un auteur prolifique», proteste-t-il quand nous utilisons ce qualificatif pour le décrire. C’est le désir de laisser au pays un héritage esthétique qui le motive. «Nous nous efforçons de contribuer pour laisser quelque chose de beau en héritage. Si je pouvais chanter, je le ferais. Je me contente d’écrire des histoires.» C’est ainsi que l’écrivain âgé de 79 ans aide à enrichir le patrimoine littéraire mauricien.

En 1958, Ramesh Ramdoyal, élève du Collège Royal de Port-Louis, est lauréat. Il décroche la prestigieuse Bourse d’Angleterre. Le natif de Rivière-du-Rempart qui a grandi dans le Ward IV portlouisien ne choisit pas la médecine ou le droit, des filières très prisées à l’époque. Il s’en va étudier les lettres à Oxford.

D’où tient-il cette passion pour la littérature ? «Comment faire autrement quand les profs s’appellent Frank Richard ou Georges Telescourt ? Ils nous faisaient découvrir et aimer les oeuvres de Shakespeare, Keats, Shelley et d’autres grands écrivains

Justement, quel regard l’ancien directeur du MIE porte-t-il sur le travail de nos pédagogues actuels ? Ramesh Ramdoyal n’est pas un adepte de la critique facile. «Certes, des géants comme Richard et Telescourt sont rares. Cependant, on doit retenir que les enseignants travaillent aujourd’hui dans des conditions particulières. C’est difficile de faire aimer la littérature à un jeune qui est sans cesse sujet à toutes sortes de sollicitations.»

Ramesh Ramdoyal est de ceux qui souhaitent l’émergence d’une culture mauricienne et y travaillent. Quand le gouvernement issu des élections de l’an 2000 veut créer le Centre culturel mauricien, il confie cette tâche à des universitaires dont Jocelyn Chan Low, Vinesh Hookoomsing et Ramesh Ramdoyal. Toutefois, l’expérience n’est pas concluante. «Nous étions coincés entre les autres centres culturels», regrette l’écrivain.

Que pense le littéraire de l’introduction du kreol à l’Assemblée nationale ? «Tôt ou tard, le kreol aura droit de cité au Parlement.» Notre interlocuteur estime qu’on ne doit pas trop forcer les choses au risque de susciter de la résistance à une plus grande reconnaissance de notre langue maternelle. Néanmoins, il est d’avis qu’il faut toujours militer pour la valorisation du kreol. Pour sa part, l’écrivain a publié plusieurs oeuvres dans le langage le plus parlé à Maurice.

En sus de cela, les écrits de Ramesh Ramdoyal racontent l’art de vivre mauricien. De la trilogie des Tales from Mauritius à An islander’s journey, l’écrivain transmet le vécu du Mauricien.

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