Vente aux enchères: sur les traces de sir Pierre Simonet

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Le nom de Pierre Simonet est aussi associé au Centre culturel d’expression française, «qu’il a tenu à bras-le-corps».

  Le nom de Pierre Simonet est aussi associé au Centre culturel d’expression française, «qu’il a tenu à bras-le-corps».  

Un lit style Napoléon 111, une paire de défenses d’éléphants sculptés, un tableau signé Le Juge de Segrais. Ce sont des items d’une longue liste d’effets ayant appartenu à sir Pierre Simonet. Ses affaires sont à vendre au plus offrant aujourd’hui et mardi, dans sa maison de Floréal. C’est le commissaire-priseur Jacques Alain Lazarre qui dirige la vente.

Qui était celui qui a donné son nom à une rue qui monte vers les hauteurs chics de Floréal ? Yvan Martial, journaliste et ancien rédacteur en chef, remonte jusqu’au père de sir Pierre Simonet, Marcel. C’est lui qui ouvre une pharmacie à l’entrée de Curepipe «entre les deux guerres». «Dès les années 1950, il se fait élire au conseil urbain, l’ancêtre des municipalités. C’était l’époque où les élus ne touchaient pas un sou.»

Pierre Simonet marche dans les pas de son père. Il se lance en politique. Il est conseiller puis maire de Curepipe. «On passe de la politique des personnalités à celle des partis.» En 1976, il est élu à Curepipe, sous les couleurs du Parti mauricien social démocrate (PMSD). Ses colistiers sont Maurice Espitalier-Noël et Ghislaine Henry, une jeune enseignante, fraîchement rentrée de ses études en France. «Mais Gaëtan Duval, candidat au no4 est battu», rappelleYvan Martial.

Les sept élus PMSD, Pierre Simonet inclus, «permettent au Parti travailliste, avec ses 25 élus d’avoir la majorité face aux 30 élus du Mouvement militant mauricien». Les autres élus PMSD de 1976 sont Eliézer François, Nicol François, Robert Rey et Cyril Guimbeau. «Pierre Simonet n’a jamais été ministre», précise Yvan Martial. Député de 1976 à 1982, il est balayé par la vague des 60-0.

Pierre Simonet reprend la pharmacie créée par son père. Azad Doomun qui l’a côtoyé «à partir de 1964» raconte : «À l’époque, la famille vivait au-dessus de la pharmacie. En cas de besoin, il ouvrait la pharmacie même à deux heures du matin, si quelqu’un avait besoin d’un médicament d’urgence.»

Joseph Cateau aussi a connu sir Pierre Simonet. Une anecdote lui revient : «Quand Pierre Simonet a fermé la pharmacie pour de bon en 2003, il m’a montré une série d’impayés. Je lui ai demandé s’il allait poursuivre ces clients. Il m’a répondu que cela ne faisait pas partie des traditions de la famille.»

Joseph Cateau rappelle également que sir Pierre Simonet a été président de l’ex-Central Housing Authority. Il a aussi siégé au sein de la Disciplined Forces Services Commission.

Le nom de Pierre Simonet est aussi associé au Centre culturel d’expression française, «qu’il a tenu à bras-le-corps». Il est l’un des membres fondateurs du Lions Club de Curepipe.

Sir Pierre Simonet est décédé le 15 juillet 2015. «Il n’était pas marié et n’avait pas d’enfants», indique Joseph Cateau. Trente ans plus tôt, il avait été décoré. «Mais même s’il était ‘sir’, beaucoup de Curepipiens l’appelaient Ton Pierre…»

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