Élections générales: Prakash Maunthrooa sera-t-il de nouveau candidat ?

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Prakash Maunthrooa est Senior Adviser au PMO et il ne cache pas ses ambitions de se porter candidat, pour le MSM, aux prochaines élections.

Prakash Maunthrooa est Senior Adviser au PMO et il ne cache pas ses ambitions de se porter candidat, pour le MSM, aux prochaines élections.

Cela ne fait aucun doute. Prakash Maunthrooa a une grande ambition politique. Il a été le candidat du Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mauricien (MSM-MMM) à la partielle de Piton–Rivière-du-Rempart (no7), en décembre 2003, mais il avait mordu la poussière face au poulain du Parti travailliste (PTr), Rajesh Jeetah. En juillet 2005, il se porte à nouveau candidat, pour le même bloc politique, à Pamplemousses-Triolet (no5). Mais il mord encore une fois la poussière, face à Navin Ramgoolam et ses deux colistiers du PTr. Jamais deux sans trois, nous dit le dicton. Car, il devient de plus en plus évident, de par ses «moves», que Prakash Maunthrooa sera à nouveau candidat du MSM aux prochaines élections générales.

Où ? Probablement au no7, mais depuis quelques mois, il arpente aussi le terrain à Grand-Baie–Poudre-d’Or (no6), où il ne serait cependant pas le bienvenu au sein de sa propre écurie. Nous retraçons le parcours de cet homme, Senior Adviser au Bureau du Premier ministre (PMO), et qui, diton, est l’un des plus influents dans le cercle du pouvoir.

Originaire d’Eau-Coulée, à Curepipe, Prakash Maunthrooa débute sa carrière professionnelle à la Mauritius Marine Authority à la fin des années 70, comme secrétaire. Il travaille sous la direction de feu Hurryparsad Ramnarain et après le décès de ce dernier, c’est lui qui allait prendre les destinées de cette institution devenue entretemps la Mauritius Ports Authority (MPA).

En 1996, le PTr et le MMM étaient en alliance au gouvernement, mais Navin Ramgoolam, jugeant Maunthrooa proche du MMM, nomme Gilbert Philippe président du conseil d’administration de la MPA. Deux ans plus tard, le MMM se trouvant entre-temps bouté en dehors du pouvoir, un prétexte est trouvé pour que Prakash Maunthrooa démissionne du Port. Il part avec un «full lump sum» même s’il comptait moins de 33 années et un tiers de service. Il se lance alors dans le business et ouvre sa propre compagnie.

En septembre 2000, quand l’alliance MSM-MMM reprend le pouvoir, il est nommé président du conseil d’administration de la MPA. Et quand sir Anerood Jugnauth démissionne du Parlement, en 2003, pour céder la place de Premier ministre à Paul Bérenger, et accéder à la présidence de la République, une élection partielle se tient au no7. Si, dans un premier temps, Prakash Hurry est choisi pour être le candidat de l’alliance orange-mauve, le choix allait finalement se porter sur Prakash Maunthrooa. Après sa défaite électorale, il est nommé directeur du Board of Investment, poste qu’il occupe jusqu’à 2005 et qu’il évacue après le retour du PTr au pouvoir. Après quoi, il devient le secrétaire administratif du MSM, au Sun Trust.

En décembre 2014 après la victoire de l’alliance Lepep, il est nommé Senior Adviser au PMO. Il devient vite l’homme à tout faire. Jusqu’à présent, sir Anerood Jugnauth n’étant pas particulièrement actif sur le terrain, c’est Prakash Maunthrooa qui le représente au no7. Il se permet même d’animer des réunions politiques et, chaque quinzaine, il anime la réunion du comité régional chez les Bhogun, à Rivière-du-Rempart.

Sans compter qu’il préside des réunions au siège du conseil de district de Rivière-du-Rempart, avec des cadres de la National Development Unit, pour parler des projets aux nos 6 et 7. Des actions qui ont poussé deux des trois députés du gouvernement au no6, à savoir Sudesh Rughoobur et Sangeet Fowdar, à s’élever contre sa tentative de tout contrôler dans cette circonscription.

Prakash Maunthrooa est aussi celui qui fait la liaison entre Pravind Jugnauth et les lobbies sectaires. Il reçoit souvent les représentants de ces associations à son bureau et c’est sur ses conseils que le Premier ministre a, entre autres, pris ses distances de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation.

Bhardoiraj Maunthrooa et ses investissements

L’affaire avait fait grand bruit. Le frère de Prakash Maunthrooa, Bhardoiraj, avait investi près de Rs 115 millions dans le Super Cash Back Gold et dans le Bramer Asset Management du défunt groupe British American Investment. Une richesse inexpliquée, disait-on. Néanmoins, après une enquête de la Financial Intelligence Unit, Bhardoiraj Maunthrooa a récupéré une partie de son argent. Dans une déclaration à «l’express», avant que son frère n’ait récupéré ses investissements, il avait dit : «Tout ce qui concerne mon frère ne m’intéresse pas.»

L’affaire Boskalis

Le Senior Adviser a une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête, avec l’affaire Boskalis, qui remonte à 2007. Alors directeur de la MPA, il est accusé d’entente délictueuse et Siddick Chady, qui se trouvait être, lui, le président du conseil d’administration de l’autorité portuaire, de corruption. Il s’agit d’une allégation d’obtention de pots-de-vin, versés par la compagnie hollandaise Boskalis, contre l’obtention d’un contrat de Rs 537 millions, pour des travaux de dragage dans le port. Prakash Maunthrooa a été arrêté et inculpé dans cette affaire qui se trouve toujours devant la justice.

Membre de plusieurs «boards»

Prakash Maunthrooa siège au sein de plusieurs conseils d’administration. En avril, 2017, le Premier ministre, répondant à une question du député Rajesh Bhagwan, avait indiqué que le Senior Adviser siège au sein des «boards» de trois organismes publics. À savoir le Board of Investment, où il reçoit une allocation mensuelle de Rs 25 000 ; l’Information and Communication Technologies Authority (Rs 22 000 comme allocation) et la Postal Authority (allocation de Rs 9 000). Quelques semaines après, toujours au Parlement, Pravind Jugnauth avait soutenu que Prakash Maunthrooa est aussi membre des conseils d’administration d’Air Mauritius et de la SBM. Plus tard, quand le député du MMM Reza Uteem avait demandé au Premier ministre si une personne, sur laquelle pèse une allégation d’entente délictueuse, peut siéger au sein de la Financial Services Commission, Pravind Jugnauth avait répondu que jusqu’ici, la présomption d’innocence doit primer.

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