Freddy Sakir: «Bien encadrer les adolescents est un enjeu crucial»

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Freddy Sakir, ancien formateur en psychopédagogie et ex-«Principal Guidance Officer».

Freddy Sakir, ancien formateur en psychopédagogie et ex-«Principal Guidance Officer».

Il est le premier Mauricien à se spécialiser en psychologie. Freddy Sakir, qui a dirigé le département d’orientation professionnelle de l’État, est aujourd’hui à la retraite. Ce qui ne l’empêche pas de demeurer à l’écoute de la société.

Freddy Sakir est resté un observateur attentif de l’évolution de la société mauricienne. À 84 ans, le premier Mauricien diplômé en psychologie et sciences sociales s’active toujours à observer et étudier les comportements sociaux. L’ancien conseiller en orientation professionnelle, qui a exercé pendant de nombreuses années comme conseiller en orientation professionnelle, s’intéresse beaucoup aux débats liés à l’actualité. «Cela m’arrive de zapper sur plusieurs radios. J’aime écouter les échanges sur des thèmes sociaux et les interventions des auditeurs», déclare-t-il.

Que constate l’expert en psychologie sociale ? Freddy Sakir, qui intervenait régulièrement au Mauritius Institute of Education, s’inquiète de la prolifération de la drogue. «Bien encadrer les adolescents est un enjeu crucial.» Mais comment faire quand, en milieu scolaire, on compte un psy pour 2 000 enfants ? «Il faut que tous les enseignants soient formés en la matière afin de pouvoir apporter un accompagnement aux jeunes en attendant la visite périodique des psychologues», répond l’observateur expérimenté.

Freddy Sakir est aussi d’avis que les consommateurs de drogue ne devraient pas être envoyés en prison. «Ce sont des victimes qui doivent être soignées. Les trafiquants, eux, doivent être punis», dit-il. La violence qui est dans l’actualité quotidienne interpelle également le praticien des sciences sociales. Il laisse entendre que le potentiel de violence est présent dans toute société et qu’une étincelle peut conduire à un embrasement.

Faire preuve d’indépendance d’esprit

«Rappelons-nous les émeutes Kaya, l’incendie de l’Amicale après un match de football. Il faut être vigilant et prévenir les débordements.» En 2010, lors d’un congrès international de psychologues et psychanalystes réunis à Mahébourg, Freddy Sakir a fait une présentation sur des événements violents qui ont marqué le pays. Son intervention a été publiée dans un recueil à Paris, sous le titre «Cyclone sur Maurice».

C’est très jeune que Freddy Sakir a montré sa préférence pour les sciences sociales. En 1957, il s’embarque pour Londres afin d’entreprendre des études de psychologie et de sciences sociales. En 1963, il est en fin d’études quand Veerasamy Ringadoo, membre du conseil législatif mauricien, de passage à Londres, lui propose de rentrer au pays. L’année suivante, le diplômé est à Maurice. Cependant, il n’est pas tout de suite embauché dans la fonction publique. Il enseigne dans des collèges, avant de rejoindre l’université de Maurice.

En 1971, le Britannique John Pape, venu créer le département d’orientation professionnelle, recrute Freddy Sakir pour être son adjoint. Deux ans après, le Mauricien prend la direction du département. Il y restera jusqu’à ses 60 ans en 1994.

L’ex-fonctionnaire se souvient des nombreuses sessions d’information et des consultations pour convaincre les jeunes de s’intéresser à des formations dans le tourisme et l’industrie. Il s’agissait des deux pôles de développement identifiés par le gouvernement.

Au cours de sa carrière, Freddy Sakir a prodigué des conseils d’orientation à de nombreux jeunes qui, après leurs études, sont rentrés au pays pour devenir des professionnels de premier plan. D’ailleurs, dans une récente interview de presse, l’ancien haut fonctionnaire Assad Buglah disait qu’il s’est orienté vers des études en commerce international sur les conseils de l’ex-Careers Guidance Officer.

Freddy Sakir a toujours fait preuve d’indépendance d’esprit. C’est ainsi qu’il démissionne de la Public Service Commission peu de temps après y avoir été nommé dans les années 2000. Il ne souhaite toutefois pas s’étendre sur la question.

Aujourd’hui, l’esprit toujours alerte, l’octogénaire tient à rester constamment à l’écoute de la société mauricienne.

Son parcours

1953 : Entre au Teachers Training College ;
1954 : Enseigne dans les écoles ;
1957-64 : Études de psychologie à l’université de Londres ;
1964 : Retour à Maurice ;
1969 : Enseigne à l’université de Maurice ;
1971-1994 : «Principal Careers Guidance Officer».

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