Astrid Descelles: Multiplier les projets pour que les Mauriciens se soucient de leur santé

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Astrid Descelles, présidente de la Commission santé du Lions Club de BB–RH.

Astrid Descelles, présidente de la Commission santé du Lions Club de BB–RH. Astrid Descelles, présidente de la Commission santé du Lions Club de BB–RH.  

Les Mauriciens ne se nourrissent pas convenablement. D’où la prévalence du diabète et ses corollaires. Dans l’optique de leur faire prendre conscience qu’ils doivent impérativement tenir compte de leur santé, Astrid Descelles, présidente de la Commission santé du Lions Club de Beau-Bassin–Rose-Hill, multiplie les projets.

Cette jeune femme est assurément une fonceuse. C’est clair lorsqu’on prend connaissance de son parcours général. Et depuis qu’elle a pris la présidence de la Commission santé du Lions Club de Beau-Bassin–Rose-Hill (BB-RH) en juillet dernier, elle a déjà bouclé deux actions axées sur la santé et se prépare à en organiser une autre à la mi-novembre. Il faut pouvoir la suivre. Elle le reconnaît. «Je suis quelqu’une d’infatigable», dit-elle en riant.

Cette Quatrebornaise, qui a fréquenté les collèges Lorette de Vacoas et de Quatre-Bornes, est accro aux mathématiques. Autant certains se passionnent pour les mots-croisés, elle, c’est les chiffres. Il faut dire qu’elle a de qui tenir. Sa mère Jeannine, cadre de la Mauritius Commercial Bank (MCB) à la retraite, adore les chiffres et son père Jean-Paul, également cadre de la MBC à la retraite, ne jette pas sa part aux chiens en la matière.

Lorsqu’elle complète ses études secondaires, c’est à l’université de La Réunion qu’elle étudie pour obtenir un Diplôme d’études universitaires générales en mathématiques et en informatique. Si un souci de santé la met au tapis pendant un an – ce qui explique aussi son intérêt pour les questions de santé –, dès qu’elle est remise sur pied, elle embraye avec trois licences : une en mathématiques, l’autre en informatique et la dernière en sciences des technologies de l’information et de la communication. Ses cours démarrent à 7 heures du matin et se terminent vers 19 heures, qu’importe. Elle jongle allègrement avec ces matières et cela lui réussit.

Avant même d’avoir obtenu ses résultats de fin d’études, elle envoie ses demandes d’embauche avec son curriculum vitae à plusieurs sociétés mauriciennes et dès son retour au pays, elle est recrutée au sein d’une firme de création de sites web. Elle n’y reste qu’un mois avant d’être happée par une autre société de développement de logiciels et de création de sites web se spécialisant en produits pharmaceutiques. Là, elle y apprend énormément de choses, dont les bonnes pratiques et les méthodes de travail.

Cette jeune femme a de particulier le fait que dès qu’elle maîtrise un domaine, elle s’ennuie. Estimant que son emploi est devenu trop routinier au bout de quatre ans, elle démissionne pour intégrer une boîte de communication où, en sus de créer des sites web, elle fait de la mise en page de bulletins d’entreprises. Elle s’éclate dans son travail. Elle y serait sans doute restée si elle n’avait pas réalisé qu’elle n’avait pas de grandes perspectives de promotion. Elle a donc démissionné au bout de deux ans et a depuis trouvé son bonheur au sein d’une société d’e-commerce où elle gère des projets et créé des sites web.

C’est en 2014 que lui prend le désir d’aider les autres. Elle se renseigne sur les clubs service existants et est séduite par le Lions Club dont la devise est de servir avec amitié. Le club de Beau-Bassin–Rose-Hill étant sur le point d’être fondé, elle fait sa demande d’intégration et est admise en 2014, année où le club a obtenu sa charte. Ce club fêtera bientôt ses cinq ans et compte 20 membres oeuvrant pour la communauté.

Astrid Descelles a d’abord intégré la commission éducation où elle a œuvré avec l’équipe à l’occasion de différentes interventions destinées à aider les enfants scolarisés défavorisés. Elle s’est ensuite consacrée à la création du site web de son club et à la réalisation du bulletin interne appelé Cont’Act sous la Commission MarCom. Et en juillet dernier, on lui a demandé de prendre les rênes de la commission santé. «J’ai un peu hésité, je dois vous avouer, car j’avais le sentiment que ce n’était pas mon domaine. Mais Dieu merci, j’ai été entourée de quatre membres qui m’épaulent bien.»

Bien que les objectifs du Lions Club International en matière de santé aient trait à la vue, au diabète et aux cancers infantiles, la jeune femme réalise que les Mauriciens stressés n’ont pas toujours la possibilité d’évacuer leurs tracasseries et que le suicide est un problème à Maurice. Elle se renseigne auprès de Befrienders, association venant en aide aux personnes suicidaires et décide d’organiser une journée consacrée au bienêtre. Elle le fait le 29 septembre dernier dans la cour du collège Bon et Perpétuel Secours, avec le concours de Befrienders, d’Endless Blessings, qui propose des massages pour se vider la tête, et Art of Living.

Malgré une campagne d’information sur deux panneaux d’affichage géants et une bonne communication médiatique, cette journée n’attire qu’une petite foule. Astrid Descelles pense que le suicide est encore tabou à Maurice. «Les experts disent que dans 90 % des cas de suicide, ceux qui passent à l’acte donnent des signes avant-coureurs. Et bien souvent, l’entourage ne sait pas déceler ces signes. L’objectif de cette journée était justement de donner aux gens des pistes pour qu’ils sachent reconnaître ces signes avant-coureurs et cherchent l’aide appropriée.»

Cette action à peine terminée qu’Astrid Descelles organise une journée de dépistage oculaire pour les enfants démunis d’un quartier de Trèfles, identifiés au préalable par Caritas. Cette initiative a eu lieu le 13 octobre, dans le centre communautaire de la localité, avec le concours de Mathieu Opticien. Sur la cinquantaine d’enfants dépistés, trois avaient grandement besoin de lunettes correctrices qui ont été offertes par le parrain opticien. «Nous continuerons à suivre tous ces enfants.»

Sa prochaine action est prévue le 24 novembre à Bagatelle et aura plus d’ampleur. «Je veux installer une caravane de santé dans la cour de ce complexe commercial où les gens pourront faire vérifier leur vue, connaître leur glycémie (taux de sucre sanguin), se faire dépister pour prévenir le cancer du sein et faire un don de sang. Comme je veux toucher le plus de personnes possible, je solliciterai l’aide de la Blood Donors Association et Mathieu Opticien, qui sont toujours prêts à aider.»

Astrid Descelles et les membres du Lions Club de Beau-Bassin–Rose-Hill sont en négociation avec plusieurs organisations pour tenter d’élargir la palette de services qui seront gratuitement offerts ce jour-là. Elle a prévu d’autres actions avant qu’elle ne passe le flambeau à un autre Lions en juillet prochain. «Le 4 février qui est la Journée internationale du cancer, je compte bien faire une action par rapport au cancer infantile.»

Ses appréhensions du départ, dit-elle, étaient infondées. «Je ne regrette pas d’avoir pris la direction de la Commission santé. J’ai gagné en compétences de leadership, en gestion des personnes, en contacts, en suivi de projets et en travail d’équipe.»

Astrid Descelles est soucieuse de la façon de manger mauricienne. «Les Mauriciens mangent mal. Au réveil, il n’est pas possible d’avaler des gâteaux piments, des dholl puris, des pains frits. Les Mauriciens ont tendance à associer le diabète à une consommation excessive de sucre. Or, les féculents, le gras y contribuent aussi.»

De l’autre côté, dit-elle, elle reconnaît que les aliments plus sains comme les légumes issus de l’agriculture biologique sont nettement plus chers. «La bouteille d’eau coûte plus qu’un soda. Comment s’étonner donc que les gens consomment davantage de sodas que d’eau, avec les conséquences que l’on sait sur leur glycémie. Les statistiques du diabète à Maurice sont effarantes et ne reflètent pas la réalité dans la mesure où des tas de personnes sont en étape prédiabétique et ne le savent pas. Les Mauriciens doivent vraiment faire attention à leur alimentation.»

D’où son désir de les faire bouger avec les actions qu’elle organisera jusqu’à la fin de son mandat.

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