Pravind Jugnauth: le dénigreur dénigré

Avec le soutien de
À Grand-Bois, mercredi, le PM a lancé qu’il était contre le dénigrement de sa famille et lui.

À Grand-Bois, mercredi, le PM a lancé qu’il était contre le dénigrement de sa famille et lui.

Il accepte qu’on le critique mais pas qu’on le dénigre. Pourtant, le Premier ministre ne se gêne pas pour s’adonner à ce petit jeu à l’encontre de ses adversaires, principalement Navin Ramgoolam.

Le Premier ministre a réagi vigoureusement contre ce qu’il estime être le dénigrement de sa famille et de sa personne. À Grand-Bois, mercredi, Pravind Jugnauth dit accepter les critiques, mais pas ce genre d’attaque. Il a par la même occasion brandi un journal avec une caricature, jugeant qu’elle dénigre sa personne.

Quelques jours plus tôt, à Rivière-du-Rempart, il avait lancé un appel pour qu’on ne calomnie pas sa famille. Il avait, entre autres, déclaré «zot pé ékrir lartik lor mo fam.» Le même jour, il avait insinué que le Parti travailliste (PTr) serait derrière la profanation d’un lieu de culte à Triolet.

Certes, Pravind Jugnauth a raison de souligner qu’on peut ne pas être d’accord avec quelqu’un qui critique, mais qu’il ne faut pas aller jusqu’à le dénigrer. Cependant, en parcourant les derniers discours du Premier ministre, on constate qu’il ne rate jamais une occasion de médire de ses adversaires politiques, surtout Navin Ramgoolam.

Et face à de centaines de personnes âgées, le 11 octobre, au centre Swami Vivekanada, à Pailles, il avait proclamé «mo pa pass mo létan fer madam touss sali».Le 4 mai, lors de l’inauguration d’un nouveau marché à St-Pierre, il avait lancé, toujours à l’encontre de Navin Ramgoolam : «Mo pa gagn létan al bat enn djembé dan kanpman. Mo pa kon bat djembé mem mwa. Mo pa gagn létan touss sali. Mo pass mo létan travay.» Même si, parfois, il allie l’humour au dénigrement, comme lors de l’inauguration d’un bypass à St-Julien d’Hotman : «Mo pa kapav éna sa klas pou roul dan Rolls Royce.» Sans oublier ses déclarations sur Nandanee Soornack ou sur la longueur du cigare de Navin Ramgoolam.

Même dans un lieu aussi solennel que le Parlement, il contre-attaque en lançant «rékin moustas» ou «pli gran soutirer ladrog sé PTr-PMSD».

 Invité à commenter ces «dénigrements», Faizal Jeerooburkhan, de Think Mauritius, soutient «qu’un politicien ou toute autre personne ne doit pas faire la même bêtise que quelqu’un d’autre.» Un politicien est un serviteur du peuple. «Il doit inspirer les autres et être un rassembleur, un modèle pour la nation, afin de motiver des personnes autour de lui.»

 Il ajoute qu’un politicien, de surcroît un Premier ministre, ne doit pas perdre son temps ni son énergie à donner des coups au-dessous de la ceinture. «Il devrait être au-dessus de la mêlée et parler plutôt de sa vision politique.»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires