Lakwizinn est vraiment efficace

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Pourquoi Lakwizinn insiste-t-elle pour placer Ammanah Saya Ragavoodoo à l’Electoral Supervisory Commission (ESC) et l’Electoral Boundaries Commission (EBC) après la tentative avortée de parrainer Shamila Sona Ori, la cousine de Kobita Jugnauth, dans les mêmes institutions ? Pourquoi Anoop Nilamber, autre membre de Lakwizinn, s’est-il retrouvé à la tête de la Mauritius Duty Free Paradise (MDFP) après son échec à devenir le grand chef de la MauBank ?

Comprenez que Ragavoodoo qui conserve son nom de jeune fille et Nilamber sont des pions d’importance capitale dans la stratégie de Lakwizinn de vouloir tout contrôler dans le pays. L’époux de Ragavoodoo est Sanjaiye Rawoteea qui agirait comme le banquier personnel du Premier ministre Pravind Jugnauth. Nilamber doit sa bonne étoile à son mariage dans une famille très connue de Vacoas, celle de la ministre Leela Devi Dookun-Luchoomun.

Si Nilamber n’a pas été jugé fit and proper pour diriger une banque, comment l’a-t-on trouvé fit and proper pour gérer les affaires d’une entreprise qui brasse des milliards en devises étrangères ? Les naïfs crieront bien vite «voilà une nouvelle gaffe de la Cuisine et ce sera chèrement payé aux prochaines élections générales».

Que nenni, comme on le disait à l’époque médiévale. La nomination de Nilamber, par exemple, cadre effectivement dans une brillante stratégie de contrôle et d’exploitation des institutions publiques et des compagnies d’État. Cela dans le but de faire rentrer d’énormes dividendes tant politiques que financiers dans les coffres de guerre. L’opération d’acheter-vender lors d’une campagne électorale coûte de l’argent. Il est aussi question d’assurer des retraites dorées en cas de défaite.

Lakwizinn verra en une nomination de Ragavoodoo qui est l’avouée principale du Premier ministre une fighter aguerrie qui veillera que l’ESC et l’EBC ne soient pas hijacked par des éléments qui pourraient être tentés de prendre des initiatives hostiles aux intérêts politiques et électoraux de Lakwizinn.

Quant à Nilamber, on le croit doué de talents extraordinaires et fort appréciés dans l’art de gérer des finances. Il traîne comme boulet le fait qu’il ait émis un chèque sans provision en France, ce qui lui a valu le statut d’interdit bancaire dans ce pays. So what, dirait Lakwizinn ? N’arrive-t-il pas souvent que des personnalités de classe mondiale comme Winona Ryder fassent des erreurs techniques en oubliant de payer pour des vêtements et sous-vêtements dans des magasins ? Dans un pays civilisé, une telle queue-de-fer-blanc aurait conduit Nilamber à un statut de write-off. Mais nous vivons sous le régime de Lakwizinn et voilà que le petit interdit est parachuté au poste stratégique de chef à la MDFP qui a déjà comme président du comité de direction Rasheed Daureeawoo dont l’épouse est une vice-Première ministre et qui vient de représenter Maurice à Genève avec des conséquences que l’on sait. L’autre grosse boîte de Plaisance, Airports of Mauritius Ltd, est dirigée par Ken Arian, Senior Advisor du Premier ministre. Lakwizinn entend ainsi exercer un contrôle total, sans bavure, sur cette importante cash cow

Jamais dans l’histoire du pays a-t-on vu un tel accaparement par un clan familial de toutes les structures du pouvoir. Tout l’aéroport de Plaisance, Metro Express, Air Mauritius, Mauritius Telecom, Safe City, Côte-d’Or, Economic Development Board, STC, FSC, BOM, SBM, SICOM, MauBank, Landscope, toutes ces entités ne fonctionnent que comme des filiales de la fameuse Kwizinn. Les mignons et mignonnes de Lakwizinn sont effectivement assis sur des trésors de guerre valant plusieurs milliards de roupies. On ne peut que saluer l’efficacité dans le business d’extraction d’or de Lakwizinn alors que les adversaires sont aveuglés par des statistiques trompeuses et démobilisés par ce qui est perçu comme la faiblesse numérique électorale du MSM.

Rien n’échappe à Lakwizinn. Même pas la Commission de pourvoi en grâce qui décide du sort des prisonniers. Une activiste MSM du n° 8 fait partie depuis peu de la Commission de pourvoi en grâce. Il s’agit de Geeantee Toory qui habite à la Route royale, Montagne-Ory. Cette commission présidée par un ancien chef juge dispose du pouvoir de faire relâcher sur le champ tout prisonnier même celui condamné à la plus lourde peine, comme cela a été récemment le cas d’un homme remis assez vite en liberté après avoir été condamné à 18 ans de prison pour avoir violé une touriste française de 16 ans. Si on est dispensé du rituel de «ramasse savon» après viol sur mineure étrangère, qu’en sera-t-il demain si une toute petite erreur technique mène à une condamnation pour corruption ou conflit d’intérêts ?

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