Souveraineté: Agalega offerte à l’Inde ?

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Cela fait quelques jours depuis que cet article circule sur le web.

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Selon un sondage en ligne de l’express, 80 % de 1 600 votants souhaitent que la souveraineté des Chagos revienne à Maurice. Pendant que les débats vont bon train concernant cette affaire, les internautes ont levé un autre lièvre. Quid d’Agalega ?

Depuis quelques jours, un article du Times of India datant de 2012 et intitulé Mauritius offers India 2 islands in effort to preserve tax treaty circule sur le web. L’article explique que les négociations pour offrir deux îles, dont Agalega, à l’Inde, ont commencé en 2006. Le but était de préserver le traité de non double imposition avec la Grande péninsule. Arvin Boolell, alors ministre des Affaires étrangères, y est cité. «C’est à l’Inde d’utiliser ces îles à son avantage. Il y a un potentiel de développer l’économie bleue», publie le Times of India.

Mais il n’y a pas que cela qui devrait intéresser le gouvernement indien. L’article soutient que le ministre d’alors avait précisé que l’île peut être utilisée pour le tourisme ou pour des études maritimes. Si aucune mention de base militaire n’y est faite, il était cependant question d’une «présence stratégique» dans l’océan Indien.

Mais le principal concerné réfute cet article. Arvin Boolell affirme que ses propos ont été mal rapportés. Il avait même envoyé un courrier au journal, mais cela n’a jamais été publié. Que s’est-il réellement passé donc ? «Oui, il y a eu des négociations, mais il n’y a jamais eu de lien entre les discussions sur le traité de non double imposition et Agalega», affirme-t-il.

À l’époque, le ministre avait été délégué par le gouvernement pour présenter Maurice comme «clean low tax jurisdiction» car les deux pays y gagneraient s’ils révisaient ce traité. Oui, Agalega a été mentionné, mais c’était pour «une collaboration sur l’économie bleue», soutient le député rouge. Et d’insister qu’il n’y a jamais eu de discussion qui soit diplomatiquement incorrecte.

En 2015, le nouveau régime concrétise ce que le Times of India avait publié. Un accord est signé entre le Premier ministre d’alors et Narendra Modi. Le traité est gardé secret et ce, même si Mahen Jhugroo avait dit qu’il ferait le nécessaire pour le rendre public au Parlement. Pour rappel, le Hansard avait été modifié pour retirer cet engagement. Selon un expert militaire indien, Bharat Karnad, «un pays ne donne rien gratuitement». Il confirme aussi que l’accord permet l’installation d’une base militaire sur l’île alors que Pravind Jugnauth a, à plusieurs reprises, affirmé que ce ne sera pas le cas. N’empêche, des militaires indiens sont envoyés sur l’île pour les constructions. Le haut-commissaire indien à Maurice, Abhay Thakur, avait déclaré que l’île est retirée et de ce fait, il faut un savoir-faire particulier pour y développer des infrastructures.

Pour Arvin Boolell, l’accord entre Maurice et l’Inde doit être rendu public. C’est le seul moyen de savoir ce que la Grande péninsule a prévu de faire. Mais déjà, la grogne se fait entendre parmi la population. «Est-ce que dans 50 ans Maurice devra retourner devant la Cour internationale de justice pour essayer de récupérer Agalega ?» se demande un internaute. Un autre a écrit : «Pé rod Chagos pou donne li l’Inde.»

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