Sunil Gopaul : «Si le gouvernement est de 3e division, qu’attendre des Collectivités locales?»

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Sunil Gopaul, ancien lord-maire.

Sunil Gopaul, ancien lord-maire.  

Même s’il n’habite plus Port-Louis, Sunil Gopaul reste attaché à la capitale. Il s’inquiète de l’insécurité qui gagne des quartiers urbains et déplore les dysfonctionnements notés au sein de certaines institutions.

Bien qu’il ne se rende plus à l’Hôtel de ville, Sunil Gopaul, 58 ans, est tous les jours dans la capitale. L’ex-habitant de La Tour Koenig, qui n’a jamais séché ses cours, exerce le métier d’enseignant dans un collège portlouisien.

L’ancien élu local est resté à l’écoute des citadins. Il se sent interpellé par la mise sur pied d’une patrouille de volontaires pour assurer la sécurité dans le quartier chinois. «C’est inquiétant, on passe du Citizen Watch au Citizen Action», souligne l’ex-premier magistrat de la capitale.

Au dire de Sunil Gopaul, «cette initiative est symptomatique des dysfonctionnements dans la police. On peut comprendre que, devant l’insécurité grandissante dans certains quartiers, des citadins en arrivent là». D’ailleurs, il estime que «les agressions répétées dans la capitale et ailleurs portent atteinte à l’image du pays, qui pourtant a une vocation touristique».

Sunil Gopaul regrette que Port-Louis ait beaucoup souffert du boycott mené par l’administration centrale pendant la période où l’opposition était aux commandes. «On se montrait créatifs. Mais quand une collectivité locale est privée de moyens, il est difficile de mener des actions pour le bien-être des habitants.»

Aujourd’hui, ministres et maires sont du même parti. La situation connaît toutefois une détérioration. Ce qui fait que Sunil Gopaul s’interroge sur la compétence des élus. «Si le gouvernement est de troisième division, à quoi devrait-on s’attendre dans les collectivités locales ?» lance-t-il.

Cette volonté de servir la communauté, Sunil Gopaul la porte depuis sa jeunesse. Il est encore étudiant en sciences sociales à l’université de Maurice quand il adhère au Mouvement militant mauricien (MMM). Il rejoint le comité régional du n°15, La Caverne–Phœnix, car à l’époque il habite Vacoas. À cette même période, il s’engage à fond au sein de l’UPSEE, le syndicat des enseignants du secondaire.

Quand le militant vacoassien emménage à La Tour Koenig par la suite, il devient très vite le président de l’instance régionale du MMM dans la première circonscription. En 1996, Sunil Gopaul se fait élire au conseil municipal de Port-Louis et l’année suivante, il est choisi pour être l’adjoint du lord-maire Luc Marie. Réélu aux élections municipales de 2000, l’enseignant syndicaliste accède au fauteuil de lord-maire.

En 2005, Sunil Gopaul ne se présente pas. Il doit laisser la place à un candidat du Mouvement socialiste militant, alors en alliance avec le MMM. Il accepte la décision de la direction de son parti, ne proteste pas et reste dans le rang, même s’il prend du recul.

Aujourd’hui, l’ancien président du régional du n°1, Grande-Rivire-NordOuest–Port-Louis Ouest, se dit attristé par les expulsions et démissions au sein du MMM. Il ne comprend pas comment Steven Obeegadoo – qui, à ses yeux, incarne les valeurs militantes – puisse se retrouver hors du parti.

Toutefois, Sunil Gopaul maintient sa fidélité au MMM et espère que les dirigeants tirent des leçons des récents événements. Si le combat reprend du sens, l’ancien lord-maire répondra présent.

Son parcours

1980 : Études à l’université de Maurice ;
1981 : Actif au sein de l’UPSEE ;
1996 : Élu municipal à Port-Louis ;
1997 : Adjoint au lord-maire ;
2000 : Lord-maire ;
2001: Réélu conseiller municipal.

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