Herbicide «cancérogène»: un jardinier obtient des dommages de 290M de dollars

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Le glyphosate est plus connu sous son nom commercial Roundup.

Le glyphosate est plus connu sous son nom commercial Roundup.

Il n’est certes pas en vente libre. N’empêche, classé «potentiellement cancérogène» par l’Organisation mondiale de la santé, le glyphosate, plus connu sous son nom commercial Roundup, est disponible sur le marché à Maurice.

Et alors qu’à travers le monde, la controverse enfle sur sa dangerosité, un jardinier américain vient, lui, d’obtenir des dommages de 290 millions d’euros. Il a réussi à prouver que le cancer dont il souffre est dû à l’utilisation de ce produit. Une décision qualifiée d’«historique».

La décision a été rendue vendredi 10 août par un tribunal de San Francisco. Celui-ci a condamné le géant de l’agrochimie Monsantopour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup. C’est en 1974 que le glyphosate a été mis sur le marché et depuis les années 2000, il est commercialisé par une dizaine de sociétés.

Pour les jurés, l’herbicide Roundup ainsi que sa version professionnelle, RangerPro, auraient contribué à la maladie du jardinier, un dénommé Dewayne Johnson, 46 ans. Ce dernier, père de trois enfants, a été diagnostiqué d’un lymphome non hodgkinien, un cancer incurable du système lymphatique en 2014. Il ne lui reste que deux ans à vivre, selon les médecins.

Monsanto a déjà annoncé qu’il fera appel de ce jugement. Insistant que les quelque «800 études scientifiques et les conclusions de l’agence américaine de la protection de l'environnement, des instituts nationaux pour la santé et des autres autorités de régulation à travers le monde soutiennent que le glyphosate ne cause pas de cancer et n’a pas causé le cancer de Dewayne Johnson».

Le groupe pharmaceutique allemand Bayer, maison-mère de Monsanto, a abondé dans le même sens. Dans une déclaration à la presse, samedi 11 août, il a fait ressortir que le glyphosate est «sûr et non cancérogène».

Le glyphosate

Il s’agit d’un herbicide utilisé par les jardiniers et les agriculteurs pour lutter contre les mauvaises herbes de manière simple et économique. Reste que ce produit de synthèse, obtenu à partir de réactions chimiques, constitue une menace pour la biodiversité car il agit indistinctement sur les mauvaises herbes.

Le lundi 27 novembre 2017, l’Union européenne a autorisé, pour 5 ans, l’utilisation de ce produit, que l’OMS a classé «potentiellement cancérogène».

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