«Disparition»: mais où est donc passé Raj Dayal ?

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Au Parlement, le back-bencher Raj Dayal fait presque partie des meubles.

Au Parlement, le back-bencher Raj Dayal fait presque partie des meubles.

Il n’est plus le même. Il ne virevolte plus dans les airs à bord de son hélico. Il n’enfile plus ses bottes pour aller nettoyer quelque canal bouché. Depuis qu’il n’est plus ministre de l’Environnement, l’exubérant et volubile Raj Dayal – qui aime parler de lui à la troisième personne – se fait discret, mis à part quelques apparitions en cour. Sinon, comment le député occupe-t-il son temps ?

En fait, il assiste, dit-on, à quelques fonctions dans sa circonscription, à Flacq plus précisément, organisées par le conseil de district. Mais à part ça, il ne bouge pas trop le petit doigt, affirment ses mandants, exaspérés. Les langues se délient. «Nanyé li pa fer, ek li mem pa la pou ékout doléans.»

Quelques conseillers confient que depuis l’affaire «bal kouler» – qui lui a coûté son poste de ministre de l’Environnement – le jadis bouillonnant Raj Dayal s’est tout bonnement refroidi, volatilisé. «Népli trouv so bout lor térin ! Lot kou péna li rééli sa. Viré Mam.»

«Li vinn sof ban»

Au Parlement, le back-bencher Raj Dayal fait presque partie des meubles. De mémoire d’homme – ou de Google search – il n’a posé aucune question ayant retenu l’attention des médias. Même pas une frasque ou quelque mot déplacé, contrairement à certains de ses collègues. «Li vinn sof ban», ironisent certains élus. Une fonction pour laquelle le député du n°9 touche Rs 157 000 mensuellement. Décidément, on ne le reconnaît plus, lui qui nous avait habitués à tellement «mieux».

S’est-il mis à «réplant soufler», comme se plaît à répéter l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam ? Une allusion au passé de Raj Dayal, issu, rappelons-le, d’une famille de planteurs. Il se chuchote qu’il avait justement renfilé ses gants de planteur lorsqu’il avait «perdu» son poste de commissaire de police. Récemment, l’État a accepté de lui reverser Rs 15 millions en guise de compensation, justement dans le sillage de cette affaire. De quoi s’acheter tous les «soufler» qu’il veut.

Raj Dayal a toujours, en fait, été pro-MSM. C’est après s’être rapproché des Jugnauth qu’il a commencé à gravir les échelons, affirment ceux qui le connaissent. «Dès qu’il avait terminé son HSC, il avait été promu comme Cadet Inspector. Il a obtenu une bourse, est parti étudier à l’étranger et a intégré la Special Mobile Force.» Coup de pouce ou pas, faisons ressortir que Raj Dayal est tout de même le premier pilote d’hélicoptère de la police que Maurice ait connu.

Avant son «crash» dans l’affaire bal kouler, Raj Dayal a tout de même pas mal fait parler de lui. L’ex-commissaire de police a ainsi plusieurs fois alimenté les gros titres de la presse. Entre autres

«Incidents» : accident d’hélicoptère, inauguration de «son» temple par SAJ, l’épisode des soldats bâtisseurs, l’arrestation de deux journalistes du magazine Le Magen en 1994. Sans oublier sa révocation, le 23 novembre 1997, dans le sillage du rapport Sik Yuen, qui l’épingle pour «misbehaviour».

Avec un tel «palmarès», comment expliquer cette discrétion et cette disparition des écrans radars ?

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