Commission drogue: quand le PM prend à contre-pied Paul Lam Shang Leen…

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Paul Lam Shang Leen a été «personnellement» désigné par Pravind Jugnauth pour mener l’enquête sur l’affaire des 16 kilos d’héroïne qui ont «disparu».

«Mo dir félisitasion l’ADSU. Mo koné ki travay pé fer. Éna ofisié ki onet. Mo dir DCP Bhojoo ki mo éna konfians an li ek lézot. Zot pé riské zot lavi.» Ces propos sont ceux du Premier ministre (PM). Lors de son discours, à l’occasion de l’inauguration d’un espace bien-être, samedi 4 août, à Phoenix, Pravind Jugnauth a pris Paul Lam Shang Leen à contre-pied. Depuis, personne ne sait trop sur quel pied danser…

En fait, c’est la première fois que Pravind Jugnauth réagit depuis que l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) se retrouve sous le feu roulant des critiques, dans le sillage du rapport de la commission drogue, rendu public il y a une semaine. Le PM fait ainsi un pied de nez à l’ancien juge Paul Lam Shang Leen et à son équipe qui, eux, recommandent le démantèlement de cette unité.

Du coup, cette déclaration du Premier ministre a créé une onde de choc dans les milieux concernés. «C’est un véritable découragement», laisse-t-on échapper. Surtout que jusqu’ici, le chef du gouvernement semblait soutenir inconditionnellement le travail abattu par la commission Lam Shang Leen, dans le combat contre la drogue, et dont il ne cesse de vanter les mérites.

D’autant plus que c’est le même Paul Lam Shang Leen qui a été «personnellement» désigné par Pravind Jugnauth pour mener l’enquête sur l’affaire des 16 kilos d’héroïne qui ont «disparu», après que 135 kilos de cette drogue ont été saisis au port, en mars 2017. Une nouvelle marque de confiance à l’ex-juge, qui, cependant, en a pris un sale coup, hier.

Par ailleurs, nous avons tenté, en vain, d’avoir une réaction du Deputy Commissioner of Police (DCP) Choolun Bhojoo. Rappelons que ce dernier est, avec au moins trois autres DCP, dans la course ouverte pour succéder à Mario Nobin à la tête de la police.

Me Hervé Duval: «L’heure n’est PAS à la polémique au Bar Council»

La commission Lam Shang Leen a critiqué le Bar Council dont vous êtes le président...

Je respecte le travail abattu par la commission d’enquête sur la drogue, et salue le courage et la détermination que cela a requis. Au niveau du Bar Council, il y a un processus de consultation qui a déjà commencé et le Council se réunira le 16 août pour passer en revue les points de vue exprimés par ses membres et faire connaître, par la suite, sa position sur les diverses recommandations.

Quant aux critiques adressées au Bar Council, l’heure n’est pas à la polémique mais à l’action. On aimerait éviter les faux procès et les amalgames faciles.

Que va faire le Bar Council ?

Le Bar Council est le conseil directeur de la Mauritius Bar Association («MBA») ; il s’agit avant tout de sauvegarder l’intérêt de la profession et de ses membres. Il est entendu que le Bar Council se doit de sévir contre ceux qui ne respectent pas les lois et le code d’éthique. Les pouvoirs disciplinaires du Bar Council sont aussi définis par la loi. Nous pouvons tous convenir que la loi de 1957, qui régit le MBA, a perdu de son efficacité, mais l’objet auquel elle est dédiée est toujours d’actualité. La situation exige que le Bar Council fasse tout ce qu’il peut dans les limites de la législation actuelle. Je pense qu’il sera plus utile et productif pour le Bar Council de se concentrer sur la réalisation de son projet, après avoir convaincu les membres de l’Association et toutes les parties prenantes de sa pertinence, que de polémiquer sur les responsabilités des uns et des autres sous la législation actuelle.

Allez-vous revoir vos priorités dans le sillage du rapport Lam Shang Leen ?

Il est évident que la commission ne savait pas, au moment de finaliser son rapport, quelles sont les priorités de ce Council élu en début d’année. J’ai, au nom du Bar Council, formulé un souhait pour le 50e anniversaire de notre Indépendance : «Puisse la légendaire débrouillardise mauricienne évoluer vers une culture d’excellence et que l’indépendance d’esprit, devienne une exigence au quotidien ; et pas seulement pour les autres…»

Pendant les six premiers mois de son mandat, le Bar Council s’est appliqué à définir un projet, qui ne se limitera pas à réclamer des changements dans notre loi. Ce projet sera présenté, bientôt, aux membres de notre Association.

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