Notre farce policière

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Apparemment Mario Nobin et Shiva Coothen préparent les 251 ans de la police. Qui seront célébrés en août prochain. Avec faste, alors que les postes de police tombent en décrépitude. Si l’an dernier, malgré les folles dépenses, les 250 ans étaient une date à commémorer, cette fois-ci, on comprend mal ce besoin de ressortir les fanfares et les discours auto-élogieux sur le chemin parcouru depuis la colonisation française. D’autant qu’il y a déjà eu le 12 mars et un paquet d’autres occasions pour exposer les pompes impeccablement cirées et les uniformes d’apparat.

Avant de s’attarder sur la course pour remplacer Nobin et sur ce qu’est devenue la police sous le présent CP, revenons sur les plus de Rs 4 millions (Rs 4 179 807,50 pour être précis) dépensées l’an dernier pour des activités telles que les Walk for Honour and Pride around the island, Security Week at Line Barracks, Ceremonial Parade et le Theatre Show. De grostesques gaspillages de notre argent, avec une liste de fournisseurs (de services et de ravitaillement) assez douteuse. Au moins, auparavant, avec les «flics en délire» de feu Christian Théodorine, on pouvait se permettre de rire. De bon coeur. Aujourd’hui, des policiers font de fausses alertes à la bombe et libèrent des prisonniers. Mais il y a bien plus grave. La police est plus que jamais infiltrée par des mafias qui corrompent pratiquement tout sur leur passage. Et à ceux qui font de la résistance, on sort l’artillerie lourde. La commission Lam Shang Leen, elle-même choquée par le traitement d’un de leurs témoins, aux mains de l’ADSU, en a pris bonne note.

On nous dit que Nobin s’en va bientôt (après le festival des 251 ans), mais qu’il entend jouir jusqu’au bout de ses avantages et des voyages. Ce que l’on retient de lui, hormis ses letchis, c’est qu’il est demeuré sourd aux critiques relatives à sa gestion des dossiers et de ses troupes, à sa propre signature sur la demande pour le renouvellement rapide du passeport du trafiquant Mike Brasse, aux gaffes policières autour des affaires Kistnah et Lutchigadoo, aux pressions intempestives exercées sur les adversaires politiques et les journalistes indépendants.

***

Ils sont au moins quatre à se positionner pour remplacer Nobin : le DCP Krishna Jhugroo, qui, malgré son bon patronyme (du moins sous le régime des Jugnauth), traînerait un handicap… ethnique. Lockdev Hoolash, l’homme de confiance de SAJ, qui avait pourtant été viré du NSS. Et l’actuel directeur de renseignements, Mohunlall Madhow, qui serait un peu trop travailliste. À un moment, le nom de Choolun Bhojoo de l’ADSU avait aussi été mentionné - mais les frasques de la brigade antidrogue (disparition de 16 kilos d’héroïne après un rapport du FSL qu’on met sur le compte de l’emballage en plastique, les complicités notées avec des trafiquants notoires, la mauvaise gestion des primes pour informateurs et les critiques émises par Paul Lam Shang Leen) ont attenué ses chances.

Confidentiel : il y a quelques mois de cela, une équipe de l’ADSU avait procédé à la fouille d’un journaliste en public, devant de nombreux collègues de ce dernier, sans initialement révéler leur identité et en bafouant toutes les règles élémentaires pour effectuer un body search. Quand ils ont appris l’identité du journaliste, ils sont vite allés aux Casernes pour informer leur hiérarchie de leur gaffe. Pour se protéger (car ils pensaient que le journaliste allait les dénoncer), ils ont traficoté le rapport, vite relayé par le Police Press Office pour soi-disant piéger le journaliste, en inventant une petite contravention pour couvrir leur gros excès. Les policiers de Nobin ne réalisent pas qu’aujourd’hui avec un smartphone, on peut désormais exposer leurs combines. Tant pis pour eux. Tant mieux pour nous citoyens !

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