Rs 48 millions au fils de Soodhun: l’heure des comptes

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Showkutally Soodhun a affirmé que les bungalows que son fils et lui ont construits à Grand-Baie depuis 2006 ont été loués à des touristes.

  Showkutally Soodhun a affirmé que les bungalows que son fils et lui ont construits à Grand-Baie depuis 2006 ont été loués à des touristes.  

«J’y ai investi, j’y ai construit, ce n’est pas comme si nous avions sorti Rs 48 millions d’un chapeau», affirmait Showkutally Soodhun, juste après les révélations de l’express sur un terrain que son fils aurait obtenu à bail avant d’en revendre les droits ainsi que les infrastructures construites dessus pour Rs 48 millions. Et cela, alors que le député du MSM était ministre du Logement et des terres, en août 2015.

Nous avons vérifié. Avant août 2015, le bail appartenait à la compagnie Culture de tabac, dans laquelle la société Mohamad Umeeir Ibne Showkut ne détenait que 40 % des actions. Prêtez une attention particulière à la ligne «non-current assets» du Financial Statement. Elle passe de Rs 2,2 millions à Rs 1,6 million de 2014 à 2015, puis bondit à Rs 48 millions en 2016, après l’octroi du bail.

Showkutally Soodhun a aussi affirmé que les bungalows que son fils et lui ont construits sur ces terres depuis 2006 ont été loués à des touristes. Or, le Profit & Loss Account démontre que la société ne générait pas une seule roupie. La ligne «Revenue» est complètement vide, pour 2014, 2015, et 2016.

Autre bizarrerie, les déficits des années 2014, 2015 et 2016, soit Rs 950 105, Rs 965 346, et Rs 934 548, ne s’accumulent pas au bilan. Cela suggère que la ligne des «Accumulated Reserves» est un «balancing figure» qui est inexact. De toute manière, le comptable qui signe ces comptes précise bien qu’ils ne sont pas audités.

Voici le troisième volet de notre enquête consacrée au deal qui a permis au fils de Showkutally Soodhun d’empocher Rs 48 millions grâce à la vente de ses droits au bail d’un terrain de l’État, pieds dans l’eau.

Et maintenant ?

Après la parution du 1er volet de notre enquête, Showkutally Soodhun avait trouvé des plateformes pour s’exprimer et défier l’express d’aller porter plainte au Central Criminal Investigation Department, sinon c’est lui qui le ferait. Il avait demandé à l’express de prouver qu’il est intervenu en faveur de son fils.

Ce que nous avons fait mercredi dernier, en publiant deux documents où l’ex-Senior Chief Executive affirme par deux occasions que Showkutally Soodhun, ministre à l’époque, a donné son feu vert dans cette affaire. La première fois, c’était pour permettre l’excision des 1 931 m2 (portion qui allait par la suite revenir à la société du fils de Soodhun), et ensuite en avalisant les conditions du bail.

Depuis, Showkutally Soodhun s’est tu. Ses menaces aussi.

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