Le «mari» de toutes les «missions»

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Connu pour son débordement d’énergie, son attitude avec moi pena katakata et évidemment sa détermination à oeuvrer pour le bien-être de la population mauricienne, sir Anerood Jugnauth entreprend actuellement le «mari» de toutes les missions à mettre sur le compte du gouvernement Lepep. En effet, sir Anerood est parti tirer des leçons sur pas moins de sept différents dossiers dont la sécurité publique, la gestion de la circulation automobile, le cybercrime et la drogue.

Concernant le dramatique problème de trafic routier et le nombre record d’accidents mortels sur nos routes, des officiels singapouriens – si sir Anerood n’a pas rencontré le Premier ministre ou le président du pays – ont dû lui expliquer que pour acheter une voiture à Singapour, il faut tout d’abord participer à des enchères pour avoir le droit de faire une acquisition et que les amendes et autres sanctions sont tellement lourdes que seuls les fous et les inconscients osent défier les lois. Ainsi, une Lamborghini Murcielago SV valant Rs 40 millions et une Nissan GT-R de Rs 15 millions ont été saisies l’année dernière car leurs conducteurs avaient participé à un rallye illégal. Ces voitures sont mises aux enchères après le délit. Pour d’autres fautes graves, des véhicules sont saisis en attendant que les tribunaux ne rendent un verdict, dans certains cas, deux ans après. Quelque 800 véhicules de tous genres et même des bicyclettes sont actuellement mis hors service dans des fourrières de la police singapourienne.

Sir Anerood qui a été de toujours un fervent admirateur du modèle singapourien reviendra au pays avec des idées innovantes pour réduire le nombre d’accidents mortels chez nous. Singapour dont la population est de 4,38 fois plus nombreuse que celle de Maurice a connu 122 cas de décès sur les routes en 2017. Si on appliquait la culture de conduite mauricienne à Singapour tout en faisant la corrélation avec sa population, ce pays aurait connu au moins 687 morts dans des accidents de la route l’année dernière.

On ne peut qu’admirer l’initiative de sir Anerood d’aller s’inspirer de l’expérience singapourienne. Il met ainsi à nu toutes les compétences réunies par le ministère des Infrastructures publiques, la Traffic Branch de la police, la NTA et la Traffic Management and Road Safety Unit qui sont restées impuissantes face au véritable carnage qui se déroule sur nos routes. Sir Anerood passe aussi un jugement très sévère envers l’expert venu de l’île de La Réunion, un la monnaie-zete (comme on le dirait en créole) qui coûte énormément aux contribuables mauriciens.

Quant aux autres sujets d’intérêt pour sir Anerood à Singapour, il prendra note sans doute du fait que les trafiquants de drogue sont condamnés à mort dans ce pays et que le principal bourreau, Darshan Singh, qui a plusieurs pendaisons à son actif est devenu une vedette internationale. Ce qui intéresserait sir Anerood de plus près, c’est ce que Singapour réserve aux fabricants de drogue. Ils sont exécutés. Or le phénomène de drogue synthétique à Maurice nous a fait découvrir une nouvelle race d’entrepreneurs. Il s’agit de fabricants de drogue synthétique qui sont plus dangereux que les traditionnels planteurs de gandia.

Dommage que la gestion de la plage et le traitement des oiseaux et des animaux n’aient pas figuré à l’agenda de sir Anerood. Une visite à l’île de Sentosa – nom dérivé du sanscrit Santosha qui veut dire contentement et satisfaction – aurait permis au ministre mentor d’admirer avec quel art les Singapouriens gèrent ces attractions sur la mer qui reçoivent pas moins de 20 millions de visiteurs. Comparez avec le chaos sur les plages mauriciennes qui se rétrécissent de plus en plus en raison du développement hôtelier.

À Jurong Bird Park et au zoo, sir Anerood aurait eu l’occasion de constater de visu comment les Singapouriens traitent avec une science couplée d’humanisme oiseaux et animaux et cela en saisissant le contraste rien qu’avec le jardin de Pamplemousses où par coïncidence, une tortue géante d’Aldabra, dont la durée de vie va généralement jusqu’à 150 ans, avec même un record de 226 ans, est morte à 100 ans. Ce qui doit au moins un peu gâcher un bilan.

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