Mubarak Sooltangos, ami de la présidente: «Elle ne peut pas partir dans le déshonneur»

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Mubarak Sooltangos, ami et conseiller de la présidente.

Mubarak Sooltangos, ami et conseiller de la présidente.

Il a l’oreille attentive de la présidente de la République. Mubarak Sooltangos la défend bec et ongles. L’ancien banquier et Chief Executive Officer de Happy World Foods, reconverti en consultant stratégie et marketing, est le premier dans l’entourage d’Ameenah Gurib-Fakim à se livrer.

Le Premier ministre a annoncé la démission prochaine de la présidente après les célébrations du 12 mars. Finalement, Ameenah Gurib-Fakim a jeté les armes ?

C’est vous qui m’apprenez la nouvelle. Il y a eu tellement d’intox et de faussetés ces derniers jours que ce genre de déclaration floue, qui ne mentionne pas de date, ne m’étonne pas. Ce qui permet au Premier ministre de venir dire : si elle ne démissionne pas, elle n’aura pas tenu parole. Je crois qu’elle ne doit pas démissionner comme une coupable. Elle doit braver le Parlement et le tribunal. À mon avis, aucun tribunal ne sanctionnera une présidente sur la violation présumée d’un code d’éthique non écrit.

A-t-elle des dossiers contre des membres du gouvernement ?

Je n’ai pas cette information. Il y a une présomption de culpabilité contre elle. En revanche, contre les politiciens, il y a beaucoup plus que la présomption de culpabilité. Tout le monde sait ce que font les politiciens. Je n’ai pas peur de dire cela. Et je vous dis qu’il y a un objectif politique de détruire Ameenah Gurib-Fakim.

Reconnaissez-vous qu’elle a fauté en acceptant une carte de crédit du Planet Earth Institute (PEI) ?

Non, elle n’a pas commis de faute. Le PEI n’est pas une rogue institution. Ni la Bill Gates Foundation. On lui a remis cette carte en tant que membre. Elle l’a utilisée car il y avait des problèmes techniques avec sa carte personnelle. Elle a demandé une autorisation pour utiliser la carte et elle a remboursé.

Mais n’empêche, en tant que présidente, elle ne peut pas accepter de rémunération...

Une carte de crédit n’est pas une rémunération. Il faut être crétin pour ne pas comprendre cela. Une carte de crédit comme son nom l’indique permet de retirer l’argent à crédit et de payer ensuite, c’est ce qu’elle a fait. Elle a remboursé l’argent. Donc, elle n’a pris aucune rémunération.

Cet argent était-il destiné à financer des bourses ou à acheter des bijoux ?

Où est-ce qu’on a vu ça ? Une bourse d’étudiant payée avec une carte de crédit ? C’est malhonnête et farfelu de dire une chose pareille.

Mais il lui est aussi reproché d’avoir ouvert les portes de Maurice à l’homme d’affaires controversé Álvaro Sobrinho…

Je ne connais pas ce Monsieur. Mettez-vous à sa place. On lui fait une offre de venir financer des étudiants. Elle a accepté de bonne foi et si Álvaro Sobrinho turns out to be a rogue, je dirai que sa bonne foi a été trompée.

Vous êtes conscient que vous êtes l’une des rares personnes à la soutenir ? Il y a unanimité dans la classe politique et l’opinion publique pour qu’Ameenah Gurib-Fakim parte.

Non, je crois au contraire qu’elle est soutenue par la majorité silencieuse. Même sur les réseaux sociaux, c’est du 50-50. Pour preuve, à la State House, mercredi, il y a eu des applaudissements après son discours. Il y a aussi la présence de pas moins de 12 ambassadeurs. Ameenah Gurib-Fakim est académicienne, une scientifique de renom qui brille au niveau international. Elle ne peut pas partir dans le déshonneur sans avoir l’occasion de s’expliquer. Ce serait catastrophique pour le pays.

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Un nouveau scandale défraie la chronique depuis le mercredi 28 février à Maurice. Cette fois-ci cela concerne ni plus ni moins la garante de notre Constitution, son excellence Ameenah Gurib-Fakim, présidente de la République. Elle a dépensé plusieurs centaines de milliers de roupies pour des achats personnels, entre autres, sur une carte de crédit Platinum offerte par la Planet Earth Institute, la fondation d’Álvaro Sobrinho, homme d’affaires angolais hautement controversé. Retrouvez tous les articles concernant cette affaire dans notre dossier spécial : Platinum Card. Une enquête exclusive de l’express.

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