Restez Madame, vous êtes un symbole

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Ameenah Gurib-Fakim au marché de Quatre-Bornes en mai 2015 peu après son accession au poste de Présidente de La République. Les raisons ont changé, mais elle demeure un symbole.

Ameenah Gurib-Fakim au marché de Quatre-Bornes en mai 2015 peu après son accession au poste de Présidente de La République. Les raisons ont changé, mais elle demeure un symbole.

La page Gurib-Fakim est quasi tournée. On a beau se désoler qu’elle soit toujours au Réduit, qu’elle jouisse toujours de son salaire payé de nos poches, qu’elle circule dans une grosse cylindrée avec garde du corps et police riders que nous, citoyens, finançons, pendant que nous nous tapons nos 90 minutes d’embouteillages quotidiens. 

On a beau s’inquiéter du fait que bien qu’elle démissionne, elle touchera ces mêmes avantages à vie. On a beau s’offusquer que c’est elle, celle qui a utilisé la carte de crédit du sulfureux Sobrinho pour des achats personnels mirobolants, qui incarnera les valeurs de la République lors des célébrations du jubilé d’or de notre Indépendance. C’est vrai, c’est désastreux. Mais quel symbolisme !

Grâce à l’opinion populaire, Ameenah Gurib-Fakim vit désormais dans la honte. Ce pur produit de la crème de notre élite académique, la personnalité la plus haut-perchée de notre Constitution, est aujourd’hui devenu, pour Rs 1 million, le symbole de la honte. Sur les réseaux sociaux, les memes, les blagues, les dérisions, les parodies à son encontre déferlent. Le citoyen a compris le jeu du name and shame. Tout l’or du monde, toutes les richesses accumulées… n’offrent aucun tampon contre le sentiment de honte que lui infligent l’humiliation et le lynchage publics. 

Un illustre fils du sol mauricien a chanté : «Zour pé kosté zom, kot tou séki tonn met lao pou tonbé anba, sa ki pli lao pou gagn pli dimal.» La présidente aujourd’hui symbolise les propos de notre regretté Kaya. Aussi longtemps qu’elle restera, elle incarnera un trophée. Le trophée d’un peuple qu’Ameenah Gurib-Fakim ne pourra plus jamais regarder en face ; le trophée d’un whistleblower qui a remis à l’express les preuves de ses abus, le trophée d’un journal face à des Rutnah et Collendavelloo qui, par automatisme, ont craché leur venin qu’ils ravalent aujourd’hui. 

Ravi Rutnah, justement, dans sa fougue anti-l’express, a rabroué un citoyen en direct «Al koz anba laboutik, mo pa koz anba laboutik mwa.» Le point ici, c’est de lui répondre : «Vo mié koz anba laboutik avek 1 konsians kler ki divan vitrinn enn bizoutri de luxe avek kart krédi Sobrinho dan lamé.» 

Si elle veut rester, qu’elle reste. Mais aussi longtemps qu’Ameenah restera, elle sera ridiculisée, moquée, harcelée par un peuple qui a déjà fait d’elle son symbole de la honte. Elle est notre fresque murale géante qui nous rappellera que, pour quelques bijoux, la fête la plus importante que notre pays n’ait jamais fêtée, a été célébrée dans la honte. 

La présence d’Ameenah au Réduit est aussi un tableau vivant de la sagesse du peuple. Ce dernier n’est pas dupe. Il voit tout, il sait tout. Il est Dieu. Il sait qu’Ameenah Gurib-Fakim et la carte Platinum ne sont qu’un minuscule symptôme d’une vaste gangrène. Il connaît l’existence des Ameenah embusqué(e)s dans diverses sphères de l’État. Le jour de leur honte viendra. «Saki pli lao pou gagn pli dimal.» 
 

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Un nouveau scandale défraie la chronique depuis le mercredi 28 février à Maurice. Cette fois-ci cela concerne ni plus ni moins la garante de notre Constitution, son excellence Ameenah Gurib-Fakim, présidente de la République. Elle a dépensé plusieurs centaines de milliers de roupies pour des achats personnels, entre autres, sur une carte de crédit Platinum offerte par la Planet Earth Institute, la fondation d’Álvaro Sobrinho, homme d’affaires angolais hautement controversé. Retrouvez tous les articles concernant cette affaire dans notre dossier spécial : Platinum Card. Une enquête exclusive de l’express.

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