Boxe thaïe: les autorités assènent un uppercut à la championne mondiale Ranini Cundasawmy

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À 33 ans, Ranini Cundasawmy est la championne du monde en titre de boxe thaïe.

À 33 ans, Ranini Cundasawmy est la championne du monde en titre de boxe thaïe.

Elle, c’est la championne du monde en titre de boxe thaïe, ou muay thaï… Son nom : Ranini Cundasawmy, 33 ans. L’année dernière, la Mauricienne a porté haut les couleurs de notre île, à Bangkok, en montant sur la plus haute marche du podium.

Oui, mais voilà. Elle n’est pas éligible à une subvention du gouvernement. Cette année encore, le combat de l’athlète pour trouver de l’argent se poursuit… «Je n’ai pas droit au scheme mis en place par le ministère pour les athlètes de haut niveau», balance la championne du monde, avec une pointe de dépit dans sa voix.

À 33 ans, Ranini Cundasawmy est la championne du monde
en titre de boxe thaïe.

Ranini Cundasawmy explique que pour bénéficier desdites subventions, elle doit faire partie d’une fédération, elle-même affiliée à un organisme international reconnu. Or, la boxeuse appartient à une «simple» association. Un litige administratif qui la disqualifie aux yeux du ministère, championne du monde ou pas...

«Il y a plusieurs autres sportifs qui sont dans la même situation que moi», ajoute la jeune femme avec tristesse. Récemment, ce groupe de sportifs a eu une rencontre avec les officiers du ministère des Sports lors de laquelle ils ont proposé qu’un amendement soit apporté à la loi pour que les athlètes de haut niveau puissent bénéficier de facilités, même si ce n’est pas en termes d’argent. «Nou finn démann zot si kapav gagn bann fasilité pou koté médikal omwin. Zonn dir pa pou kapav fer nanyé», déplore Ranini.

À 33 ans, Ranini Cundasawmy est la championne du monde
en titre de boxe thaïe.

Cette loi, ainsi que l’attitude du ministère, dit-elle, décourage les sportifs mauriciens qui ont du potentiel. À un moment, las de se battre contre un système, ils se tournent vers autre chose et c’est le pays qui en souffre. Pour elle, tout ceci est illogique.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la boxeuse doit faire face à ce problème. L’année dernière, la situation était la même. Ranini précise qu’elle est partie en Thaïlande en cassant sa précieuse tirelire. «Ce sont des économies de deux ans que j’avais utilisées. Là, ce sera un peu plus difficile, mais j’irai coûte que coûte», lâche-t-elle avec détermination.

N’empêche que la déception a eu le même effet qu’un uppercut. Elle croyait vraiment que le fait d’être détentrice du titre de championne du monde, d’avoir fait la fierté du pays, l’aiderait à contourner les lourdeurs administratives. Il n’en est rien. La jeune fille se heurte toujours au problème d’affiliation. Qu’importe, Ranini n’est pas de ceux qui baissent les bras. Le poing levé, la détermination au cœur, elle compte sur sa rage de vaincre pour la conduire une fois de plus en Thaïlande, en mars, pour les championnats du monde 2018.

«J’utiliserai le reste de mes économies et j’espère que d’ici là, je trouverai un sponsor qui croit en moi…»

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