Ravaler son vomi

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Dans le monde médical, il est fortement conseillé de ne pas avaler son vomi. Dans le microcosme politique local, on fait l’inverse. Et on s’attend à ce que le public ne soit pas révulsé avec les rabibochages pouvoiristes.

Les accouplements de nos leaders politiques s’opèrent selon un même mode opératoire, devenu un protocole bien établi : cela commence par des critiques de moins en moins acerbes envers l’adversaire, puis par des propos anesthésiants selon lesquels il faut penser au pays et ne pas tout voir en noir, des propos savamment distillés. S’ensuivent des crises internes étouffées ou renvoyées, des congés mis sur le compte de proches malades, des procès (auparavant médiatisés) qu’on retire dans l’ombre, à l’abri des regards. Sur scène, les leaders jouent leur partition, comme des acteurs bien rodés, et même leurs proches collaborateurs ne voient pas comment le script est altéré, alors que dans les coulisses, des marchandages et transferts tous azimuts se produisent…

Presque un an après le passage de témoin entre les Jugnauth, à deux ans des prochaines législatives, nous entrons dans cette phase de décomposition-recomposition du paysage politique. Les intermédiaires sont déjà à pied d’oeuvre. Ils multiplient les initiatives de rapprochement, mais le grand public risque de ne pas s’en rendre compte, à moins de scrupuleusement noter les humeurs contagieuses des uns et les silences inhabituels des autres.

On aura tout entendu sur la victoire d’Arvin Boolell. De Navin Ramgoolam à Étienne Sinatambou (fidèle aboyeur des Jugnauth, après avoir été celui de Ramgoolam), en passant par Paul Bérenger et Xavier Duval. Chacun y est allé de son couplet en tentant de retourner les chiffres en sa faveur. À entendre les élucubrations de l’un ou l’autre leader politique, on réalise que seule leur survie leur importe. Le ridicule ne les tue pas, ces MacGyver locaux, qui, avec une allumette, vous charpentent un catamaran, sur lequel l’électorat crédule est embarqué pour encore une autre législature, annoncée comme l’ultime alliance avant les réformes sérieuses.

Aujourd’hui, dans leur course pour arriver en premier dans les bras des Jugnauth, le PMSD et le MMM pensent pouvoir atteindre notre journal, en critiquant l’angle de chaque article politique qui ne soit pas à leur gloire. Le contre-pouvoir que nous sommes – et entendons demeurer – est devenu, malgré nous, l’adversaire politique de certains propriétaires de parti, qui nous perçoivent alors comme une menace.

En braquant les projecteurs sur leurs manigances, on éclaire leurs jeux malsains et antidémocratiques. Et on déconstruit leur show médiatique, en démontrant souvent que ces leaders politiques continuent, sans vergogne, à se soucier de leurs intérêts personnels et se fichent des dysfonctionnements sociétaux : amélioration des services publics et des infrastructures de base, réformes constitutionnelles et législatives, efficience et compétitivité de nos industries à augmenter…

Quant à nous, depuis plus de 50 ans que nous existons, nous maintenons : nous n’avons pas d’ennemis politiques personnels, mais des adversaires sur le plan des idées et des principes quelle que soit la couleur de leur drapeau. Nos adversaires sont, entre autres, ceux qui pratiquent le communalisme qui empêche l’éclosion du mauricianisme, et la démagogie qui entrave la liberté et le progrès social.

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